Halte à une justice instrumentalisée

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59 ans après l’accession du pays à la souveraineté nationale et internationale, la population congolaise n’est pas satisfaite du fonctionnement de l’appareil judiciaire. Pour elle, l’Etat de droit que  prônent les décideurs est un slogan creux.  Censée être indépendante, la justice, soutient la population, est plutôt au service d’une clique de personnes.

Véron K.

 Hier opposant, aujourd’hui à la tête d’une grande nation, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo se dit déterminé à revaloriser l’image du Congolais, surtout en ce qui concerne l’égalité sociale et le respect des droits humains.

C’est pourquoi, s’adressant aux nouveaux gouverneurs et vice-gouverneurs réunis en séminaire avant leur entrée en fonction, il a déclaré : « Je combattrai avec la dernière énergie la corruption, le tribalisme, le népotisme, la concussion, le clientélisme, l’incivisme et j’en passe. Le respect des droits humains et libertés fondamentales sera assuré ».

Dans son message du 30 juin dernier, le président de la République est de nouveau revenu sur la lutte à mener contre la corruption et en faveur de la bonne gouvernance de la justice. « Sans une justice équitable, il est inutile de parler d’un État de droit. La justice élève une nation, dit-on ! Cette parole biblique doit nous inspirer dans notre quête d’une justice juste qui serait rendue par des juges intègres. Je prends l’engagement et réitère, en tant que magistrat suprême, mon vœu de nommer des hommes et femmes intègres afin qu’ils redorent le blason terni de notre justice », a-t-il fait savoir par ailleurs.

À travers cette détermination, le chef de l’État veut redonner l’espoir au peuple congolais, car les antivaleurs qui minent les institutions de la République démocratique du Congo  constituent le premier obstacle à tout effort de développement.

Dans ce constat amer sur le fonctionnement de l’appareil judiciaire, le chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a été pratiquement complété par Mgr Fridolin Ambongo,  Archevêque métropolitain de Kinshasa.

En effet, pour le prélat catholique qui répondait à une question de la radio Vatican,  « on reconnaît un Etat moderne respectable avec une justice qui fonctionne. Or en RDC, c’est la justice qui fait la risée de tout le monde ».

Séparer le bon grain de l’ivraie

Les animateurs de l’appareil judiciaire à tous les niveaux sont-ils conscients des critiques qui sont formulé chaque jour à leur endroit ? Plusieurs observateurs s’interrogent là-dessus étant donné la persistance de la mauvaise foi qui les caractérise dans l’exercice  de leur fonction. Ils continuent à faire la sourde oreille aux mises en garde leur adressées en se permettant parfois à fouler aux pieds les dispositions légales. Dans tout cela, ce sont les faibles qui payent le prix le plus fort.  C’est le règne de la justice à double vitesses.

En rappelant aux territoriaux que  le temps de l’impunité tant décriée est révolu, l’opinion tant nationale qu’internationale s’attend à un choix judicieux des hommes et femmes intègres pour redorer le blason terni de la justice. Et pour réussir ce pari, Félix Tshisekedi devra éviter d’être complaisant. Car, au sein de la magistrature, il y a moyen de dénicher des personnes dévouées pour la cause nationale.

En outre, l’un des vingt piliers sur lesquels s’appuie le nouveau président de la République pour réaliser son programme quinquennal est l’amélioration du climat des affaires et la promotion de l’entreprenariat. Mais, tant que les garanties judiciaires ne seront pas assurées, il sera difficile pour la République d’attirer des investisseurs étrangers. Et même sur le plan interne, les opérateurs économiques continueront à être méfiants.