Le Trésor américain prêt à accompagner la RDC dans la lutte contre le blanchiment des capitaux

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Améliorer la bonne gouvernance dans le pays ; renforcer les mesures concernant la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme et enfin, adapter son cadre légal, c’est le leitmotiv des investisseurs étrangers, bailleurs de fonds et autres institutions financières internationales pour venir en RDC. C’est le cas des Départements d’Etat, du Commerce et du Trésor américain.

Stanislas Ntambwe

La République démocratique du Congo (RDC) devrait faire montre des progrès significatifs dans les domaines de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme ; de la corruption et, par la même occasion, renforcer son cadre légal pour gagner la confiance des investisseurs et soigner son image en matière de bonne gouvernance.

Au cours d’un point de presse qu’elle a tenu, mercredi 03 juillet 2019 à Kinshasa, l’Association congolaise des banques (ACB) a fait le compte rendu d’une mission qu’elle a effectué, du 10 au 12 juin 2019 aux Etats-Unis d’Amérique.

Le président de l’ACB et Directeur général de la Banque commerciale pour le développement du Congo (BCDC), Yves Guypers, a rapporté à la presse l’essentiel de la mission de la délégation de l’ACB au pays de l’oncle Sam. Il a indiqué que la délégation qu’il conduisait aux USA a rencontré les responsables du Département du Commerce, du Département d’Etat et du Trésor américain ainsi que l’équipe de la Citibank en charge des sanctions internationales.

L’objectif de cette récente visite de travail de l’ACB aux USA était, selon Yves Guypers, « d’échanger avec nos interlocuteurs sur la problématique de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme ». Elle prolongeait, a-t-il rappelé, la première mission initiée par l’ACB en 2017. A l’en croire, la démarche de l’ACB a été « unanimement appréciée par tous les interlocuteurs d’autant qu’elle a un caractère exceptionnel ».

Nécessité des réformes pour le développement

« Nos interlocuteurs ont fait état de leur volonté d’accompagner le gouvernement congolais dans la mise en place des réformes qui favorisent le développement de l’État et la bonne gouvernance et apporter à l’ACB une assistance technique adéquate », a affirmé le président de l’ACB. D’après Yves Guypers, les représentants des Départements d’Etat et du Trésor américain ont porté un regard « très optimiste » sur la mise en œuvre des mesures qui favoriseront la prospérité en République démocratique du Congo.

C’est ainsi qu’il a relevé quelques recommandations qui leurs ont été formulées dans le contexte particulier de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme et de la corruption.

Recommandations

De ces recommandations on note entre autres, le renforcement de la fonction compliance au sein des institutions financières ; la mise en place des dispositifs efficaces en matière de sanctions et de lutte contre le blanchiment des capitaux, le financement du terrorisme et contre la corruption ; l’organisation régulière de l’audit des programmes de conformité des banques ; la sensibilisation des autorités congolaises à renforcer le cadre légal et donner aux institutions en charge de la lutte contre le blanchiment des capitaux, le financement du terrorisme et la corruption les moyens de leurs objectifs ; demander à chaque banque de relever le niveau de son dispositif de lutte contre le blanchiment des capitaux ; demander aux institutions financières congolaises de mettre en place un contrôle et un suivi rigoureux des comptes des personnes politiquement exposées.

Toutefois, Yves Guypers a relevé le fait que, l’objectif de leurs interlocuteurs n’était pas d’obtenir le derisking total en RDC, au risque d’accentuer l’isolement du pays et le renforcement de l’opacité des transactions financières. Mais plutôt, de les accompagner dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et financement du terrorisme, par une assistance technique de la formation et l’échange d’expérience.

Par ailleurs, l’ACB entend poursuivre les échanges fructueux avec les autorités nationales et internationales et s’engage résolument à mettre en œuvre les mesures d’amélioration de la lutte contre le blanchiment des capitaux, aux fins de favoriser la bonne gouvernance, la croissance économique et l’inclusion financière.

L’Association congolaise des banques entend également tout mettre en œuvre, en collaboration étroite avec la Banque centrale du Congo (BCC) et la Cellule nationale des renseignement financiers (CENAREF) pour préserver le système financier national.

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