Et si Félix Tshisekedi lui servait de passerelle, Kabila de retour avant ou en 2023

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Conclu entre les élections du 30 décembre 2018 et la publication des résultats de la présidentielle le 9 janvier 2019, la coalition FCC – CACH est à l’épreuve des faits. Les négociations interminables- soit sept mois – qui ont entouré la formation du gouvernement servent d’illustration. Sénateur à vie, en vertu de la Constitution, Joseph Kabila, autorité morale du FCC, n’a jamais renoncé à son projet de revenir au pouvoir. Majoritaire au Parlement, Kabila sait qu’il a encore une carte à jouer. Les premiers ratés du mandat de Félix Tshisekedi pourraient, en effet, lui servir d’argument pour actionner cette machine. Au FCC, une équipe restreinte travaille déjà sur ce projet. Revenir avant ou en 2023 est l’objectif que s’est fixé ce groupe d’experts du FCC.

Le Potentiel

En cédant, le 24 janvier 2019, le pouvoir à Félix Tshisekedi, Joseph Kabila avait pris le soin de verrouiller le Parlement et les principales assemblées provinciales, pour avoir les chances de rebondir au bon moment.  Certes, Félix Tshisekedi est le président de la RDC, mais Joseph Kabila garde une mainmise sur la marche de l’État.

Réconforté par sa majorité dans les deux chambres du Parlement, plus particulièrement à l’Assemblée nationale, Joseph Kabila a pesé de tout son poids dans la nomination du Premier ministre. De même, l’autorité morale du FCC a eu un mot à dire – et pas le moindre – dans la composition du gouvernement. Félix Tshisekedi et Joseph Kabila sont d’une certaine manière unis par le sort : celui qui a fait que Félix Tshisekedi trône à la présidence de la République tout en laissant à Kabila le contrôle du cœur du pouvoir, c’est-à-dire le Parlement.

Les premiers mois de Félix Tshisekedi au pouvoir sont révélateurs du grand malaise qui pourrait s’abattre à tout moment au sein de la coalition FCC – CACH. À moins d’être frappé de cécité politique, il y a un vent violent qui souffle dans cette coalition. Il faut craindre que les digues ne cèdent à tout moment.

 En réalité, les ratés que le chef de l’État aligne depuis son entrée au pouvoir pourraient bien servir d’arguments au FCC de Joseph Kabila. Depuis lors, une équipe d’experts recrutés autour de Joseph Kabila travaille sur ce sujet. Leur objectif est connu : préparer le retour de Joseph Kabila aux affaires. Et, la petite mouche, ils savent où la trouver. L’affaire de 15 millions Usd soustraits frauduleusement du Trésor public et bien d’autres sont autant d’arguments que cette équipe pourrait bien lancer sur la place publique pour fragiliser davantage le président Félix Tshisekedi.

Que fait entre-temps le CACH, la coalition qui a porté Félix Tshisekedi au pouvoir ? Pas grand chose. Autour de Félix Tshisekedi, c’est encore la foire – chaque collaborateur cherchant à se servir de sa position pour se faire un peu d’argent. Pendant ce temps, au FCC, la machine de la reconquête du pouvoir est déjà en marche.

Au-delà de l’affaire de 15 millions Usd disparus on ne sait de quelle manière dans les circuits des pétroliers distributeurs, Félix Tshisekedi est encore loin de s’en tirer. Dans un entretien diffusé dimanche sur les antennes de TV 5 Monde, le chef de l’État s’et encore tiré une balle dans les pieds.

Les ratés de Fatshi scrutés à la loupe au FCC

Qu’importe les termes sur lesquels s’est rabattu le chef de l’État, une chose est vraie : 15 millions Usd ont pris une destination autre que le Trésor public. Les coupables sont connus. Même s’ils ne sont pas cités nommément dans le rapport de l’Inspection générale des finances, les fonctions qu’ils assument dans l’échelle du pouvoir sont connues. On sait dès lors les identifier sans difficulté.

Voilà une affaire qui sera déterminante pour la survie du pouvoir de Félix Tshisekedi. Au FCC, on se frotte déjà les mains. Dans l’entourage de Joseph Kabila, chaque raté de Félix Tshisekedi le rapproche davantage du pouvoir et prépare le lit au grand come back de son autorité morale, Joseph Kabila.

Pour l’instant, le verrou, c’est évidement ce titre honorifique de « sénateur à vie » qui pourrait à tout moment écarter Joseph Kabila d’un probable retour aux affaires. Au FCC, on y réfléchit déjà. On n’écarte pas, cependant, l’hypothèse de faire sauter ce verrou. Le Parlement pourrait d’ailleurs être mis à profit à cette fin.

C’est dire que le FCC est en train de quadriller Félix Tshisekedi. Ce n’est donc pas de bon cœur que le FCC s’est lié au candidat de l’UDPS. Le FCC n’a jamais digéré sa perte de pouvoir d’État depuis janvier 2019. Il planifie son grand retour.

En réalité, notent nombre d’experts, Joseph Kabila s’était servi de Félix Tshisekedi pour calmer la tempête qui a précédé les élections de décembre 2018. L’accalmie ayant gagné les rangs, le FCC chercherait maintenant à reconquérir « son » pouvoir. De quelle manière ? On n’en sait pas grand-chose.

Toujours est-il qu’une contre-offensive généralisée est en gestation au sein du FCC. Félix Tshisekedi est la cible idéale. Dans les prochains jours, la famille politique de Joseph Kabila va multiplier des révélations – celle de 15 millions Usd en est une – se servant de la moindre maladresse du chef de l’État, jusqu’à réunir le plus d’arguments possibles pour amorcer une procédure de destitution au Parlement. Il y a risque que l’édifice FCC – CACH ne s’effondre comme un château des cartes. Sa survie dépend de la dextérité dont fera preuve le chef de l’État.

3 thoughts on “Et si Félix Tshisekedi lui servait de passerelle, Kabila de retour avant ou en 2023

  1. Il n’est pas interdit de rêver. Mais penser que KABILA peut revenir au pouvoir c’est insulter le peuple congolais qui trouvera une opportunité de se lancer à l’assaut des monstres qui ont détruit ce grand pays. Les Nehemie, Boshab, Mende, Minaku… ont intérêt à s’amender car, à la moindre tentative de saboter le mandat du PR Félix Tshisekedi, le peuple ne les loupera pas.

  2. Tout parti politique a l’ambition de prendre un jour le pouvoir pour réaliser son projet de société. Nous ne pouvons donc pas ignorer un retour éventuel de Kabila au pouvoir. Par contre, les réalisations du long passage de ce dernier à la tête du pays ont laissé un goût très amer sur les lèvres des Congolais. Un tel retour signifierait l’apocalypse pour notre population qui est tellement appauvrie par tant d’années de spoliation, d’arbitraire et d’inconscience politique, sans espoir de voir ses conditions de travail et de vie s’améliorer. C’est aux autres partis de sensibiliser chaque jour la population sur ses droits et obligations et de ne pas attendre seulement la campagne électorale pour faire valoir la cause du peuple souverain. Ne comptons pas sur les nombreux partis-tiroirs qui amusent la galerie.

  3. A vous lire, c’est déjà cuit pour Félix. Y’en a aussi qui pense que Vital a fait son coup express pour couler son « ami » Nombreux pensent que Fatshi n’était pas préparé à être Président. Mais personne n’imagine encore la réaction du peuple. D’avance, Kabila, personne n’en veut au sein de la population.

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