Dur, le désir de durer: le peuple congolais et la «pieuvre» kabiliste

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Quel que soit le débat sur la vérité des urnes au niveau national et provincial, nous nous devons de soutenir les actions du Président Tshisekedi qui vont dans le sens des objectifs visés par l’Opposition d’avant le 30 décembre 2018. Les péripéties des élections passées appellent le peuple congolais à ne pas suivre en spectateur le déluge qui risque de s’abattre sur le pays si nous, les citoyens congolais, nous contentons de regarder les événements survenir et que nous n’agissons pas pour influencer favorablement le cours de notre vie. »

Telle une pieuvre, la kabilie a étendu ses tentacules sur tous les organes vitaux de la Nation. Les ventouses de ces tentacules ont bien l’ambition d’immobiliser les actions du pouvoir en place. La pieuvre a l’art de se confondre avec son environnement sous-marin. Malheur à la petite bête qui croirait y trouver un refuge, car ce serait sa condamnation à mort.

La plateforme CACH devrait y regarder de plus près et évaluer constamment son appui à la plateforme FCC, au risque de se faire avaler et de disparaître de l’horizon politique congolais, à moins que ce soit un suicide programmé. Le FCC attend impatiemment le moment idéal pour enclencher la démarche fatale qui engloutira le CACH et reportera au pouvoir ceux pour qui la misère du peuple et le bien-être collectif constituent la dernière de leurs préoccupations.

Nous devons nous ériger en défenseurs de la Constitution. L’article 64 de celle-ci nous interpelle à ce sujet. Nous devons barrer la route à ces aventuriers du FCC. Nous convenons que tout le monde en son sein n’a pas les mains sales, mais comme les animaux malades de la peste, tous sont frappés par cette maladie parce qu’ils ont fait allégeance à leur autorité morale qui prêche des antivaleurs comme exemples. Que pouvons-nous faire dès lors?

Soutenir la véritable alternance

Le Président Tshisekedi ne pourra pas tout faire si le peuple congolais ne lui donne sa confiance et un sérieux coup de main pour entreprendre et réussir à créer un Congo nouveau où ses fils et ses filles mangeront à leur faim, vaqueront à leurs occupations sans être inquiétés par des exactions, pourront envoyer leurs enfants dans des écoles de qualité. Le minimum vital suppose que les Citoyens reçoivent des services de qualité en matière de santé, de transport, de sécurité et que les infrastructures en eau et électricité répondent à leurs besoins de base. Pauvre ou riche, tout Citoyen s’attend à ce que la justice sévisse en conséquence en vertu de la loi. Le peuple aimerait également voir son Président parler de nos concitoyens tués et violés par des rebelles de tout acabit ou l’entendre sur des sujets autres comme les désastres naturels ou des graves accidents mortels à travers le pays.

Changer les mentalités ne se fait pas en un tournemain. C’est une entreprise de longue haleine. La population congolaise éprouve de grandes inquiétudes quant aux vrais changements souhaités dans son vécu quotidien. Les notables du FCC ont pris des habitudes malsaines allant à l’encontre de la bonne gestion de la chose publique, du respect des individus et de leurs biens. Tout en reconnaissant l’importance des autres secteurs tels que les finances publiques, l’argent étant le nerf de la guerre, l’éducation, l’agriculture, les ressources naturelles, nous croyons que la stabilité à travers tout le pays apportera de l’eau au moulin et permettra de réaliser durablement le grand projet de société où règnera une justice distributive confirmant l’adage qui affirme que tout travail mérite salaire.

Redorer le blason de notre armée nationale

Une armée véritablement congolaise doit se dresser comme une force réelle de dissuasion pour les États voisins qui nourriraient à leurs risques et périls l’ambition d’éroder une quelconque portion du territoire national. L’on se souviendra que les forces armées zaïroises de l’époque étaient constituées de valeureux fils et filles qui n’avaient aucune hésitation à consentir des sacrifices pour l’honneur du pays.

Nous pensons à Mbunza Mabe ou au commandant Ndala, par exemple. Aujourd’hui, le Tchad, qui a besoin d’irriguer le Lac Tchad asséché, menace d’introduire la guerre au Congo si on lui refuse l’accès aux eaux du bassin congolais. N’oublions pas que les troupes d’élite tchadiennes ont été formées par le Zaïre à l’époque à Kota Koli!

Nous sommes donc à même de défendre nos frontières si l’on met des moyens conséquents aux mains de nos vaillants soldats en matière de conditions de vie et d’équipements. La jeunesse congolaise est prête à laver l’affront subi quotidiennement par nos compatriotes assassinés et mutilés à volonté sans que les autorités ne lèvent le petit doigt. Nous n’allons pas ériger de mur comme aimerait le faire le Président Trump contre les Mexicains, mais notre armée à l’Est du pays jouerait le même rôle de dissuasion.

Le Président Tshisekedi devrait s’entourer des conseillers et cadres qui ne seront pas fourbes ni flatteurs, mais qui travailleraient pour implanter cette vision d’un grand Congo où la probité des dirigeants est à l’honneur et dans lequel la fonction publique, épine dorsale des services de l’État à la population, respecterait les normes d’éthique et regagnerait la confiance de la population.

Vini Mbilo, correspondant particulier au Canada