Moïse Katumbi : rendez-vous manqué à Goma

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En République démocratique du Congo, l’opposant Moïse Katumbi, figure de la coalition LAMUKA est rentré, lundi dernier, en RDC après trois ans d’exil. Il était attendu, dans la matinée de ce dimanche 26 mai, dans la capitale du Nord-Kivu, en provenance d’Afrique du Sud où il participait à la prestation de serment du président Cyril Ramaphosa. Son directeur de cabinet, Olivier Kamitatu, a affirmé dans une vidéo postée sur twitter qu’il n’a pas obtenu l’autorisation d’atterrir à Goma, rapporte RFI.
Une version formellement contestée, de source officielle. Une source à la présidence affirme que Moïse Katumbi dispose de toutes les autorisations nécessaires, tant de l’aviation civile que du conseiller spécial du chef de l’Etat. Selon cette source, l’ancien gouverneur du Katanga aurait décidé lui-même de reporter ce déplacement.

La mobilisation était au rendez-vous
Bien qu’annoncée vers 13h30’ à Goma, la population est arrivée très tôt à l’aéroport, alors que d’autres attendaient au point de chute annoncée, le stade Afya. Quelques minutes après, le tweet d’Olivier Kamitatu, porte-parole de Moïse Katumbi, annulant l’arrivée du chairman d’Ensemble pour le changement est tombé comme une véritable douche froide pour ces milliers de militants.

Malgré cet avortement, certains approchés par Politico.cd restent déterminés à accueillir Moïse Katumbi. « Nous sommes très déterminés à l’accueillir et nous le resterons pour les deux ou trois jours qu’il pourra encore annoncer », a déclaré à Politoco.cd un des militants.

Jusque-là, les cadres de LAMUKA en province n’ont rien annoncé. En attendant, des centaines de personnes à l’aéroport ont du mal à croire en la nouvelle. Des tambours battent jusque maintenant, les drapeaux sont indéfectibles brandis…on dirait que la population n’est pas prête à quitter l’aéroport avant de voir Moïse Katumbi.

Après son retour triomphal à Lubumbashi le 20 mai, Moïse Katumbi a décidé de se rendre à Goma, depuis l’Afrique du Sud où il participait à la cérémonie de prestation de serment du président Cyril Ramaphosa. Cependant, alors qu’il est attendu dans la capitale du Nord-Kivu, ses proches annoncent que l’autorisation d’atterrissage ne leur a toujours pas été délivrée.

« L’Aviation civile n’a pas libéré l’autorisation de survol et d’atterrissage de l’avion du président Moïse Katumbi. Il devait décoller de Johannesburg où il assistait à l’investiture du président Cyril Ramaphosa pour se rendre à Goma ce dimanche matin. Nous sommes dans l’attente», a expliqué sur Twitter son directeur de cabinet, Olivier Kamitatu.
Contacté par Actualite.cd, le directeur général de la Régie des Voies Aériennes (RVA), Bilengi Abdallah, a démenti les informations du cabinet de Katumbi faisant état d’une demande de survol et d’atterrissage qui ne serait pas accordée à l’avion de l’ancien gouverneur de l’ex-province du Katanga qui devrait se rendre à Goma( Nord-Kivu) ce dimanche 26 mai.

« En ma connaissance, je sais que sa délégation est arrivée à trois heures du matin à Goma, et que lui Katumbi devait la rejoindre. Mais actuellement Monsieur Katumbi serait en Afrique du Sud et il a un jet privé et il a une autorisation d’entrer au Congo par Lubumbashi et cette autorisation est valable jusqu’à fin mai.

Mais l’aviation civile qui a l’autorité de lui accorder les autorisations d’aller atterrir dans un autre aéroport que Lubumbashi, en ma connaissance, n’a pas eu de demande formulée pour atterrissage à Goma », a dit à actualite.cd le DG de la RVA

Le 4 mai, dans une lettre adressée au directeur de l’Autorité de l’aviation civile du Congo, le conseiller spécial de Félix Tshisekedi en matière de sécurité conditionnait les autorisations de survol en RDC de tout aéronef, civil et militaire, à son avis « obligatoire et préalable ». Les nouvelles dispositions concernaient également les appareils de la mission onusienne au pays ou ceux de l’armée.

Les autorisations de survol en RDC ont souvent été au cœur de batailles politiques entre le pouvoir et l’opposition congolaise. Durant la présidence de Joseph Kabila, plusieurs opposants ont vu leurs avions être interdits d’atterrir au pays.
LP