Kasaï: à la rencontre de Tshianda, une cordonnière qui fait la différence

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En République démocratique du Congo (RDC), le métier de cordonnier est souvent exercé par des hommes. Voir une femme cordonnière sort de l’ordinaire et attire la curiosité sur tout dans une zone comme le Kasaï. Cependant, Tshianda, une cordonnière de 25 ans ne laisse pas indifférent tout le monde qui passe devant son atelier.

Nous sommes à Kamonia, chef-lieu du territoire de Tshikapa, dans la province du Kasaï où madame Tshianda exerce son métier de cordonnier, à coté de son étalage de lambeaux des souliers et babouches. Un véritable atelier de fortune.

Âgée de 25 ans, Tshianda est mariée et mère d’un petit garçon de 7 ans. Brave qu’elle est, cette jeune femme a surpassé tout complexe au point d’aimer avec passion son « beau métier » qu’elle exerce déjà depuis trois ans.

Rencontrée au coin de la rue lors de notre passage à Kamonia, Tshianda n’a pas gardé sa langue en poche. Dans une interview qu’elle a accordé à Lepotentielonline.net, la cordonnière dit avoir appris ce métier de son mari. Animée par souci le d’autonomisation, pour ne pas dépendre toujours de son mari, elle a préféré d’embrasser ce métier pour gagner de l’argent en toute « indépendance ».

Cependant, cette jeune femme n’est pas épargnée par la crise qui touche le tissu social de la population de l’espace Kasaï, causée par le phénomène Kamuina Nsapu de triste mémoire et le conflit interethnique entre les communautés Pende en complicité avec les Tchokwe. comme tout autre entrepreneur dans cette région, Tshianda est butée au problème de clientèle. La fréquentation des clients dans son atelier se fait de moins en moins rare, ces derniers jours, déplore-t-elle.

« Il n’y a pas de sot métier… »

« Je lance un appel à toute personne de bonne volonté, surtout aux organismes nationaux et internationaux qui s’occupent des femmes vulnérables de pouvoir m’appuyer pour bien faire mon boulot, car il n’y a pas le sot métier » a t- elle lancé.

Trouvé sur le lieu, l’un des clients fidèles de Tshianda a témoigné son savoir faire depuis qu’il a commencé fréquenté cet atelier de cordonnerie. « Une femme qui exerce bien son travail, il faut l’encourager et la soutenir car, c’est ça la parité que les femmes réclament chaque année » a estimé Doris Tshitenge.

Selon madame Bijoux, Tshianda est un exemple à suivre en ce qui concerne la parité tant réclamée par les femmes en RDC et au Kasaï en particulier, au lieu de quémander avec la fameuse trilogie « sombela ngaï, pesa ngaï, kabela ngaï SOPEKA), c’st à dire: « Achètes moi; donnes moi; fais moi cadeua ». De son point de vue, la femme peut exercer n’importe quel métier. « L’apport de la femme du Kasaï n’est pas à demander, la femme est appelée a embrasser n’importe quel métier pour son indépendance. Tshianda est un bel exemple que d’autres femmes devraient suivre », a ajouté Bijoux.

Jackie Ngolela, correspondante au Kasaï