Massacres au Kasaï : la longue attente de l’enquête

Partager
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les autorités congolaises ne parlent plus de possibilités d’enquêter sur les violences qui ont eu lieu dans l’espace Kasaï. Alors que le pays a connu un changement de régime à travers des élections du 31 décembre 2018. « Pourquoi ladite enquête tarde-t-elle à s’ouvrir sous le règne de Félix Tshisekedi ?» C’est la grande question qui se pose aujourd’hui.

Depuis que les élections se sont déroulées en République démocratique du Congo, la question relative à l’ouverture d’une enquête indépendante sur les violences au Kasaï semble être placée dans les oubliettes. Alors qu’ils s’agissait des crimes contre l’humanité.

Contacté par Lepotentieloneline.net, le président national de l’Association africaine des droits de l’Homme (ASADHO), Me. Jean Claude Katende, a, relevé la pomme de discorde au niveau du Conseil de sécurité des Nations-Unies. « Le problème se situe au niveau du Conseil de sécurité. C’est-à-dire, les pays « membres » du Conseil sécurité sont divisés. Il y a les pays comme la Chine, la Russie qui ne s’accordent pas avec les États-Unis et d’autres pays pour aboutir à un compromis visant à enquêter sur les massacres commis au Kasaï », a-t-il expliqué.

Ce défenseur des droits de l’homme note ainsi un certain blocage de la part des membres permanents du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations-Unies (Onu) qui, jusque là, ne sont pas tombés d’accord afin d’ouvrir même une enquête sur le meurtre de deux experts onusiens au Kasaï.

« Même au Conseil de sécurité, tout est bloqué pour l’ouverture de l’enquête sur l’assassinant de deux experts de l’Onu. Donc, tout est bloqué, car ils ne parlent pas le même langage », a ajouté Jean Claude Katende.

Eu égard à cette situation, il sied de noter que le nouveau chef de l’État congolais Félix Tshisekedi ne fait pas le forcing auprès de la Communauté internationale afin de l’aider à trouver d’autres mesures « d’urgence » visant à enquêter sur les violences du grand Kasaï, constate-t-on. D’autant plus qu’on sait que de nombreuses ONG internationales et locales accusent le régime sortant d’être auteur des crimes perpétrés au centre du pays.

Composé de 47 États, le Conseil des droits de l’Homme de l’Onu, est fortement aussi divisé sur la question de l’envoi d‘une enquête internationale au Kasaï, en RDC. Le groupe des Africains s’était opposé à l’idée même d’une enquête internationale dans un pays souverain. Ils ont proposé à la place une assistance technique de l’Onu aux enquêteurs de la Justice congolaise. D’où, les États-Unis menaçaient, en son temps, de se retirer du Conseil des droits de l’homme, arguant que là où il y a commission des crimes internationaux et violations massives des droits de l’ l’homme, il n’y a point de souveraineté.

Donc, l’ouverture de ladite enquête tarde à avoir lieu, car les «États-membres » du Conseil de sécurité ne parlent pas le même langage.

Hervé Ntumba

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *