Ebola à Goma: déclaré « urgence sanitaire mondiale », il y a nécessité d’augmenter l’état d’alertes et de surveillance

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Dépêché d’urgence à Goma par l’Exécutif national, vu la pertinence de la question liée à la maladie à virus Ebola dont un cas a été confirmé officiellement dans la capitale du Nord-Kivu, le ministre national en charge de la Santé Publique, le Docteur Oly Ilunga a affirmé à la presse qu’effectivement, cette épidémie est désormais une « urgence sanitaire mondiale ». D’où, la nécessité d’augmenter l’état d’alertes et de surveillance dans cette ville de plus d’un million d’habitants pour limiter le risque de sa propagation.

Melis BOASI, Correspondant à Goma

C’est au lendemain de la déclaration faite par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à Genève (Suisse), que le ministre de la Santé publique en République démocratique du Congo (RDC) a placé son QG à Goma afin d’accompagner l’équipe de riposte dans la sensibilisation déjà en cours.

« La grande information est qu’il y a eu un cas qui était confirmé dont le patient est décédé depuis lundi dernier. Il y a un seul cas jusque-là, à côté de cela, il y a ceux qui ont été en contact direct avec le pasteur décédé, et il y a les contacts des contacts. Nous suivons cette chaine de près pour qu’il n’y ait pas propagation dans la ville et nous appelons les Gomatraciens à une collaboration et à une communication pour réussir ce combat », a précisé le Docteur Oly Ilunga.

Des volontaires de la Croix-Rouge de Beni, du Nord-Kivu et de la RDC se lavent les mains pour se protéger des contaminations éventuelles. Photo : Leskinen, Hanna/ICRC

Nécessité d’un numéro vert et d’un vaccin

Le ministre congolais de la Santé publique confirme qu’il y a désormais un numéro vert mis en place au profit de la population pour communiquer plus rapidement et à l’immédiat avec le Centre de traitement d’Ebola à Goma, sur tout cas suspect dans la ville.

« À part ce numéro vert, il y a également le vaccin mis à la disposition de la population Gomatracienne. Nous allons vacciner par cercle, d’abord ceux qui ont été en contact direct avec le cas signalé, les personnels soignants et ainsi de suite. C’est un seul vaccin qui est efficace à plus de 99%, les études l’ont prouvé », a souligné Oly Ilunga.

Difficultés

Le ministre de la Santé a ensuite fait remarquer que,depuis le début, la grande difficulté est qu’il existe encore des communautés qui croient que Ebola est un sort, une sorcellerie ou business pour les ONGs internationales. Avant d’affirmer qu’ « Ebola existe, le virus existe ». « Les gens doivent aller au-delà des croyances et de l’ignorance. Ce n’est pas un problème spirituel. Pour preuve, celui qui est décédé est un pasteur. Parce que les pasteurs ont tendance à croire, par ignorance, qu’il s’agit d’un sort diabolique. C’est bel et bien une maladie qui se contamine », a martelé Dr Ilunga.

Réagissant pour le compte de la Population Gomatracienne, le Docteur Daddy Saleh, spécialiste en Stratégie de développement dans la ville, signale qu’il y a risque que cela puisse impacter également l’économie de Goma et de la Sous-région. Parce que, suppose-t-il, si aujourd’hui le Rwanda se décidait de fermer sa frontière, beaucoup de congolais vont souffrir sur le plan économique vu les échanges commerciaux qui se font entre Goma et Gisenyi.

« Cela augmente la psychose dans la ville. Il faut savoir que 10% de la population de Goma vit à Gisenyi et vice-versa. Nous félicitons les équipes de riposte, malgré cette faille vécue à Goma. Il ne manque jamais de failles mais il faut renforcer la sensibilisation, c’est d’ailleurs le plus grand point. La sensibilisation de porte à porte permettra de diminuer le risque de la propagation. Ebola existe mais, peut-être ce qui préoccupe la population c’est la politique mise en place pour son éradication. La population demande à l’État de mettre  en place un Plan de prévention pour éviter que cette maladie revienne encore en RDC, puisque ce n’est pas la première fois. Diriger c’est prévenir dit-on », a expliqué Daddy Saleh.

Par ailleurs, le ministre national de la Santé a tenu à rassurer que les frontières ni barrières ne seront pas fermées, pour éviter l’augmentation de la psychose. Il appelle donc tous les Gomatraciens à observer les mesures de prévention et à collaborer parfaitement avec les équipes de riposte en contactant le numéro vert mis en place, en cas du danger et en acceptant également de se vacciner en cas de besoin.