Elections européennes : Le Pen devance Macron

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Le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen est arrivé en tête des élections européennes, qui se sont déroulées dimanche 26 mai 2019 en France, devant la liste Renaissance soutenue par le président Emmanuel Macron. Les écologistes ont pris une surprenante troisième place.

Marqué par une participation nettement plus élevée que prévu à 50,12% (il était de 42,43% en 2014), le premier scrutin intermédiaire depuis le début du quinquennat a confirmé le duo de tête attendu et acté la recomposition de la scène politique enclenchée lors de la présidentielle de 2017.

Selon les résultats définitifs publiés par le ministère de l’intérieur, le mouvement d’extrême droite et sa tête de liste Jordan Bardella s’imposent avec 23,31% des suffrages, en deçà de son score des européennes de 2014 (24,9%).

Le Rassemblement national est devenu  » le premier parti mais surtout (…) le mouvement de la future alternance « , s’est félicité Marine Le Pen, qui avait fait de ce scrutin un référendum anti-Macron.  » Du vote de dimanche dépend tout le reste du quinquennat « , a-t-elle lancé vendredi lors du dernier meeting , en lançant un appel large aux électeurs de droite ( Les Républicains et Debout La France) et de la France insoumise pour les inciter à voter « utile » contre le chef de l’Etat.

La liste Renaissance pro-Macron menée par l’ex-ministre Nathalie Loiseau suit à 22,41%, un score inférieur au résultat d’Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle (24, 01%).

Le chef de l’Etat français , qui avait affirmé le 9 mai dernier qu’il allait « mettre toute son énergie pour que le RN de Marine Le Pen ne soit pas en tête « , a échoué dans son objectif de remporter le scrutin. Il a manqué son pari. Voire, la dizaine de meetings faite par le Premier ministre, Edouard Philippe, depuis début mai n’a rien donné.

 » Quand on termine deuxième, on ne peut pas dire qu’on a gagné « , a reconnu ce dernier.
L’ entourage d’Emmanuel Macron a défendu un « score honorable  » dans un contexte national difficile, avec la crise des  » gilets jaunes », sur fond de poussée eurosceptique en Europe.

Sans céder au pessimisme, l ‘Elysée a annoncé que le chef de l’Etat n’allait pas changer de cap et même  » intensifier l’acte 2 de son quinquennat « .

Force est de reconnaitre que depuis les premières élections européennes de 1979, la liste soutenue par le chef de l’Etat ne l ‘ a emporté qu’ à deux reprises (1979 sous Giscard D’ Estaing et 2009 sous Nicolas Sarkozy). Sinon, elle a systématiquement été battue.

SURPRISE ECOLO

Si ce duo de tête , le même qu’en 2017, devance nettement les autres listes, les écologistes d’Europe Ecologie-Les Verts ( EELV) sont la principale surprise du scrutin, en s’offrant une troisième place inespérée ( 13,47%).

La tête de liste d’EELV, Yannick Jadot , a salué  » une vague verte européenne « , en faisant allusion à la percée des Verts allemands au-delà des 20%.

L’ambiance était en revanche plombée chez les Républicains (LR) qui réalisent le pire score de l’histoire de la droite , tombant sous la barre des 10% ( 8,48%), très loin du résultat de l’UMP en 2014 (20,81%).

 » La droite traverse une crise profonde, tout est à reconstruire « , s’est désolé la tête de liste François-Xavier Bellamy. Cette reconstruction  » sera longue », a reconnu le patron du parti, Laurent Wauquiez, fragilisé.

L ‘échec est cinglant également pour la liste de La France insoumise ( 6,31%), emmenée par Manon Aubry, qui termine très loin du score réalisé par Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle ( 19,58%).

Quant à l’alliance Parti Socialiste-Place Publique, elle recueille 6,19%, là aussi son plus mauvais score à des européennes, mais qui lui permet de garder des eurodéputés, ce qui était la priorité n°1.
Les autres listes ont obtenu moins des 5% nécessaires pour envoyer des représentants au Parlement européen. Un nombre record de 34 listes, dont deux issues des « gilets jaunes » à 0,5% cumulé, concourraient à cette élection qui renouait avec une circonscription nationale unique.

POUSSEE EUROSCEPTIQUE CONTENUE

Sur les 79 sièges dévolus à la France au Parlement européen, le Rassemblement national (RN) et La République En Marche (LREM) obtiendront chacun une vingtaine de sièges, alors que les grandes manœuvres vont commencer à Strasbourg et Bruxelles pour bâtir des groupes et construire une majorité.

Malgré les victoires de Marine Le Pen en France, Matteo Salvini en Italie et Nigel Farage au Royaume-Uni, la poussée eurosceptique semble avoir été contenue.
Mais si le Parti populaire européen (PPE) et les sociaux-démocrates (S&D) restent les deux principales formations de l’hémicycle européen, ils perdent leur capacité à réunir à eux seuls une majorité. Ils devront composer avec les écologistes, qui passent de 52 à 67 sièges, et les Libéraux (Alde), dont le parti d’Emmanuel Macron, qui obtiennent 108 sièges contre 69 actuellement.

Marine Le Pen espère, avec la Ligue de Matteo Salvini arrivée sans surprise en tête en Italie, fédérer une large alliance de partis nationalistes, eurosceptiques et populistes. Leur groupe parlementaire, l ‘ Europe des Nations et des Libertés (ENL) , est crédité de 55 sièges contre 37.

Robert Kongo, correspondant en France