Gestion durable des forêts : les parties prenantes valident le rapport PIF 2018 de la RDC

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Avec l’appui de la Banque mondiale, le rapport annuel du Programme d’investissement forestier de la RDC a été adopté par les parties prenantes. Ce qui constitue un signal fort quant à l’engagement de la RDC à lutter contre le changement climatique.

Olivier Kaforo

Les parties prenantes impliquées dans la mise en œuvre du Programme d’investissement pour la forêt de la République démocratique du Congo (PIF/RDC)  se sont retrouvées le samedi 25 mai à Kinshasa pour valider le rapport du PIF/RDC pour l’exercice 2018. Pour ce faire, les représentants de l’Etat congolais, ceux des bailleurs de fonds ainsi que des représentants de la Société civile y ont pris part. Il y était principalement question de mettre la dernière touche au rapport annuel PIF de la RDC 2018 conformément au format requis et le valider avec l’ensemble. Ce, après que les données collectées ainsi que les critères pour les thèmes qualitatifs ont été revisités.

« La gestion durable des forêts est un processus qui nécessite des moyens financiers importants. Dans cette optique, il existe un programme retenu au niveau mondial, appelé Programme d’investissement des forêts (PIF). La RDC figure parmi les pays éligibles à ce programme. Ce programme oblige donc à chaque pays membre de publier un rapport national chaque année. C’est pourquoi, après l’élaboration d’un Draft par nos experts, toutes les parties prenantes au PIF/RDC se sont retrouvées à Kinshasa pour adopter le rapport final afin de lui donner un caractère national », a déclaré le secrétaire général à l’Environnement, Benjamin Toirambe.

Pour sa part, le point focal du PIF/RDC, John Muloba a eu les mots justes pour apprécier le travail fait par les experts de la RDC. Le draft étant déjà bien ficelé, a-t-il indiqué, l’adoption du rapport national ne pouvait donc pas être compliqué, en dépit de quelques amendements formulés par les participants à l’atelier de validation.

« Le rapport 2018 revêt un caractère exceptionnel dans la mesure où le projet est en train d’évoluer au fur des années. Sur le terrain, les réalisations sont visibles. Ceci est traduit dans le rapport validé ce jour, confirmé par les différentes parties prenantes. Ce qui, en d’autres termes, signifie qu’il y a exécution dans différents sites et qui évoluent normalement. Le rapport 2018 adopté traduit réellement les bonnes évolutions des financements sur le terrain », a noté John Muloba.

Et d’ajouter : « les perspectives d’avenir sont bonnes. La RDC est un pays champion dans la lutte contre le changement climatique. Ce qui fait que la mobilisation dont nous avons bénéficié à ce jour dans le financement par les différents partenaires, notamment la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, n’est pas suffisant. Nous comptons mobiliser davantage pour que nous puissions demeurer champions dans cette lutte contre le changement climatique ».

Initiative louable

Les experts sont d’avis que l’apport du PIF/RDC dans la lutte contre le changement climatique est d’une importance capitale. Concernant la contribution du programme dans la REDD+, par exemple, la PIF vise à démontrer la faisabilité de la REDD+ en RDC et ses différentes approches. Ici, les expériences du PIF sont en cous de capitalisation dans la mise en œuvre des programmes sectoriels.

Une des composantes du PIF cofinance le secteur privé pour la mise en œuvre des activités d’agroforesterie. Des modèles plus ou moins intégrés sont déployés depuis 2017 auprès de 48 porteurs de projets. Ils attestent déjà des résultats significatifs avec notamment la réalisation de plus de 5474,9 hectares d’agroforesterie.

S’agissant de l’appui du PIF/RDC à la Société civile, il faut noter que les Organisations de la Société civile participent à la mise en œuvre des projets en tant que membres des instances de pilotages et de concertation, en tant qu’agences locales d’exécution et/ou en tant qu’opérateurs. Elles sont également impliquées dans l’élaboration des politiques de sauvegardes environnementales et sociales.

Pour rappel, les Fonds d’investissement pour le climat (Climate Investment Funds) constituent un instrument mis en place par les banques multilatérales de développement pour apporter des ressources techniques et financières aux pays en développement dans leurs efforts de lue contre le changement climatique. Il est constitué de deux fonds fiduciaires et de quatre fenêtres principales, l’une d’elles étant le Programme d’investissement pour la forêt (PIF). Avec un montant de 775 millions de dollars américains, le PIF a pour objectif de « réduire les émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts et de promouvoir la gestion durable des forêts ».

La RDC a été choisie en 2010 par le sous-comité du PIF pour être l’un des huit pays pilotes au niveau mondial. Actuellement, l’on compte 24 pays pilotes, dont 11 en Afrique.

En juin 2011, le Plan d’investissement du PIF/RDC a été officiellement soumis au sous-comité du PIF et le principe d’un don de 60 millions USD pour 5 programmes a été validé, dont 3 seraient exécutés avec l’appui de la Banque mondiale pour un montant de près de 37 millions USD et 2 programmes avec l’appui de la Banque africaine de développement (BAD), pour un montant de près de 23 millions USD.

En accord avec le gouvernement de la RDC, il a été convenu de fusionner les trois programmes de la BM en une seule opération, concentrée sur le Bassin d’approvisionnement de Kinshasa, avec un programme d’appui au secteur privé. Les trois programmes de la Banque mondiale ont ainsi été consolidés en un seul projet intitulé « Projet de gestion améliorée des paysages forestiers ».