UDPS – FCC, le point de non-retour

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Le mariage UDPS – FCC ne fait l’ombre d’aucun doute. Allié de l’Unc dans la coalition CACH, l’Udps fait aujourd’hui partie de la majorité parlementaire où le FCC trône en maître, fort de ses 335 députés nationaux. En décidant de marcher avec le FCC durant les cinq prochaines années, l’Udps a lié son sort à celui  du FCC à telle enseigne qu’à ce jour, les deux alliés ont atteint le point de non-retour.

Le Potentiel

C’est avec Joseph Kabila, à travers le FCC, que le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo devra gérer son mandat dont le terme intervient en 2023. L’Udps devra s’accommoder de son partenaire, le FCC, même si celui-ci se montre encombrant et gourmand. Raison pour laquelle d’aucuns craignent que le parti de Félix Tshisekedi ne soit avalée par la fougue du FCC.

Dans ce deal que nul ne pouvait imaginer il y a quelques mois, l’Udps est sur le point de non-retour. Tout comme le FCC. Les deux sont condamnés à travailler ensemble, malgré les frustrations et autres frictions qui pourraient à tout moment fragiliser cette coalition. « On ne peut tomber dans l’eau et se relever les habits secs », dit une sagesse africaine. À côté de  l’Unc de Vital Kamerhe, l’Udps fait partie, au même titre que le FCC, de la nouvelle majorité parlementaire à l’Assemblée nationale. Mais, avec ses 335 députés, contre une cinquantaine qui se reconnaît dans la coalition CACH, le FCC ne pense pas se faire damer le pion par le parti du président de la République, Félix Tshisekedi.

Sur les antennes de RFI, Aubin Minaku, l’un des cadres du FCC, a tenu à lever l’équivoque. Selon lui, dans la majorité parlementaire, c’est le FCC qui devrait dicter sa loi. Dans ces conditions, le FCC exclut déjà l’hypothèse de voir le Premier ministre  venir  d’un autre regroupement que le sien. « Le Premier ministre est issu de la majorité parlementaire. Et nous savons tous que cette majorité parlementaire est composée du FCC et de CACH. Le Premier ministre viendra du FCC. Le FCC, c’est près de 335 députés et CACH c’est un peu plus de 50 députés. Ce n’est même pas un débat, sauf dans la presse », tranche Minaku.

Dans le FCC, Aubin Minaku est une voix qui compte. C’est dire que ses déclarations traduisent exactement ce qui se dit dans le regroupement politique de Joseph Kabila. Que reste-t-il alors du CACH ? Devra-t-il se contenter de menu fretin ? Difficile à prédire.

Jusqu’au bout

Néanmoins, on sait que l’Udps, avec son allié du CACH, l’UNC, a décidé de convoler en justes noces avec le FCC. Dans ce mariage que d’autres ont qualifié de « contre nature », l’Udps a fait un choix qu’elle devra assumer jusqu’au bout. Autrement dit, c’est non seulement son avenir qui est en jeu mais c’est aussi sa crédibilité en tant que fer de lance de l’opposition, avant d’accéder à la magistrature au terme de la présidentielle du 30 décembre 2018, qui se trouve sur la balance.

En tout cas, le moins que l’on puisse dire est que dans ce deal, que l’Udps devrait s’entourer de certaines garanties. Mais, en face d’elle, il y a le FCC et toute sa nébuleuse de regroupements politiques. Le FCC ne se laissera pas faire. Il ne va pas non plus accepter de se faire entrainer par l’Udps ou encore le CACH. Sur RFI, Aubin Minaku, l’un des cerveaux du FCC, a tenu à le préciser pour que nul n’en ignore.

La configuration du bureau de l’Assemblée nationale où le FCC s’est adjugé cinq postes sur les six réservés à la majorité parlementaire, ne laissant qu’un seul  – soit le 1ervice-président – en est une belle illustration. Dans l’alliance FCC – CACH, le FCC ne se voile pas la face. À chaque occasion, il ne manquera pas de rappeler à l’Udps que c’est bel et bien lui qui est le grand gagnant des législatives nationales du 30 décembre 2018.

À ce titre, le FCC se considère comme jouissant du droit de préséance dans le partage des responsabilités. Sans doute, en sera-t-il de même de la composition du prochain gouvernement. Sur ce point précis, le FCC a d’ores et déjà annoncé les couleurs. Aubin Minaku estime que le sujet ne devait même pas faire l’objet d’un débat. C’est tout dire.

Qu’est-ce qui sera donc réservé à l’Udps ? À première vue, dans l’entendement du FCC, le parti de Félix Tshisekedi devrait jouer le rôle  de l’accompagnateur de la nouvelle majorité parlementaire. Pour le FCC, l’Udps, membre du CACH, n’a pas le poids nécessaire pour imposer ses choix. À l’instar de ce qui a été fait au bureau définitif de l’Assemblée nationale, l’Udps devra se contenter dans l’avenir de ce qui lui sera réservé par son allié. Quoi que dérisoire, elle devra s’en contenter. Elle devra faire profil bas durant les cinq prochaines années. C’est le prix à payer pour avoir opéré un choix politique, à savoir faire route ensemble avec le FCC.

En politique, dit-on, il n’y a pas de cadeau. L’Udps devra se remémorer cette maxime consacrée par tous les théoriciens des sciences politiques. Aura-t-elle alors le moyen, bien plus encore, le courage de renier le pacte qu’elle a signé avec le FCC ? Seul l’avenir le dira. 

Le jeu d’équilibriste

À tout prendre, l’Udps se trouve sur un point de non-retour. Si bien toute reconsidération du deal qu’elle a conclu avec le FCC paraît presqu’invraisemblable. Désormais, son sort est intimement lié au FCC. C’est une proie facile que le regroupement politique de Joseph Kabila pourrait broyer à tout moment. Il faut craindre un tel scénario. Mais, rien n’est cependant exclu.

La stabilité de la coalition FCC – CACH dépendra donc de la posture que prendra une partie sur une autre. Dans le FCC, le PPRD a de l’ascendant sur tous les regroupements membres. De même, au sein du CACH, c’est l’Udps qui passe pour la locomotive. C’est dire que la coalition FCC – CACH dépendra de l’attitude qu’adoptera le PPRD ou l’Udps. Si l’un cherche à neutraliser l’autre – comme c’est le cas avec le PPRD qui tient à tout régenter au sein du FCC en dictant les règles du jeu – on ne tardera pas à constater les premiers signes de friction. À ce jour, ils sont certes minimes, mais ils sont visibles dans les rangs du FCC où l’AFDC-A de Modeste Bahati revendique sa part au regard de son poids politique. 

À l’Udps, les sénatoriales du 15 mars 2019, suivies des élections des gouverneurs du 10 avril ont laissé des traces qui ne vont pas être effacées de sitôt. Pour l’instant, l’Udps supporte l’humiliation, condamnée à rester collée au FCC. Jusques à quand gardera cette attitude ? C’est la grande inconnue de cette mandature.

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