Présidence du Sénat : tempête dans le FCC

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Au forcing, Modeste Bahati (AFDC-A) opposé au choix d’Alexis Thambwe Mwamba

Le choix d’Alexis Thambwe Mwamba, comme candidat du FCC à la présidence du Sénat, ne fait pas l’unanimité dans la famille politique de Joseph Kabila. Deuxième force politique du FCC, l’AFDC-A de Modeste Bahati s’y oppose farouchement. Réunie mardi à Kinshasa, l’AFDC-A a élevé sa voix, optant pour son autorité morale en « qualité de candidat au poste du président du Sénat pour l’intérêt du FCC ». Après la fronde de Henri-Thomas Lokondo à l’Assemblée nationale, le FCC doit maintenant se défaire de l’énigme Bahati qui, confirme son entourage, est prêt à aller jusqu’au bout.

Le Potentiel

Ce n’est pas sans heurts que le FCC (Front commun pour le Congo) héritera du perchoir de deux Chambres du Parlement. A l’Assemblée nationale, le FCC a dû se mesurer à une farouche opposition d’un de ses membres, en l’occurrence Henri-Thomas Lokondo, face au dévolu jeté  par son autorité morale sur Mme Jeanine Mabunda. C’est finalement par une solution aux contours particulièrement politiques que Lokondo a dû s’effacer de la course à la présidence de la Chambre basse du Parlement, laissant le champ à une élection haut la main de Jeanine Mabunda.

L’épisode de l’Assemblée nationale passé, le FCC n’est pas encore au bout de ses peines. Il doit relever un nouveau défi, la gestion des ambitions de ses membres concernant l’élection du bureau définitif du Sénat. Majoritaire à la Chambre haute du Parlement, le FCC est assuré d’en avoir le contrôle. Mais, à qui confier cette lourde mission ; étant entendu que le président est censé succéder en ordre de préséance, au président de la République, en cas d’empêchement définitif ?

Tensions en l’air

Au FCC, la question est d’une telle sensibilité politique que tous les regroupements politiques membres de la famille politique sont sur les dents. D’autant que des sources internes du FCC annoncent le choix a été porté sur Alexis Thambwe Mwamba.

Dans les rangs de l’AFDC-A, ce choix n’a pas été bien accueilli. Si, à l’officiel Alexis Thambwe Mwamba ne s’étiquette pas ouvertement PPRD, on sait néanmoins qu’il en est l’une des personnalités phares. A l’AFDC-A, on considère ce choix comme une nouvelle part belle faite au PPRD qui devrait finalement prendre le contrôle de deux Chambres du Parlement.

Les tensions sont bien visibles. L’AFDC-A a, au terme de la conférence des présidents des partis et personnalités politiques, élargie aux sénateurs, députés nationaux et provinciaux, réaffirmé la candidature  de son autorité morale, Modeste Bahati, à la présidence du Sénat.

Si, de son côté, Alexis Thambwe Mwamba se réjouit du choix porté sur lui, Modeste Bahati Lukwebo semble n’avoir pas dit son dernier mot. Pour l’instant, l’AFDC-A ne se considère pas s’engager en rébellion contre le FCC. Dans sa dernière déclaration politique, l’AFDC-A tente de dissiper tout malentendu, « réaffirmant et réitérant sa loyauté à l’autorité morale, Joseph Kabila, ainsi que son appartenance et son attachement au FCC ». Toutefois, l’AFDC-A ne veut pas se faire rouler, après avoir concédé la présidence de l’Assemblée nationale au PPRD.

Candidat désigné du FCC, Alexis Thambwe Mwamba ne minimise pas la fronde lancée par Modeste Bahati.« Nous sommes en démocratie. Je souhaite bonne chance à l’AFDC. Mais je pense que le FCC, c’est plusieurs regroupements. Je pense que j’ai eu une ovation lorsque le coordonnateur a annoncé que j’étais le candidat désigné par notre autorité morale. J’espère donc que je pourrais gagner cette élection malgré la présence de l’AFDC » si ce regroupement politique « maintient sa candidature », a-t-il déclaré, suivant des propos rapportés par la radio Top Congo FM.

Jusqu’au bout

Autant dire qu’une grande vague souffle sur les fondements du FCC. Il faudrait surtout craindre une nette dispersion autour de la candidature d’Alexis Thambwe Mwamba. Modeste Bahati Lukwebo considère qu’aussi longtemps que Joseph Kabila, autorité morale du FCC, ne se sera pas clairement prononcé sur le sujet, le débat reste encore ouvert. Il se montre déterminé à aller jusqu’au bout. 

Contrairement à Henri-Thomas Lokondo, qui a été débouté à l’Assemblée nationale dans sa tentative de contrer Jeanine Mabunda, Modeste Bahati pense que la jurisprudence Lokondo ne devait pas s’appliquer dans son cas, au motif qu’il a été préalablement investi par sa famille politique, l’AFDC-A.

En tout cas, Modeste Bahati Lukwebo et Alexis Thambwe Mwamba sont prêts à en découdre devant les sénateurs. A moins qu’entre-temps Joseph Kabila ramène de l’ordre dans ses rangs.