REVUE DE PRESSE DU MARDI 21 MAI 2019

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La nomination de Sylvestre Ilunga Ilunkamba au poste de Premier ministre et le retour en RDC de Moïse Katumbi sont les principaux sujets qui font la Une des journaux et des sites d’informations.

Le Potentiel titre : « De retour en RDC, Moïse Katumbi tend la main à Fatshi et tacle Kabila : « Le bus a un seul chauffeur. Il n’en a pas deux. Laissez le seul chauffeur conduire ». L’on note qu’à la place de La poste qu’il a atteint après plus de 5 heures de procession à partir de l’aéroport de la Loano, Moïse Katumbi a prôné la réconciliation et la paix. Le tabloïd estime que si Katumbi se considère partisan d’une opposition, dite républicaine dans le cadre de la plateforme Lamuka, il reconnait en Félix Tshisekedi  toutes les prérogatives de Président de la République. Et si certains voient encore la main de Joseph Kabila, autorité morale du FCC, dans la marche de l’État, Moïse Katumbi note que la page Kabila est définitivement tournée. Comme à son habitude, c’est par une métaphore qu’il a circonscrit sa pensée : « Le bus a un seul chauffeur. Il n’en a pas deux. Laissez le seul chauffeur conduire ».

Et rfi.fr d’interroger : « Quel rôle va-t-il jouer et comment va-t-il se positionner politiquement ?» Des interrogations majeures du fait que Moïse Katumbi ne remet pas en cause l’élection de Félix Tshisekedi et pourtant le candidat qu’il a soutenu à la présidentielle, Martin Fayulu, dont il reste l’allié, continue de revendiquer sa victoire à cette élection.

Et comme rfi, La Prospérité interroge : « Moïse Katumbi : rupture totale d’avec l’opposition radicale ?

Le journal note que Katumbi n’est pas resté indifférent face aux autorités du pays dont il reconnait l’implication quant à la décrispation politique qui était autrefois un rêve. Devant la place de la poste de Lubumbashi, Moïse Katumbi a, dans son discours, donné l’impression de jeter l’anathème aux tiers, entre autres, à quelques uns de ses colistiers de Lamuka lorsqu’il dit par exemple : « le véhicule mérite d’avoir un seul chauffeur, pas deux. Si un véhicule est conduit par deux chauffeurs, il y a risque de connaître un accident ». À qui s’adresse-t-il concrètement au travers cette métaphore aux diverses harmoniques ? Des voix concluent que cet opposant congolais qui appelle l’actuel Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi de frère et ami, exhorterait ses colistiers à mettre un peu d’eau dans leur vin pour ne serait-ce que reconnaitre le pouvoir en place. Dans le cas contraire, en tout état de cause, nombreux sont ceux qui voient le divorce se conclure entre le modéré opposant Moïse Katumbi  Chapwe et les radicaux opposants Martin Fayulu, Adolphe Muzito ainsi que Jean-Pierre Bemba Gombo.

« Après le 3ème penalty, Moïse Katumbi parle de chauffeur », c’est la Une du journal Le Phare.

Selon le journal, la nouvelle métaphore d’un véhicule qui ne peut pas être conduit par deux chauffeurs, est une façon pour Katumbi de s’élever contre les interférences, vraies ou supposées, de l’ancien Chef de l’Etat dans la gestion des affaires publiques, sous prétexte du partenariat entre CACH et FCC.

Cas-info.ca qui relaie les propos de Olivier Kamitatu, Porte-parole de l’opposant, note que ce retour est aussi celui de la victoire pour l’opposant le plus pourchassé de la RDC. Lui qui aura joué un rôle de premier plan dans le dénouement de la crise politique provoquée par les manœuvres de maintien au pouvoir de l’ancien président. Avant de s’attirer les foudres de l’ancien régime.

Nomination du nouveau Premier ministre, La Prospérité écrit : « Sylvestre Ilunga Ilunkamba : enjeux et missions difficiles ! » Le journal reprend une  tribune libre de Jean-Pierre Kambila, ancien dircaba de l’ex-Président Joseph Kabila. Jean-Pierre Kambila distribue le rôle entre le Président et son Premier ministre. Le premier, selon lui, veille sur les principes et fixe les objectifs et le second organise l’atteinte la plus efficiente possible et au moindre coût des buts préalablement concertés. « Si l’un est l’architecte de l’œuvre, l’autre devrait être le conducteur attentif et fidèle des travaux de l’édifice rêvé. Le Premier Ministre agira donc en tant que politique  responsable, informé de son pouvoir, ferme dans ses décisions, modéré dans son approche et conscient de ses limites ».

