Gestion des parkings à Kinshasa : un casse-tête pour l’Hôtel de ville

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 La transformation d’une partie de la chaussée en parking et le stationnement anarchique des véhicules contribuent à créer des embouteillages dans la ville de Kinshasa. L’insuffisance des parkings aménagés par l’État ou les privés est à la base de la naissance des parkings pirates sur les artères principales de la capitale. L’autorité urbaine est appelée à mettre de l’ordre dans ce secteur.

Olivier Dioso

Des propositions de solutions attendues, à court, moyen et long termes, pour mettre définitivement fin aux embouteillages à Kinshasa de la commission tripartite instituée à cet effet, depuis avril 2018, tardent à être concrétisées. Sauf celle relative à la construction des sauts-de-moutons, sur les artères principales, est en train d’être matérialisée. Ironie du sort, avant la fin des travaux, ces ouvrages sont à la base de bouchons monstres que les usagers de la route vivent là où ils en construction.

Parmi ces propositions concrètes présentées par l’ancien ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Henri Mova Sakanyi, visant à résorber cette problématique figurent l’instauration d’une meilleure signalisation pour la régulation de vitesses, l’installation des parkings payants afin de restreindre l’accès au centre-ville pris au piège des embouteillages.

Composée de représentants de la Police de circulation routière (PCR), de l’Association des chauffeurs du Congo (ACCO), une corporation syndicale de ces derniers, et des experts du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, cette commission était chargée d’étudier en profondeur la problématique des embouteillages dans la capitale congolaise. Cela en examinant en profondeur cette problématique et en envisageant un meilleur système de gestion du flux de véhicules.

La chaussée réduite parfois de moitié

Pour ne parler que de parkings, le stationnement des véhicules, surtout au centre-ville dans la commune de Gombe et au niveau de grandes artères dans d’autres municipalités de Kinshasa s’effectue dans un désordre indescriptible organisé. Par manque de parkings créés par l’État ou prévus par les propriétaires des immeubles construits le long des boulevards et autres artères principales, les automobilistes parquent  n’importe comment leurs véhicules. Parfois, en réduisant de moitié la chaussée. Le cas le plus flagrant est celui enregistré sur le boulevard du 30 juin devant l’immeuble de la direction générale de la Régie de distribution d’eau (Regideso) et celui de la Direction générale de migration (DGM).

Dans tous les cas, si la Regideso s’est dotée d’un parking intérieur, celui que créent sur le boulevard ses visiteurs ou ceux de ses locataires est anarchique. Il est à la base des embouteillages qui, si l’on n’y prend garde, peuvent provoquer des accidents de circulation. Il en est de même de la DGM qui a aménagé un petit parking de moins de dix véhicules en envahissant même le trottoir. Et les éléments de police affectés à cet endroit trouvent que la DGM est dans ses droits.

Plusieurs artères sont dans la même situation à travers la ville. Devant les magasins, les supermarchés qui poussent comme des champignons et autres édifices publics et privés, les parkings y sont créés. Et leur ‘‘gestion’’ est ‘‘confiée’’ aux policiers ou aux agents de gardiennage en poste devant ces lieux ainsi qu’aux jeunes désœuvrés. Qui, moyennant, un pourboire, gardent les véhicules afin de les préserver d’un éventuel vol.      

Exploiter les parkings et les rentabiliser

Tout compte fait, l’État peut faire de la gestion des parkings et des espaces publics une source de recettes pour la ville de Kinshasa. Les textes légaux, pour ce faire, existent. Une taxe de stationnement et des parkings est même perçue. Seulement, a déploré la cellule financière et fiscale du ministère provinciale des Finances, de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie, Petites, Moyennes Entreprises et Artisanat (IPMEA),  la première mise en œuvre de cette taxe n’a pas permis à la ville de réaliser des recettes conséquentes. Pourtant, elle devait être l’un des principaux actes générateurs de recettes pour la ville de Kinshasa, selon la même cellule.

Qu’à cela ne tienne, la même source renseigne que cette taxe génère mensuellement 15 000 dollars américains alors que ce montant pourrait facilement atteindre le million. Ce faible résultat est notamment dû à la mauvaise organisation de sa collecte et à la caducité des textes légaux l’instituant, fait-on aussi remarquer.

Il faudrait que l’Hôtel de ville mette en place d’un système efficace de collecte des recettes et aménage des parkings payants modernes en hauteur, comme à l’immeuble Botour et aux galeries présidentielles et en sous-sol à l’instar de celui aménagé à l’hôtel Selton sur l’avenue Colonel Ebeya à Gombe. L’autorité urbaine est invitée à mettre de l’ordre dans ce secteur.