Nord-Kivu : les pygmées plaident pour leur participation dans la gestion de la chose publique

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Le monde entier célèbre, le 9 août de chaque année, la Journée internationale des peuples autochtones pour valoriser les peuples autochtones dont la population mondiale est estimée à 5℅. Selon l’Onu, cette race humaine constitue aujourd’hui 15% des individus les plus marginalisés de la planète. Pour l’année 2019, les pygmées de la province du Nord-Kivu, en République démocratique du Congo (RDC), se sont réunis à Goma pour discuter autour de la Thématique : « Les langues autochtones ».

Melis BOASI, Correspondant à Goma

La reconnaissance et la protection des droits fondamentaux des peuples autochtones constituent le cheval de bataille poursuivi lors de la célébration de ces journées chaque année depuis 1994.

Prenant la parole pour le compte du Programme intégré pour le développement du Peuple pygmée au Kivu, Diel Mochere Mwenge, signale que, le 9 août 2019 est une occasion pour tous les pygmées du Nord-Kivu d’évaluer leur situation sociale et leur participation dans la gestion de la chose publique et la préservation des langues autochtones. 

« Cela fait 25 ans depuis que cette journée est instaurée par l’Assemblée générale des Nations Unies. Aujourd’hui, nous voulons qu’un pygmée soit valorisé au Nord-Kivu et partout en RDC. Ce que nous voulons de concret c’est l’amélioration réelle des conditions des pygmées, la participation des pygmées dans la gestion de la chose publique et la préservation de nos langues d’origine », insiste Diel Mochere.

Depuis des décennies, les peuples autochtones demandent la reconnaissance de leur identité, de leur mode de vie, de leurs terres, territoires et ressources naturelles. Cependant, ils sont victimes de discriminations et autres injustices. D’après les Nations Unies, la disparition des langues autochtones des pygmées risquerait de les écarter du reste de monde car, cela constitue leur moyen efficace de communication.

Selon certaines études des Nations Unies, toutes les deux semaines, une langue autochtone disparaît et cela met en péril les cultures et les systèmes de connaissances correspondant à ces langues autochtones d’où la nécessité urgente de préserver ces langues autochtones, les revitaliser, les promouvoir au niveau national et international, ce qui conduira à la protection des origines.

Photo de famille entre pygmées et les autorités présentes à la cérémonie. Photo/Melis

Renforcement du cadre légal

Diel Mochire Mwenge, a profité aussi de la présence des autorités provinciales qui se sont jointes aux pygmées pour célébrer cette journée pour plaider, qu’au moins un pygmée devrait être nommé dans le prochain  gouvernement provincial du Nord-Kivu.

« Comme le tout nouveau Gouvernement de la province n’est pas encore nommé, nous réitérons notre demande aux autorités présentes ici, de faire un plaidoyer auprès du gouverneur de province, Carly Nzanzu Kasivita afin que ce dernier pense à nommer un pygmée, parmi les 10 prochains ministres provinciaux. Ça va enchanter nos attentes et ça va honorer les peuples autochtones vivant dans tous les territoires du Nord-Kivu. Le fait de ne pas être cadre des partis politiques ne peut pas nous exclure de la participation au Gouvernement », renchérit Diel Mochire.

Présente à la manifestation du Jour, Maitre Jolie Feza Binti Mutia,  ministre provincial de l’Administration de la Justice, Droits humains et Réinsertion Communautaire du Nord-Kivu, a rassuré aux pygmées de la province que le Projet d’édit portant promotion et protection des droits des peuples autochtones sera bientôt sujet du débat à l’Assemblée Provinciale du Nord-Kivu afin d’être adopté par les députés provinciaux et ensuite promulgué par le Gouverneur de province.

Elle ajoute que ce cadre légal sera « un moyen de renforcer le respect légal des peuples autochtones pygmées, en province du Nord-Kivu. Jolie Feza rassure aux pygmées d’en faire un suivi minutieux pour sa stricte application.

Par ailleurs, cette journée a connu également la présence des acteurs de la société civile, des autorités coutumières et des chercheurs.

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