Se dédouaner

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La justice vient de faire son travail. Toutes les charges judiciaires retenues contre le leader de « Ensemble pour le changement », Moïse Katumbi, sont tombées. La justice congolaise a prouvé à la face du monde qu’elle a été inféodée et instrumentalisée par le régime Kabila.

Condamné injustement à trois ans de prison ferme, Moïse Katumbi a été intentionnellement empêché de matérialiser ses ambitions politiques. Sa candidature à la présidence de la République aux élections du 28 décembre n’a même pas été réceptionnée par la Commission électorale nationale indépendante (CENI). La haute cour vient de corriger la grosse bêtise commise par le tribunal de paix de Lubumbashi sous pression. Il n’y a plus débat. Le pouvoir judiciaire congolais était inféodé par Kabila.

Faudrait-il qu’Alexis Thambwe Mwamba, ancien ministre de la Justice, passe dans les médias pour présenter ses excuses au peuple congolais ? C’est la question que l’opinion congolaise tout entière se pose actuellement.

Il faut tout simplement se dédouaner. Chercher à se racheter auprès du  nouveau régime qui prône l’État de droit. Le jugement prononcé sous pression qui a condamné Katumbi, n’est rien d’autre que la volonté manifeste de l’ancien chef de l’État de marcher sur la justice congolaise. Il sied de rappeler que Stoupis avait menti concernant la spoliation de son immeuble. Un autre dossier, celui des mercenaires américains est classé sans suite.

Avec le nouveau chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, la justice congolaise est dans l’obligation de soigner son image. Durant le règne de l’ancien régime, cette justice a perdu toute sa crédibilité tant sur le plan national qu’international. Elle doit à présent se dédouaner en faisant réellement preuve de son indépendance par rapport à l’exécutif. Nul n’est au dessus de la loi, dit-on.

Pourquoi instrumentaliser la justice pour des besoins égoïstes ? Le chef de l’État, Félix Tshisekedi, devra se démarquer du régime de son prédécesseur pour éviter de replonger, une fois de plus, le pays dans le chaos. Les Congolais en ont déjà marre.