Bureau définitif du Sénat : jour J-1

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Au perchoir, le sprint final se joue entre Alexis Thambwe et Modeste Bahati.

Dans 24 heures l’on connaitra le successeur de Léon Kengo wa Dondo au perchoir du Sénat. Le challenge se joue entre l’AFDC-A Bahati Lukwebo et le FCC Thambwe Mwamba. Selon les sondages à la clôture de la campagne électorale au palais du peuple, les deux candidats seraient au coude à coude ; bref, un sprint serré est attendu ce samedi. Toutefois, quelle qu’en soit l’issue, l’élection du bureau définitif du Sénat aura laissé de profondes fissures au sein du FCC où une requalification s’impose désormais.

Le Potentiel

Ce samedi, la chambre haute du Parlement aura son bureau définitif. Au perchoir, le sprint final se joue entre Alexis Thambwe Mwamba, candidat désigné du FCC, et Modeste Bahati Lukwebo, candidat de l’AFDC-A, une dissidence du FCC.
Le FCC, qui a tenté par tous les moyens de disqualifier Bahati – bien avant le scrutin de ce samedi 27 juillet – n’est pas arrivé à réaliser son coup fourré. Si bien qu’au finish, son candidat, Thambwe Mwamba, devra se mesurer devant les urnes avec Bahati Lukwebo. À la clôture, hier jeudi au Palais du peuple, de la campagne électorale pour l’élection du bureau définitif du Sénat, les deux candidats au perchoir étaient presque au coude-à-coude, avec un léger avantage de Bahati qui a, apparemment,  la faveur des sénateurs. Frondeur du FCC avec son regroupement politique l’AFDC-A, Modeste Bahati a sensiblement bousculé les lignes de la plateforme politique de Joseph Kabila.

Le FCC qui a cru refaire le coup de Lokondo à l’Assemblée nationale en disqualifiant Bahati par une motion incidentielle, s’est finalement buté à une montagne qu’il n’a pas pu dompter. Ainsi, ce samedi 27 juillet, on aura droit à un sprint final entre Bahati et Thambwe pour la succession de Léon Kengo wa Dondo.

En réalité, ce sont deux écoles qui s’affrontent. D’un côté, il y a Alexis Thambwe Mwamba qui incarne l’école de la loyauté et de la soumission absolue à l’autorité morale du FCC, en l’occurrence Joseph Kabila. De l’autre, il y a Modeste Bahati Lukwebo, qui incarne ce courant modéré du FCC mais surtout du refus de la soumission aveugle. Au fond, c’est aussi le reflet de cette minorité silencieuse du FCC qui subit et continue à subir toutes les humiliations et frustrations sans jamais broncher. Quid ?

La candidature de Bahati à la présidence du Sénat est celle de la révolte d’une frange du FCC qui attend s’affranchir du diktat du PPRD. C’est aussi ce champ de cygne qui annonce de profondes mutations au sein du FCC.

Il est dès lors évident qu’après l’épreuve du Sénat, les rapports de force au sein du FCC ne seront plus les mêmes. La ligne politique du FCC devrait en prendre un coup. Pour le FCC, il s’agit d’éviter à ce que d’autres regroupements ne soient emportés par le courant créé par Bahati.

Des lignes vont bouger dans le FCC
Quoi qu’il en soit, la révolte de Bahati, largement appuyée par son regroupement politique, l’AFDC-A, a démontré le côté négatif de la primauté de la pensée unique dans la gestion des ambitions au sein du FCC. Toutes les décisions de la plateforme relevaient du pouvoir discrétionnaire de son autorité morale, Joseph Kabila. Celui-ci s’appuierait sur un groupe restreint de proches collaborateurs se recrutant autour de Néhémie Mwilanya, coordonnateur du FCC. Au-delà de Joseph Kabila, et de Néhémie Mwilanya, personne au sein du FCC ne participe à de grandes décisions politiques. Aussi des voix s’élèvent-elles pour inverser cette tendance.
Bahati a ouvert une brèche dans laquelle tous tentent de s’engouffrer. Au-delà de l’élection du bureau définitif du Sénat, c’est aussi l’avenir du FCC qui est en jeu.