Bahati : un nouveau leadership pour contrer le FCC

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Modeste Bahati Lukwebo, c’est à la fois un professeur des universités, un homme d’affaires et un homme politique. Il a traversé toutes les époques de la scène politique congolaise. Autorité morale de l’AFDC-A, Modeste Bahati Lukwebo vise le perchoir du Sénat. Aussi n’a-t-il pas hésité à s’opposer ouvertement au choix d’Alexis Thambwe Mwamba, candidat désigné du FCC. Cela lui a valu une suspension à « durée indéterminée », laquelle ne l’a pas empêché de maintenir sa candidature sous les couleurs de l’AFDC-A. Du coup, un nouveau leadership est né pour contrer le FCC. Et c’est Modeste Bahati qui en porte le flambeau.

Le Potentiel

Le Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila prend eaux de toutes parts. A la surprise générale, c’est Modeste Bahati Lukwebo, autorité morale de l’AFDC-A, qui a décidé d’affronter la grande machine du FCC. Tout est parti du choix porté sur Alexis Thambwe Mwamba pour le perchoir du Sénat. A côté de l’ancien Garde des sceaux, il y aura vraisemblablement Evariste Boshab comme candidat premier vice-président de la Chambre haute du Parlement. Les deux sont estampillés PPRD.

Pour l’AFDC-A qui passe pour la deuxième force politique du FCC, l’affront devenait insupportable. En réaction, Modeste Bahati a décidé de franchir le Rubicon, malgré toute la pression exercée sur lui par les principaux regroupements politiques du FCC. Il a maintenu le cap. Sa suspension à durée indéterminée du FCC ne l’a pas non plus ébranlé.

Il n’entend pas renoncer, ni abdiquer. Réunis mercredi en conférence des présidents des partis et personnalités politiques, élargie aux sénateurs, députés nationaux et provinciaux de l’AFDC-A, les partisans de Modeste Bahati ont renouvelé leur attachement à leur autorité morale. Par ailleurs, ce dernier s’est félicité d’avoir repris « son autonomie totale vis-à-vis des institutions de la République, des associations de la Société civile ainsi que d’autres regroupements et partis politiques ». On a donc affaire à un « animal politique » blessé qui est prêt à laver l’opprobre dont le FCC l’a couvert. Jusqu’où ira Bahati ? La question est sur toutes les lèvres.

Un nouveau leadership est né

Au sein du FCC, Modeste Bahati n’était pas un nain politique. Il figurait parmi les têtes pensantes de la plateforme politique créée par Joseph Kabila à la veille des élections générales du 30 décembre 2018. A ce titre, le revirement de Modeste Bahati n’est pas un fait isolé. C’est un acte de haute portée politique qui va certainement bousculer les lignes. Au sein du FCC, des signes de friction sont déjà visibles.

L’un des cadres du FCC, qui a gardé l’anonymat, ne s’en cache pas. « Le revirement de Modeste Bahati est le signe de graves frustrations qui rongent le FCC. Modeste Bahati a juste eu le courage de le dire tout haut. Mais en réalité, nombre d’adhérents du FCC se reconnaissent dans son combat. Il s’agit d’une lutte contre la pensée unique qui tend à élire domicile au sein du FCC. Il était temps qu’on n’y mette fin. Et Bahati en est juste le précurseur ». Notre interlocuteur ne s’arrête pas là : « Ce n’est pas pour rien, dit-il, que la déclaration de suspension de Modeste

Bahati a été lue par un des adhérents de la dernière heure, en l’occurrence Jean-Lucien Bussa, passé dans l’opposition farouche à Joseph Kabila, avant de rejoindre le FCC. C’est un signe qui ne trompe pas.

C’est la preuve qu’au sein du FCC, Bahati ne prêche pas dans le désert ». Fin calculateur politique, Modeste Bahati sait pertinemment bien dans quoi il s’engage. Il en sûrement mesuré les conséquences politiques. Ce qui crée davantage le mystère autour de son revirement.

Il s’ensuit qu’en face du FCC, il y a un nouveau leadership qui se met en place. A côté du CACH, partenaire en « cogestion » du FCC, Bahati a décidé de s’interposer comme une force tampon. Le soutien qu’il vient de recevoir, mercredi à Kinshasa, de ses élus nationaux et provinciaux le réconforte dans sa prise de position. Il est prêt pour le grand combat. Eh tout cas, ce ne sont pas les arguments qui lui manquent.

D’ores et déjà, l’AFDC-A a confirmé l’unité de son regroupement politique. « L’AFDC-A est un et indivisible », a indiqué Bahati, annonçant par la même occasion la restructuration du groupe parlementaire de l’AFDC-A qui sera désormais présidée par la princesse Adèle Kayinda.