REVUE DE PRESSE DU VENDREDI 14 JUIN 2019

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« Kinshasa: la manifestation de Lamuka dégénère devant la cour constitutionnelle », rapporte le site Cas-info. La procession, partie de la gare centrale, s’était déroulée sans heurts dans la matinée, la situation s’est progressivement tendue une fois devant le siège de la cour constitutionnelle où des pneus ont été brulés par des jeunes en colère. Déterminés, les manifestants ont tenté d’accéder dans les installations de la cour. La police les en a empêché de force avant de les disperser.

Pour le coordonnateur du Front commun pour le Congo, la haute cour n’a fait que jouer son rôle d’arbitre, indique le même site. Néhémie Mwilanya a indiqué jeudi, qu’une dizaine de députés, élus sous le label de la plateforme de l’ancien président, Joseph Kabila, ont été invalidés par la cour constitutionnelle. «Quand on accorde le rôle de l’arbitre à une institution, il ne faut s’attendre à ce qu’elle distribue des bonbons d’un coté et le feu de l’autre», a dit Néhémie Mwilanya. L’ancien directeur de cabinet de Joseph Kabila, également élu député national dit être «assailli par les réclamations des députés invalidés du FCC».

Entre-temps, Top Congo informe dans son édition matinale que la Cour constitutionnelle a rendu des arrêts aux premières heures de la matinée. Pour la ville de Kinshasa, l’on note entre autres, la validation du bâtonnier Matadi Nenga, du ministre des ITPR Thomas Luhaka ainsi que le président de la ligue des jeunes du PPRD Papy Pungu.

« La RDC est en train de brûler. Félix Tshisekedi, rompez le silence ! », s’exclame Le Potentiel. Le tabloïd fait observer que l’onde de choc, partie de Kinshasa, s’est finalement propagée sur l’ensemble de la République. Lubumbashi dans le Haut-Katanga, Kisangani dans la Tshopo, Kananga et Mbuji-Mayi dans le Grand Kasaï n’ont pas été épargnés. Le pays est en train de brûler pendant que le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, reste aphone. Garant de la nation et de la stabilisation des institutions, Félix Tshisekedi doit rompre le silence pour ramener le calme dans le pays. L’urgence s’impose, alerte Le Potentiel.

Le même journal relaie l’appel de l’opposant Franck Diongo dans le même sens, « Franck Diongo à Félix Tshisekedi : « Il n’y a que lui qui peut agir pour éteindre le feu ». Cet opposant proche de Moïse Katumbi, s’est exprimé sur l’invalidation d’une vingtaine d’élus de l’Opposition par la Cour constitutionnelle. Franck Diongo présente quatre approches, à savoir politique, juridique, historique et internationale, pour démontrer l’illégalité et l’irrégularité des arrêts de la haute cour avant d’appeler le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, de pouvoir soutenir la non-exécution desdits arrêts au nom de la paix sociale, de la sécurité, de tranquillité publique et de l’équité.

Pour sa part, Forum des As titre : « Affrontements FCC-CACH. Gare à l’embrasement ethnique ! » Il s’agit d’une tribune de Jean Pierre KAMBILA KANKWENDE, Cadre de la coalition FCC/CACH. Ce dernier prend de la hauteur et met en garde contre le piège de la balkanisation du pays qui résulterait de la dérive communautariste des tensions en cours. Il appelle ainsi les uns et les autres à surmonter les quelques malentendus que les ennemis du progrès de la République tentent d’exacerber et de rechercher rapidement les voies et moyens de renforcer cette coalition des souverainistes et socio-démocrate.

Une autre sonnette d’alarme, c’est celle reprise à la Une par La Prospérité. Il est signé par Me Luc Fikiri. Cet activiste pro-démocratie s’est prononcé sur les affaires ordonnances présidentielles et arrêts de la Cour en estimant que «les vrais opposants de Félix Tshisekedi sont les membres du FCC». Luc Fikiri estime que le chemin devant mener au déboulonnement du système dictatorial en RDC, tel que le souhaite, de tout cœur, Félix Tshisekedi, est pour l’heure, très flou. Ce, dans la mesure où les leaders du FCC qui sont aujourd’hui sensés faire partie de ses pairs pour la gestion de la res publica, placeraient des bâtons dans les roues de cette vision tshisekediste.

« Plus de peur que de mal, la coalition FCC-CACH se porte bien, malgré les incidents de parcours », indique L’Avenir. Le tabloïd rapporte la réunion organisée par le Gouverneur de la ville province de Kinshasa, Gentiny Ngobila avec les délégués de certains partis politiques concernés par les incidents survenus à Kinshasa. La rencontre qui a été élargie aux autorités de la Police nationale congolaise et autres services de renseignements, a débouché sur la nécessité d’encadrement des militants de tous ces partis politiques par leurs leaders pour que de tels actes ne se reproduisent plus.

À ce sujet, Rfi a repris dans son journal parlé de ce matin, la déclaration des représentants de deux coalitions FCC et CACH : « Nous sommes ensemble », ont-ils indiqué tout en lançant un appel au calme au lendemain des affrontements entre leurs militants.

Dans un autre registre, L’Avenir interroge : « Devenu insupportable, Moïse Katumbi dans les oubliettes ? ». Le journal note que l’exilé du Katanga n’a plus rien à vendre au monde. Il a épuisé toutes ses cartouches de séduction et tout le monde l’a découvert sous son vrai jour, celui de manipulateur le plus exercé de l’histoire congolaise. De l’homme qui, sous des dehors de sainte nitouche, abrite l’un des plus féroces prédateurs économiques et financiers.

Devenu Chef de l’Etat et donc au contact avec plusieurs secrets d’Etat, Tshisekedi fils en a beaucoup appris sur les hommes et les casseroles qu’ils trainent sans que personne ne s’en doute. C’est ainsi que mis au courant de tous les contours du dossier Diomi Ndongala, le nouveau Chef de l’Etat a compris qu’il y avait une part à faire entre la rhétorique politique et le poids accablant des preuves judiciaires.

Autre sujet, Rfi.fr rapporte : « RDC, des violences communautaires en Ituri font des dizaines de morts ». Ce site table sur l’impossibilité d’avoir un bilan officiel. Car dans les différentes localités des territoires de Djugu, les communautés font encore le décompte des corps. L’assemblée provinciale parle de plus de 60 morts. La société civile, elle, évoque près d’une centaine de victimes. Pour l’heure, la seule certitude concerne la violence des tueries. Elles ont commencé lundi, après que quatre commerçants de l’ethnie Lendu ont été assassinés par des membres de la communauté Hema. S’en est suivi un cycle de représailles sanglant, dont personne n’est sûr encore qu’il ait réellement pris fin, et d’énormes déplacements de populations paniquées. L’armée congolaise accuse quant à elle un groupe armé d’être responsable de cette poussée de violence.

                                                   Pour la Coordination
                                              Pitshou MULUMBA