La rupture

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Le gouvernement central, tant attendu, serait fin prêt, à en croire des indiscrétions glanées dans le milieu des négociateurs FCC-CACH à Kempinski Fleuve Congo Hôtel, après l’étape de Mbuela Lodge, à Kisantu, dans le Kongo Central. Mais les Congolais qui aspirent au vrai changement exigent une réelle émancipation de la mouvance présidentielle vis-à-vis des coalisés du camp kabiliste. Six mois après la prise des fonctions par le nouveau chef de l’État, l’équipe gouvernementale n’est pas dévoilée. Du coup, des voix s’élèvent pour réclamer du neuf.

Les prélats catholiques, à travers la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cénco), toujours avant-gardistes pour la défense de l’intérêt du peuple, exigent du président de la République de nouvelles figures à différents portefeuilles ministériels. D’autres Congolais ne veulent voir, ni de près ni de loin, les anciens ministres, collaborateurs de l’ancien régime figurer dans la nouvelle équipe gouvernementale en gestation. Ils ne doivent même pas figurer parmi les conseillers de ces oiseaux rares. Qui existent encore en RDC, en dépit de l’environnement délétère et corrompu dans lequel ils vivent.

Le commun des mortels, agacé par l’enrichissement sans cause des membres du gouvernement, fixe déjà le profil des ministrables. En résumé, chacun doit faire preuve d’amour du prochain et du pays ; de probité morale et avoir le souci de servir et non de se servir. Non pas en singeant les anciens dirigeants du Mouvement populaire de la révolution (MPR), Parti-État sous Mobutu.

Tout ceci n’est qu’un souhait. Et au regard de tractations politiques, qui ressemblent à une messe noire, le peuple congolais risque de déchanter. Il est probable que les mêmes figures reviennent sur la scène politique, les intérêts partisans primant sur tout le reste. Alors, le slogan cher au lider maximo, ‘‘Le peuple d’abord’’, sonnera creux.

Le président de la République est appelé à respecter la mémoire du Sphinx de Limete, le Père de la démocratie congolaise. Celui-ci a consacré sa vie à la défense des intérêts et droits du peuple ainsi qu’à l’avènement d’un État de droit.

En tout état de cause, la rupture passe aussi par le choix d’une nouvelle race d’hommes intègres et entreprenants en vue du décollage de la République.