Goma : sept membres d’une même famille périssent dans un incendie à Majengo

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C’est aux environs de 4heures du matin de ce jeudi 1 août, qu’une famille de Goma a été surprise par un incendie mortel dont l’origine reste à élucider, d’après les premières enquêtes. Sept personnes, dont quatre hommes et trois femmes d’un même ménage, ont succombé sous les flammes de l’incendie, en dépit de toutes les tentatives d’intervention des voisins pour éteindre le feu.

Melis BOASI, Correspondant à Goma

En arrivant sur le lieu du sinistre, l’on constate vite une scène de désolation et un climat de tristesse qui anime les voisins et autres membres proches  de famille des victimes. Que des traces de feu, des morceaux de bois et des corps calcinés qu’on pouvait voir sur le lieu.

Les témoignages recueillis sur place font état d’un incendie qui serait causé par une surtension de l’énergie électrique, une cause non approuvée par tous ceux qui ont vécu la scène. D’autres sources parlent d’un coup monté par des inciviques pour faire disparaître cette famille.

Interrogé, Miche Baguma, voisin direct des victimes, soutient la thèse d’une mauvaise gestion de l’énergie de la Société nationale d’électricité (Snel) qui serait la cause principale de cet incendie mortel.

« Avant 4 heures du matin, il y a eu de coups de feu dans le Quartier Majengo et vers 4 heures, chez mon voisin direct qui est décédé avec sa famille. J’entendais des gens qui criaient. Nous croyions au départ qu’ils étaient peut-être attaqués par des bandits mais, quelques minutes plus tard, nous avons vu les flammes et avons compris que c’était un incendie », a témoigné Miche Baguma.

Il ajoute que, « Je pense à 80% que la cause est le courant électrique de la Snel. Puisque ces jours-ci, il y a des coupures intempestives du courant électrique chaque nuit. Et si cela s’avérait vrai, il faudrait que la Snel nous donne un horaire fixe de délestage. Il n’est pas normal qu’en pleine nuit, lorsque les gens dorment, que du courant électrique nous soit envoyé. Ce n’est pas normal », a-t-il fait savoir, en attendant les résultats de l’enquête.

Toute une famille partie en fumée

Seul le fils aîné du défunt père, ainsi que son cousin qui vivaient dans l’annexe de la parcelle ont eu la vie sauve.

Sur la photo, les gens émotionnés contemplent les dégâts de l’incendie

« Lorsque nous avions entendu des cris dans la grande maison, mon frère et moi, étions réveillés pour comprendre ce qui se passait. Nous n’avons pas pu ouvrir les 2 portes de la maison parce qu’il y avait une forte intensité des flammes devant la porte de devant et de derrière de la maison. C’est ce qui nous semble étrange. Si vraiment la cause c’était le courant électrique de la Snel, il ne devrait pas y avoir les flammes au même moment devant les 2 portes de la maison. La piste criminelle ne peut pas être écartée ». indique le fils aîné de la famille.

En outre, le Chef du quartier Majengo, Habawezi Maliro Germain, déplore la lenteur du service de la protection civile. « Aussitôt alerté, nous avons appelé le camion anti-incendie de la Protection civile mais, sans succès. La réponse était que le véhicule anti-incendie de la Protection civile se trouvait en panne. Goma connait encore ces problèmes de la disponibilité des véhicules anti-incendie. C’est un problème à résoudre parce-que les cas d’incendie à Goma reste récurrents surtout avec des maisons qui sont construites pour la plupart en bois » a-t-il déploré.

Le député provincial de Goma, Adrien Syasemba Kambale qui était arrivé sur le lieu du drame, a promis de plaider auprès des autorités compétentes pour assister la famille touchée. En fin d’après-midi de ce jeudi 1 août,  la Mairie de Goma a organisé les inhumations de ces 7 personnes décédées et a promis d’accompagner moralement et matériellement les autres membres de famille.

Selon les informations recueillies sur place, le père de la famille décédé était chef de travaux à l’Institut supérieur pédagogique de Goma et chef de pool secondaire dans le Territoire de Masisi. Tandis que, son épouse enseignait à l’Institut Saint-Marc de Goma.