L’Union africaine s’engage à déployer des experts pour répondre à la crise d’Ebola en RDC

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Au cours d’une conférence de presse tenue, vendredi 19 juillet 2019 à Addis-Abeba (Ethiopie), le Directeur des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique), le Dr John Nkengasong a affirmé que l’UA va déployer davantage de membres du Corps volontaire africain de santé (AVoHC), pour soutenir la réponse à l’épidémie de virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC), la deuxième plus grande épidémie de l’histoire d’Ebola depuis sa découverte en 1976.

Stanislas Ntambwe

Dans son allocution, le Dr John Nkengasong a confirmé que l’UA réactivera l’AVoHC et le déploiera, non seulement en RDC, mais également dans d’autres pays de la région. La décision d’augmenter le nombre de volontaires fait suite à la déclaration de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), classant l’épidémie d’Ebola en RDC dans la catégorie des urgences de santé publique d’intérêt international (PHEIC).

« Il s’agit d’une déclaration qui est émise lorsqu’un événement est extraordinaire, grave et susceptible de traverser le pays où il se produit et d’avoir un effet régional ou international sur le plan de la santé publique. Il s’agit d’une déclaration importante parce qu’elle change la manière dont le CDC-Afrique aidera la RDC à faire face à cette épidémie », a déclaré le Dr Nkengasong.

Un soutien indéfectible aux efforts de réponse à Ebola

Africa CDC soutient les efforts de réponse en RDC depuis août 2018 et compte déjà 41 experts déployés sur le terrain, dont certains sont membres de l’AVoHC. « AVoHC est un groupe de volontaires que nous avons déployés efficacement en Afrique de l’Ouest pour répondre à l’épidémie qui s’est produite de 2014 à 2015, ils seront également très utiles dans l’épidémie actuelle », a expliqué le Dr Nkengasong.

L’usage d’un GeneXpert dans un laboratoire mobile de Butembo

Il sied de rappeler que l’équipe de l’AVoHC est constituée de 800 épidémiologistes, anthropologues ainsi que des experts en communication, en laboratoire et en logistique de différents pays africains qui sont prêts à intervenir en cas d’urgence. Nombre d’entre eux ont été formés et sont prêts à être déployés partout sur le continent.

Cependant, l’insécurité et les attaques contre les centres de santé et les prestataires de soins de santé constituent un défi majeur pour les efforts de réponse dans les provinces touchées. C’est ainsi que l’Union africaine s’engage désormais à collaborer avec le système de sécurité des Nations Unies, pour améliorer la sécurité des experts et des installations déployés, afin que les efforts d’intervention puissent se poursuivre sans interruption.

Le Dr Nkengasong a par ailleurs ajouté, qu’à la suite d’une séance d’information à l’intention des dirigeants de la Commission de l’Union africaine, le CDC Afrique engagera également le Conseil de paix et de sécurité de l’UA et le Comité des représentants permanents de l’Union africaine. « Nous travaillerons en étroite collaboration avec le gouvernement de la RDC pour mieux coordonner nos efforts avec d’autres partenaires comme l’OMS », a-t-il renchéri.

Interventions d’AfricaCDC en RDC à ce jour

Parmi les autres plans visant à renforcer l’intervention, on note notamment, l’achat et la fourniture d’équipements, le renforcement des systèmes de surveillance et de laboratoires transfrontaliers, ainsi qu’une nouvelle approche de communication et de sensibilisation aux risques, au niveau communautaire.

Au total 41 experts sont déployés sur le théâtre des opérations ; plus de 800 travailleurs de la santé locaux et bénévoles communautaires sont formés pour le travail de terrain ; un appui est apporté au gouvernement de la RDC, avec 3000 cartouches de laboratoire pour la détection d’Ebola ; six laboratoires entièrement soutenus et gérés par des membres du personnel d’AfricaCDC ont été mis en place ; au moins 469 travailleurs de la santé, guérisseurs traditionnels et enseignants à la prévention et au contrôle des infections ont été formés ; des équipements de protection individuelle ont été fournis dans 13 centres de santé et hôpitaux ; environ 350 personnes ont été formées au contrôle aux points d’entrée, en partenariat avec le Ministère de la Santé, avec un total cumulatif de 770 alertes qui ont fait l’objet d’un suivi et d’un suivi à différents points.