REVUE DE PRESSE DU MARDI 11 JUIN 2019

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« Ayant pris d’assaut le siège du Parlement, les combattants ont fait la loi hier au Palais du peuple », écrit Forum des As. Le journal décrit les violences enregistrées. C’est journée folle, hier lundi 10 juin, au siège du Parlement. Des centaines de combattants de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti au pouvoir, ont fait exploser les alentours du Palais du peuple. Scandant des chansons hostiles et teintées d’injures à Mme Jeanine Mabunda, Présidente de l’Assemblée nationale. Mais leur détermination à franchir l’hémicycle, est aussitôt dissuadée par des éléments de la Police nationale congolaise (PNC), indique le confrère. Ainsi, parce que le Palais du peuple, cadre par essence sanctuarisé, a été désacralisé hier, des observateurs estiment qu’il appartient désormais, au leadership de l’Udps, de faire comprendre à la base du parti, qu’ils ont leurs députés à l’Assemblée nationale. Et que seuls ces derniers sont investis de plein pouvoir d’apporter la contradiction soit à une matière en discussion, soit à un sujet qui heurte certaines sensibilités, écrit le confrère. Bien plus, au regard des violences enregistrées, des voix s’élèvent pour inviter le tandem Tshisekedi- Kabila à révéler à leurs bases les contours de leur deal.

« Outrage au Chef de l’Etat : la base de l’Udps en rage, l’Assemblée nationale dédramatise ! », c’est la Une de La Prospérité. Peut-on parler, à ce stade, d’une incompréhension entre les «combattants» de l’Udps et les membres du Bureau de l’Assemblée nationale ? interroge le journal au regard de ce qui s’est passé hier. L’on note que la base de l’Udps réclame la tête de Léon Mondole, l’auteur de la motion incidentielle de vendredi dernier, et Charles Nawej, qui avaient insinué que le Président de la République avait signé «inconsciemment» les ordonnances nommant des mandataires à la tête de la Gécamines et de la SNCC. En effet, voulant éclairer l’opinion, Célestin Musao Kalombo, Rapporteur de la Chambre basse du Parlement, parlant au nom du Bureau, a laissé entendre que personne n’a posé la problématique de mettre en cause les actes pris par le Chef de l’Etat, parce que, à l’en croire, la Constitution l’interdit.

« La coalition FCC-CACH au bord de l’implosion : la bombe Mondole », titre Le Maximum. En guise de réparation, l’UDPS/T exigeait des excuses formelles de la Chambre basse du Parlement, à prononcer par le Rapporteur à l’adresse du Président de la République ; ainsi qu’une note d’excuse de la Présidente du bureau, Jeanine Mabunda, reconnaissant avoir méconnu les compétences de l’Assemblée nationale. Mais aussi, que le député national Charles Nawej soit traduit en justice pour outrage au Président conformément aux lois et selon les procédures requises.

Pourtant, Le Maximum rappelle que Jeanine Mabunda, la flegmatique Présidente PPRD/FCC du bureau de la Chambre basse avait livré un point de vue très équilibré sur cette question en faisant état de la liberté et des droits des élus du peuple. Réagissant à l’intervention du député Lamuka Christophe Lutundula, qui relevait que l’Assemblée nationale n’avait pas qualité pour statuer sur les actes du Président de la République, Mme Mabunda avait en effet expliqué qu’« il ne s’agit pas ici du Président de la République. (…) Nous parlons de la Constitution, des lois et des actes réglementaires qui gouvernent les secteurs des transports et du portefeuille. C’est dans ce cadre que des collègues ont souhaité s’exprimer », ajoutant que « si la perception d’un député au nom de sa liberté démocratique est que les lois ne sont pas respectées, il a le droit de s’exprimer ».

« RDC: de la coalition à la cohabitation? », interroge Rfi.fr. Ce site rapporte également la manifestation d’hier devant l’Assemblée nationale congolaise pour réclamer la fin de l’accord de coalition entre l’actuel et l’ancien chef de l’État. Une coalition de plus en plus contestée, constate rfi.fr depuis la polémique suscitée la semaine dernière par une série de nominations à la tête de la Gécamines et de la Société nationale des chemins de fer, décidées par le président Tshisekedi mais vertement critiquées par ses partenaires du FCC. Rfi note ainsi que dans ce climat de tension, la date de la reprise des négociations n’avait pas pu être fixée hier soir, tandis que dans les rangs de Cach comme du FCC de plus en plus de voix s’élèvent pour demander la rupture de la coalition.

De son côté, Le Potentiel reprend : « La coalition FCC-CACH à l’épreuve de la rue ». Ce tabloïd décrit la débandade d’hier à l’hémicycle du Palais du peuple et note que la survie de cette coalition se joue dans la rue. La coalition est en ballotage. Au-delà de l’outrage au Chef de l’Etat – fait du reste condamné par la loi, l’Udps reproche au FCC d’avoir dépassé la ligne rouge, écrit le journal qui constate également que jamais du temps de Kabila, l’Assemblée nationale n’avait pris un virage

aussi dangereux. Pourquoi doit-il en être le cas avec le Président Félix Tshisekedi ?

L’Avenir titre : « Tout en condamnant les agissements des combattants de l’UDPS au Palais du peuple, L’Assemblée nationale appelle au calme ». « Je le souligne donc, il n’était pas question de mettre en cause les actes administratifs pris par le Chef de l’Etat. C’est pourquoi à tout moment, l’honorable présidente de l’Assemblée nationale recadrait ceux qui prenaient la parole… », a précisé le Rapporteur de l’Assemblée nationale Célestin Musao Kaolombo. Avec cet éclairage, également repris par actualite.cd, le rapporteur de l’Assemblée nationale a invité les responsables de l’UDPS à signifier à leurs militants que le siège du Parlement est un lieu inviolable.

Autre sujet, 7sur7.cd rapporte : « RDC : Faute d’autorisation, Katumbi ne se rendra plus à Goma ce lundi ». « Je devais arriver à Goma ce lundi à midi mais faute d’autorisation, je suis encore contraint de reporter. Je m’excuse auprès de la population venue m’accueillir. Je la remercie et lui demande de ne pas se décourager. Ce n’est que partie remise. Je reste de cœur avec vous! », a indiqué Moïse Katumbi via Twitter.

À ce sujet Cas-info relaie les propos du Porte-parole de Katumbi qui affirme que « Katumbi avait bel et bien sollicité l’autorisation de survol et d’atterrissage ». Cas-info a ainsi observé qu’après l’annonce du nouveau report de son arrivée à Goma, Moise Katumbi n’a pas reçu que des messages de compassion. Réagissant à sa publication sur twitter, d’autres internautes ont accusé l’ancien gouverneur de chercher à manipuler l’opinion en vue de s’attirer de la sympathie. C’est face à la salve de critiques, que les services de l’ancien gouverneur ont fini par brandir la demande adressée à l’autorité de l’aviation civile.

Pitshou MULUMBA