Gratuité de l’enseignement de base : Willy Bakonga sème la confusion

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Promesse de campagne du chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, réitérée à la prise de ses fonctions, la gratuité de l’enseignement de base est devenue effective après sept ans de tergiversations des gouvernements successifs.

Conformément à l’article 43 de la Constitution qui consacre la gratuité de l’enseignement de base et à l’une des recommandations de la 2è table ronde organisée avant la rentrée scolaire 2019-2020, les élèves du niveau primaire, de la 1ère à la 6ème année, ainsi que ceux des classes de 7è et 8ème années, fréquentant les écoles publiques et conventionnées sont exemptés du paiement de la prise en charge des enseignants et autres.

L’Etat congolais ayant, cette fois-ci, pris l’engagement de prendre en charge totalement ces frais, a décidé ce qui suit : la suppression de la prise en charge des enseignants par les parents d’élèves, l’allocation d’une subvention aux établissements scolaires et le remboursement des frais payés par les parents à titre d’acompte.

De l’huile au feu

Alors que le train de la gratuité de l’enseignement de base quittait allègrement la gare, l’opinion a été surprise, le week-end dernier, par la déclaration intempestive du ministre de l’Enseignement primaire, secondaire, technique (EPST), Willy Bakonga.

Les propos du ministre ont eu l’avantage de jeter l’émoi parmi les parents d’élèves, agitant au passage un secteur chargé d’émotions et de susceptibilités depuis le début de l’année scolaire. Bien que citant l’article susmentionné de la Constitution, le ministre d’Etat a estimé que la gratuité de l’enseignement de base ne concerne pas les classes des 7è et 8ème années, demandant au passage aux chefs d’établissements de ces niveaux scolaires de ne plus rembourser les frais perçus.

Les parents se disent surpris par ces propos du ministre. Pendant que l’Etat congolais cherche à relever le niveau de l’éducation, le ministre d’Etat en charge de l’éducation se pose en travers de la volonté politique du chef de l’Etat et donne l’impression de se constituer en frein l’élan du chef de l’Etat qui semble être déterminé à redonner à ce secteur ses lettres de noblesse.

Le Syeco monte au créneau

En réaction à cette déclaration, le Syndicat des enseignants du Congo (Syeco), à travers sa secrétaire générale, Cécile Tshiyombo, a immédiatement invité le ministre de l’EPST au respect des dispositions constitutionnelles et des recommandations de la table ronde ; à laquelle ont également participé les partenaires de l’éducation, y compris lui-même en sa qualité de promoteur d’école privée. Willy Bakonga doit clarifier son propos qui sème la confusion dans les esprits et qui entre en contradiction avec la volonté du chef de l’Etat et du gouvernement dont il est membre.

D’autant plus que le premier conseil des ministres, présidé par Félix Tshisekedi avant son voyage pour la Belgique, a même évoqué le problème relatif à la gratuité de l’enseignement de base sans s’écarter des recommandations faites lors de la table ronde. Autrement, son rapport sur la visite qu’il vient d’effectuer dans certaines écoles de la capitale en début de semaine pour se rendre compte de l’effectivité de la gratuité de l’enseignement de base risque d’être tronqué.