France : Sarkozy-Hollande, l’émulation de l’écriture

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Ils se sont disputés l’Elysée en 2012. Ils sont toujours en compétition… en librairie. Alors que Nicolas Sarkozy publie « Passion » aux Editions de l’Observatoire, François Hollande poursuit sa campagne de dédicaces.

Selon une source bien informée, rue de Rivoli à Paris (1er arrondissement), le rituel est immuable. Après les rendez-vous du matin, à l’issue du déjeuner, François Hollande s’installe à son bureau, déblaie les dossiers et les livres qui trainent ça et là avant de se saisir d’un stylo bille noir. Sur des feuilles de papier blanc, il couche réflexions, souvenirs et autres pensées, de son indéchiffrable écriture en patte de mouche qu’une assistante se chargera bientôt de retranscrire. Compte-t-il publier un nouvel ouvrage, après le succès de ses «  Leçons du pouvoir » (160 000 exemplaires vendus), publiées aux Editions Stock en avril 2018 ? Mystère. Ainsi va la vie des anciens locataires de l’Elysée, jaloux de leurs secrets mais toujours prompts à se livrer après avoir quitté un palais qu’ils avaient tant convoité.

Depuis 2012, Nicolas Sarkozy en est ainsi à son troisième ouvrage. Dernier en date, ses « Passions » -rédigé en toute discrétion- en librairie depuis jeudi 27 juin 2019, où « l’ex » évoque son ascension politique, depuis ses débuts au RPR (Rassemblement pour la République), jusqu’à son arrivée au pouvoir  en 2007. Il connaît l’exercice pour l’avoir déjà pratiqué en 2016, dans un livre-bilan de son quinquennat, « La France pour la vie », chez Plon, qui s’est arraché à 168 000 exemplaires. Alors pourquoi reprendre la plume ? Réponse de son éditrice historique, Muriel Beyer, directrice de l’Observatoire : « Il y a des moments où l’on a envie de se raconter. » Est-il vraiment dénué d’arrière-pensées électorales ? « Tout le monde voit un retour dès qu’il fait un pas », tempère-t-elle, tout en concédant que ses récits ne sont « jamais neutres ».

J’ECRIS DONC JE SUIS…LÀ

Surtout, ils permettent à leurs auteurs de rompre avec le (relatif) silence médiatique auquel leur retraite présidentielle les astreint pour assurer la promotion de leur titre.

Outre les micros et les cameras qui se braquent à nouveau sur eux, ces parutions ont le bon goût  d’être assorties de séances de dédicaces, en librairie, où se ruent des admirateurs et autres lecteurs ravis de côtoyer ces hommes qui ont tricoté l’histoire. « Un shoot d’amour », dirait-on pour paraphraser un proche de François Hollande, qui poursuit sa grande tournée de dédicaces entamée il y a plus d’un an.

De son côté, Nicolas Sarkozy a aussi commencé la séance de dédicaces. C’est souvent ça le mobile du livre. Cela leur permet de rappeler aux Français qu’ils existent : j’écris donc je suis…là.

De jauger aussi leur cote de popularité dans les classements de vente de livres. Qu’ils soient fans, sympathisants ou simples curieux, les lecteurs sont souvent très friands de leurs confessions. Ces récits sont d’autant plus agréables à lire qu’ils croustillent. Certes, ce qui se vend en librairie ne se transforme pas systématiquement dans les urnes, mais c’est un bon indicateur.

Si la majorité de ces récits ont une durée de vie relativement courte, les « Mémoires de guerre » et les « Mémoires d’espoir » du général de Gaulle sont devenus un classique chez Plon. Une version collector (édition pour collectionneur) est même prévue pour la fin de l’année. Signe que, même dans les rayonnages, la statue du commandeur fait toujours de l’ombre à ses successeurs.

Robert Kongo, correspondant en France

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