Ainsi, pour Kambila, la réussite de cet équilibre fragile réside dans la modération et le dialogue permanent que sauront maintenir pendant ces cinq prochaines années, la Coalition FCC-CACH.

À ce sujet, rfi.fr note qu’il s’agit d’une figure de compromis, donc, entre le Front commun pour le Congo de Joseph Kabila, majoritaire au Parlement et le nouveau chef de l’État, Félix Tshisekedi.

Pour le site de radio France internationale, former un gouvernement s’annonce difficile car les tractations ont débuté il y a de longues semaines, bien avant que le nom de Sylvestre Ilunga Ilunkamba ne commence à circuler à Kinshasa. « Quelle sera donc sa marge de manœuvre dans ces discussions qu’il prend en cours de route ? » Difficile à dire.  Et pour le site, l’enjeu est en tout cas de taille pour le nouveau chef du gouvernement. « S’il ne choisit pas ses ministres, aura-t-il l’ascendant sur eux ? ».

Et pour Cas-info.ca, outre les combines politiciennes de partage des postes, le défi pour le nouveau Premier ministre est immense. Sylvestre Ilunga sait qu’il doit s’employer pour traduire en acte la vision du chef de l’État résumé dans le slogan « le Peuple d’abord ». Une tache bien compliquée pour un homme qui doit en même temps préserver les intérêts du très impopulaire FCC, commente ce site d’information et d’analyse.

Au chapitre des réactions, actualite.cd note celle du FCC. La plateforme dont est issu le nouveau locataire de la Primature estime que la nomination du professeur Sylvestre Ilunga Ilunkamba par le Président Félix Tshisekedi,  sur proposition de son prédécesseur et allié Joseph Kabila, est un choix « Républicain » devant permettre de mettre en œuvre un programme gouvernemental « consensuel ».

Et pour Forum des As, de l’oiseau rare déniché aux confins de la ferme de Kingakati, les Congolais n’attendent pas de discours. Ils en ont entendu des décennies durant. Dans son éditorial intitulé : « Les actes d’abord ! », Forum des As note : « De ce professeur d’économie, le peuple n’attend pas des cours ex cathedra sur la croissance, l’inflation, le taux et les réserves de change avec force tableaux et graphiques à l’appui… La rue n’attend pas non plus de promesses d’un lendemain qui chante… Le Premier ministre de Félix-Antoine Tshisekedi est attendu seulement sur les actes à l’aune desquels il sera jugé ».

Actualité à l’Assemblée nationale, « Constitution des groupes parlementaires : le Bureau accorde 48 heures supplémentaires pour la fin de l’opération », c’est à lire dans La Prospérité.

Le journal rapporte que dans sa communication en plénière hier, la Présidente de l’Assemblée nationale a dressé le tableau de composition des groupes parlementaires. 15 groupes parlementaires ont déposé les listes de leurs membres. De ces 15 groupes, 10 ont déposé les listes de leurs membres en conformité avec le Règlement Intérieur. Ceci représente 391 Députés. Ils en résultent que 109 députés ne font pas partie des groupes parlementaires régulièrement constitués.

Dans un autre registre, La Prospérité note que, Jeannine Mabunda est venu à la rescousse de Mende. Ce dernier a été interpellé dimanche 19 mai dernier par les éléments de la police nationale. Jeanine Mabunda s’était impliquée personnellement pour la libération de son collègue, a-t-elle fait savoir lors de la plénière. Selon ses propos, elle a notifié que les immunités parlementaires ne peuvent-être mises en danger en aucun cas en RDC dans cette nouvelle ère du changement comme stipule la Constitution. À ce sujet, le Vpm ministre en charge de l’Intérieur et sécurité, Basile Olongo, a été invité par le Bureau de Mabunda tôt dans la journée, pour faire la lumière sur cette affaire. 

Pitshou MULUMBA