Le plan du FCC pour « déboulonner » Fatshi

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Même s’il fait semblant de garder son calme autour de la coalition qui le lie avec le CACH, le FCC n’a jamais digéré la promesse du chef de l’Etat de déboulonner le système Kabila. En revanche, ce dernier ne se laisse pas conter. Jeannine Mabunda à l’Assemblée nationale et bientôt Alexis Thambwe Mwamba au Sénat, c’est un plan qui vise à déboulonner Félix Tshisekedi à tout moment.

Le Potentiel

Le FCC et le CACH sont jusqu’à ce jour partenaires à la cogestion de la res publica. Pour le moment, le deal conclu entre les parties fonctionne bon an mal an, malgré moult incidents de parcours. Et non des moindres. Le tout dernier en date est cette escalade verbale entre les jeunes de l’UDPS et du PPRD. Il ne manquait que de peu pour que les vagues soulevées emportent les digues de la coalition FCC – CACH.
Sous couvert de leurs militants respectifs, l’UDPS, représentant le CACH, et le PPRD, agissant au nom et pour le compte du FCC, se sont lancé dans des déclarations d’une violence extrême. C’est en toute dernière minute que la tempête a été calmée par une décision de la police interdisant toute manifestation politique, particulièrement, dans la capitale jusqu’à nouvel ordre. L’on est passé à côté d’une confrontation.

Malgré le passage en douce de l’ouragan, les fissures sont restées intactes. D’ici à 2023, tout peut donc arriver. Dans un sens comme dans un autre.

Un partenaire imprévisible

Le deal FCC – CACH ne tient qu’à la volonté de leurs leaders : Joseph Kabila d’un côté, et Félix Tshisekedi, de l’autre. Quant à leur base, un grand fossé les sépare. Et c’est peut-être de cette base, aux antipodes, que viendra le cataclysme ; cet ouragan qui finira par emporter la coalition. Les uns et les autres en sont bien conscients.

Avec une majorité confortable au Parlement, le FCC ne se sent pas totalement à l’abri. Le grand retard dans la formation du gouvernement a fini par convaincre les ténors du FCC à travailler sur un autre schéma. Celui-ci est censé le sécuriser davantage tout en les mettant à l’abri du Cach, en cas d’un éventuel revirement. C’est depuis le Parlement que tout s’organise.

Le premier acte a été posé à l’Assemblée nationale où le FCC – pour dire vrai le PPRD – a réussi à imposer Jeannine Mabunda au perchoir. Sans compter les quatre autres membres du FCC alignés, respectivement comme 2ème vice-président, rapporteur, questeur et questeur adjoint du bureau de l’Assemblée nationale. Avec cet avantage numérique considérable au bureau de l’Assemblée nationale, contre le seul poste de 1er vice-président confié au CACH, le FCC est assuré de peser dans les actions de grand envergure à mener à l’hémicycle.

De mieux en mieux, le FCC tient à rééditer le même exploit au Sénat. A la manœuvre, il y a bien évidemment le PPRD qui a pris les commandes. Comme toujours d’ailleurs. Le ticket aligné par le FCC à l’élection du bureau définitif du Sénat est conçu avec un objectif politique bien précis.

Présenté comme une personnalité indépendante du FCC, Alexis Thambwe Mwamba est compté parmi les éminences grises du PPRD. Il est à la tête d’une colonne qui incarne la ligne dure du Pprd, en l’occurrence Evariste Boshab, comme 1ère vice-président. Le Pprd a également pris le soin de placer un de ses pions comme rapporteur du Sénat. Pas de poste réservé pour Cach, pourtant partenaire à la coalition. En lieu et place, le FCC a plutôt fait les yeux doux à l’opposition en lui réservant le seul poste de rapporteur adjoint. C’est dire qu’au Sénat, en termes de rapport de force, le PPRD, agissant sous le couvert du FCC, sera le maître du jeu.

Que retenir du jeu qui se joue au Parlement ? A première vue, on se rend bien compte que le PPRD sera le grand gagnant du partage des responsabilités dans les deux Chambres du Parlement. Lorsqu’on connait le degré d’inféodation du FCC au PPRD, on peut déjà imaginer le scenario auquel on aura droit au Parlement.

Une alliance basée sur l’hypocrisie
En réalité, tout est mis en place pour tenir en haleine le chef de l’Etat. Le FCC n’a jamais oublié sa promesse de « déboulonner » le système Kabila. Ainsi, avant que Félix Tshisekedi ne lance sa machine de déboulonnage, le FCC aménage l’espace politique pour le contrer à tout moment, étant conscient désormais que le chef de l’Etat représente un réel danger pour la survie politique de Joseph Kabila ou du PPRD (c’est selon ). Le FCC a déjà tranché sur ce schéma. Pour le moment, il s’attèle plutôt à sa mise en œuvre. Le premier acte a été déjà scellé à l’Assemblée nationale.

Le prochain scenario se joue au Sénat, autour du ticket que propose le FCC au bureau définitif. En effet, le FCC a confié une mission, bien précise à ses délégués au bureau de deux Chambres du Parlement. Le peuple congolais représente, à leurs yeux, cette pelouse synthétique sur laquelle se joue le derby. Ce qui importe, c’est pérenniser le système Kabila en garantissant l’hégémonie politique du FCC sur la scène politique. Au finish, Joseph Kabila, sera rendu incontournable dans la gestion du pays.

A tout prendre, il y a un piège qui se prépare contre le chef de l’Etat. En investissant les bureaux de deux Chambres du Parlement, le FCC/PPRD ne voudrait pas faire les choses à moitié. Il faut dès lors craindre que la promesse de déboulonnage ne se retourne un jour contre le chef de l’Etat. En tout cas, le FCC a mis le paquet en jeu. Son invasion du Parlement en est une belle illustration.

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