Election de gouverneur au Sankuru : l’implication du président Tshisekedi bouge les lignes

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Un dénouement semble s’afficher face à la « crise » électorale dans la province de Sankuru. Sans doute, Lambert Mende ne sera plus candidat unique à cette élection qu’il a cru gagner haut la main. Son challengeur, Stéphane Mukumadi est donc autorisé, conformément à la décision du Conseil d’Etat, à affuter ses armes pour tenter de gagner l’élection et prétendre ainsi diriger la province de Sankuru.

Olivier Kaforo

Après plusieurs jours de tensions dans la province de Sankuru, suite à l’invalidation de la candidature de Joseph Stéphane Mukumadi au poste de gouverneur de province, le président Félix Tshisekedi a jugé bon de réunir les camps de deux candidats, en l’occurrence le camp de Lambert Mende et celui de Joseph Mukumadi. En sa qualité de garant du bon fonctionnement des institutions, le chef de l’Etat, après avoir recueilli les avis des uns et des autres, a conclu qu’il est nécessaire que les choses se passent conformément aux lois de la République.

Faisant allusions aux dispositions légales, principalement les articles 21, 61, 155al.2, 149al.4 et 69 al.2 ; les traités internationaux aussi pris en considération, Félix Tshisekedi a instruit aux uns et aux autres de ne faire application que de la Constitution de la République. Par conséquent, les deux camps sont obligés de respecter impérativement l’exécution de l’arrêt rendu par le Conseil d’État sous le REA 002. Arrêt qui explique la voie de sortie aux deux candidats à la course à l’élection du gouverneur et vice-gouverneur dans la province du Sankuru. 

Certaines sources indiquent que des avocats de Lambert Mende auraient saisi la Cour Constitutionnelle par une requête en inconstitutionnalité, enrôlée sous R.CONS 921, contre l’ordonnance de fixation de la date d’audience du Conseil d’État, signée par le Premier président du Conseil d’État sur l’affaire inscrite et définitivement prononcée sous REA 002, qui remet Joseph Stéphane Mukumadi dans le droit de se faire élire comme gouverneur de la province de Sankuru.

« Comme pour ne pas satisfaire à l’appétit démesuré du candidat Mende à devenir coûte que coûte gouverneur de Sankuru dont les élections ont été remportées à deux reprises ; après avoir été débouté de son action présumée gagnée au premier degré à la Cour d’appel de Sankuru sous RCE 026 , décision annulée par le Conseil d’État,  juge constitutionnellement reconnu dans son article 149, et 86 de la loi organique sur les juridictions de l’ordre administratif, il a été décidé la réhabilitation de son chalangeur, Joseph Stéphane Mukumadi, dans le but de privilégier la vraie expression démocratique. Lambert Mende doit être conscient de l’échec qui se dessine sur son élection et du fait qu’il n’a non seulement convaincu les grands électeurs par son discours programme. Candidat contesté par 90% par la population du Sankuru, il a fondé sa politique sur la terreur et la division », a indiqué un analyste qui a requis l’anonymat.

Et d’ajouter : « Après avoir pris acte qu’il est en faillite de confiance politiquement accordable aux dignitaires de suite de son idéologie criminelle et sanguinaire, le challenger de Mukumadi a fini par entraîner même des hommes de droit ».

Bon nombre de spécialistes indiquent que devant la Cour d’appel de Sankuru, le nouveau bâtonnier du Conseil de l’ordre près cette Cour a commis un faux en écriture et usage des faux. Ce, non seulement en signant sur la requête en invalidation de la candidature de Joseph Stéphane Mukumadi avec une fausse qualité en date du 16 Février 2019 alors que ce dernier est élu bâtonnier en date du 18 février 2019, mais aussi en faisant usage d’une procuration spéciale signée et lui envoyée par son client sous la qualité de bâtonnier. Des faits graves sur lesquels les autorités ordinales des différents barreaux sont saisies ainsi que le Conseil national de l’ordre des avocats pour un redressement disciplinaire.

« Insatisfaits de la cause et de la justice rendue par les hauts magistrats du Conseil d’État, les avocats de Lambert Mende ne cessent de commettre des forfaits portant atteinte à la probité et à la loyauté protégées par les règles déontologiques de la profession d’avocats. Cette procédure inique initiée par ces avocats ébranle les crédits intellectuels dans le chef de ces derniers qui estiment que la Cour constitutionnelle serait en dehors des prérogatives lui dévolues par la Constitution et la loi organique, qui sont celles de contrôler de la Constitutionnalité des actes portant force des lois, les actes réglementaires… », s’indignent certains juristes.

Pour rappel, la candidature de Joseph Mukumadi a été rejetée par la Cour d’appel de Sankuru avant d’être réhabilitée par une décision du Conseil d’Etat. L’invalidation de ce candidat était justifiée au premier degré par le fait qu’il détiendrait une double nationalité pourtant non autorisée par la loi. Ce qui avait par conséquent, laissé au candidat Mende le droit de se présenter comme candidat unique.

Avec la décision du Conseil d’Etat et l’implication personnelle du chef de l’Etat, le candidat Mukumadi revient ainsi à la course afin de concourir au poste de gouverneur de la province de Sankuru. Ainsi, la démocratie et l’Etat de droit ont triomphé.