Les 5 pistes pour diversifier l’économie congolaise à court terme

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Le gouvernement Ilunga Ilunkamba doit s’inscrire dans la diversification de l’économie nationale qui est dépendante du secteur extractif. Il n’y a pas de choix si on veut créer suffisamment de richesses afin d’améliorer les conditions de vie des populations congolaises.

Amédée Mwarabu

Le modèle économique de la RDC est resté extraverti, comme du temps de la colonisation. Les ressources minières sont extraites et exportées à l’état brut sur le marché international. « La RDC produit ce qu’elle ne consomme pas et consomme ce qu’elle ne produit pas ». La conséquence est que le pays se retrouve aujourd’hui en queue de tous les palmarès de développement.

Logiquement, il faut revoir le modèle économique de la RDC pour diversifier son économie. Le secteur extractif contribue à 38% aux recettes du budget national. Longtemps considéré comme un pays à vocation minière, au regard de ses potentialités dans le sol et le sous-sol, la RDC est avant tout une puissance agricole. Elle a tous les atouts pour être une puissance agricole : territoire étendu sur 2 345 000 km2 (le 11e pays le plus grand du monde) avec 88 millions d’hectares de terres arables, une grande population (80 millions d’habitants) et qui constitue un marché potentiel pour écouler les produits agricoles, un cycle hydrographique régulier qui permet même de produire sur toute l’année.

La diversification de l’économie congolaise passerait par l’exploitation d’autres potentialités que regorge le pays en créant de la valeur ajoutée aux activités minières en cours d’exploitation. Ainsi, 5 pistes parmi tant d’autres se présentent comme une panacée à la diversification de l’économie congolaise à court terme.

Ces pistes sont à la portée de la RDC, même à court terme, c’est-à-dire que ce sont des choix économiques que les dirigeants actuels peuvent faire au cours de cette mandature. Il s’agit de la mécanisation et l’industrialisation de l’agriculture. L’agriculture reste archaïque en RDC. Le paysan congolais est resté moyenâgeux avec sa houe, sa machette et sa hache. Il faut d’abord mécaniser l’agriculture en adoptant les méthodes culturales modernes de manière à augmenter le rendement. Et ensuite, l’industrialiser par la transformation localement des produits agricoles.

Des investissements massifs dans ce segment permettraient non seulement d’atteindre la sécurité alimentaire et d’exporter une bonne partie de la production, mais aussi créer des millions d’emplois afin de résorber le chômage.

L’industrialisation de la pêche. La RDC est le pays le mieux doté en ressources en eau sur le continent.

Plusieurs rivières, lacs et un long fleuve baignent le pays. Bien plus, la RDC a une ouverture sur l’océan qui lui offre la possibilité de pratiquer aussi la pêche industrielle dans les eaux territoriales. Mais, la pêche reste artisanale à travers le pays. Depuis que les établissements «Katebe Katoto» ont mis fin à la pêche industrielle dans le Katanga, l’essentiel des poissons consommés en RDC est importé. L’industrialisation de la pêche aura l’avantage non seulement de créer des emplois durables dans le secteur, mais aussi de contribuer à une bonne alimentation des Congolais.

L’agroforesterie. La RDC regorge 145 millions d’hectares des forêts. Avec ces potentialités, le pays peut exploiter durablement jusqu’à 10 millions m3 de grumes chaque année. Aujourd’hui, la RDC exporte essentiellement des grumes sans y apporter une quelconque transformation. Une agroforesterie permettrait au pays de créer de la valeur ajoutée dans le secteur et, donc, générer des revenus supplémentaires.

La transformation des minerais localement. En étant un simple exportateur des minerais, la RDC serait condamnée à ne jamais tirer son épingle du jeu dans l’exploitation minière. Il faut nécessairement créer des opportunités pour promouvoir la transformation sur place des minerais ; ne serait-ce qu’une transformation légère.

La RDC exporte des lingots de cuivre pour importer le fil électrique ! Ce n’est pas normal. Le seul préalable pour imposer aux miniers la transformation à un certain niveau de leurs produits reste la fourniture de l’énergie électrique nécessaire.

Le tourisme. C’est un segment qui reste embryonnaire en RDC. Il y a moyen de développer un tourisme local des nationaux en attendant de réunir tous les moyens nécessaires à promouvoir le tourisme des étrangers. De plus en plus des Congolais ont un pouvoir d’achat élevé. Ce qui peut permettre de voyage d’une province à une autre.

Certes, il y a des provinces où l’insécurité ne permet pas cette activité, mais la partie Ouest du pays est propice au développement d’un tourisme local des nationaux. Et des randonnées sur le fleuve Congo, notamment de Kinshasa à la Province Orientale, est une vraie opportunité touristique qui n’est pas exploitée par des professionnels.