Energie : bientôt une nouvelle usine de traitement d’eau à Kinshasa

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Pour accroître l’accès des populations de Kinshasa à l’eau potable, une nouvelle usine de traitement d’eau sera construite. Un ouvrage qui soulagera tant soit peu les consommateurs kinois.

Olivier Kaforo

Une nouvelle usine de traitement d’eau sera bientôt construite à Lemba Imbu dans la commune de Mont-Ngafula (Kinshasa). L’annonce a été faite le mardi 14 mai à Kinshasa par le conseiller du président de la République en matière énergétique, Claver Kalala. C’était à l’issue d’une visite de travail qu’il a effectuée sur le lieu qui devra abriter l’ouvrage, en compagnie du directeur général de la Régie de distribution d’eau (Regideso), Clément Mubiayi.

La nouvelle usine de captage d’eau de Lemba Imbu, d’une capacité totale de 220.000 m3/jour dont les travaux débutent d’ici le 1er juillet prochain sera construite avec l’appui financier d’un groupe de partenaires sud-coréens. Selon les services compétents, tous les matériels pouvant faciliter le début des travaux de l’ouvrage sont déjà en place et n’attendent que l’exécution des travaux d’aménagement du site.

« Le président de la République a promis de l’eau potable à la population congolaise. A cet effet, il veut que la Regideso dispose de ce nouveau site qui doit, en principe, servir cinq communes de la ville de Kinshasa », a déclaré Claver Kalala.

Pour sa part, le directeur général de la Regideso pense que, cette fois-ci, les travaux de construction de cette usine vont réellement démarrer, contrairement aux années antérieures.

« Le projet de construction de cette usine a connu beaucoup de perturbations. Cette fois-ci, je crois que dans quelques semaines, nous assisterons à la pose de la première pierre par le chef de l’Etat », a-t-il projeté.

La RDC figure parmi les pays où le taux d’approvisionnement en eau potable se compte parmi les plus bas. Les récentes statistiques indiquent que le nombre de foyers qui ont accès à l’eau potable ont baissé au cours de 20 dernières années.

A ce jour, affirment les experts, beaucoup de villes et territoires de la RDC font face à une faible desserte en eau potable. D’après les données statistiques publiées par le ministère de l’Energie et le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), le taux national de desserte en eau potable est passé de 69% en 1990 à 22% en 2005 avant de remonter à 26% cinq ans après.

Dans une de ses récentes publications, la Commission internationale du bassin Congo-Ubangi-Sanga (Cicos) indique que « la grande majorité des résidents du Bassin du Congo ne sont pas connectés à l’eau potable. Moins de la moitié des citadins disposent d’eau courante dans leurs habitations ».

La Cicos soutient qu’en RDC, 90% de la population puise son eau potable dans des sources qui, en réalité, ne sont que de simples sources captées ou simplement de l’eau de pluie collectée des toitures des maisons et stockée dans des récipients. « Les citadins dépendent alors le plus souvent d’un accès collectif ou bien de petits vendeurs d’eau qui parcourent la cité », indique la Cicos.

En raison des infrastructures endommagées – dues aux sous-investissements voire aux conflits –, de la croissance rapide de la population, mais aussi du manque de capacité de gestion et de management des acteurs ou encore l’absence d’une politique harmonisée dans la région, les experts affirment que seuls 26% de la population congolaise ont aujourd’hui un accès direct à une eau salubre. Cette situation a été observée dans les zones rurales mais également de façon croissante dans les villes connaissant une expansion rapide.