A pas de tortue

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La République démocratique du Congo a eu droit à sa première passation civilisée des pouvoirs entre un président de la République élu entrant et celui élu sortant. Seulement voilà, depuis près de 4 mois, la gestion du pays semble arrêtée, ou tout au moins en donne l’impression depuis le 24 janvier dernier.

Du coup, la joie et l’espoir suscités par l’arrivée de Félix Tshisekedi à la tête du pays fait place à l’anxiété.

Et pour cause ! Depuis plus de 100 jours de règne, le chef de l’Etat peine à mettre en place un gouvernement responsable devant l’Assemblée nationale. Et celui qui est en place, dirigé par Bruno Tshibala, est confiné dans son rôle d’expédier les affaires courantes.

Pendant ce temps, beaucoup de dossiers attendent. Des contrats et accords tardent à être signés. Les partenaires et investisseurs, eux aussi, attendent un gouvernement responsable avec lequel souscrire des engagements fermes.

L’urgence aurait voulu que les deux chefs de la coalition FCC-CACH harmonisent leurs vues pour que soit mis fin à cette période d’incertitude. L’attente aura été trop longtemps et le pays se meurt. Heureusement que le président de la République a été clairvoyant en annonçant un programme minimum pour ses 100 premiers jours, sinon le pays serait totalement à l’arrêt.

On apprend qu’en début de semaine, les deux personnalités –Félix Tshisekedi et Joseph Kabila se sont retrouvées dans la ferme privée de Kingakati pour procéder aux derniers réglages afin de mettre en place un gouvernement tant attendu. Là encore, le dossier n’a pas suffisamment évolué, car le seul dividende qu’on en a tiré, c’est ce compromis autour de la personnalité devant animer l’équipe gouvernementale. Les discussions achoppent encore sur la gestion des ambitions, notamment pour les ministères de souveraineté.

Conscients du danger que court la nation, avec des ministres qui se savent partants, les deux leaders ont décidé de nommer au plus vite l’animateur du gouvernement ; quitte à travailler diligence pour que, dans la semaine, soient aussi connus les noms des ministres qui vont composer le gouvernement. Il faut donc parer au plus pressé, car tout marche à pas de tortue au pays de Félix Tshisekedi.