Gratuité de l’éducation de base : Félix Tshisekedi contraint de rectifier les tirs pour stopper la grogne

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C’est désormais la confusion qui règne au sein des écoles publiques. Les unes sont allées en grève dès la deuxième semaine de la rentrée scolaire. Les autres observent un arrêt de travail cette semaine pendant que d’autres encore viennent de lever leur arrêt de travail. Entre-temps, il y a des écoles publiques qui continuent de fonctionner normalement à Kinshasa et en provinces. Autant dire que le président de la République doit clarifier son programme sur la gratuité de l’enseignement de base.

Amédée Mwarabu

La gratuité de l’enseignement de base dans les écoles publiques bat de l’aile. A la base de cette situation, les diverses interprétations de cette mesure aussi bien par les officiels, les parents, les enseignants que les gestionnaires des écoles publiques.

En effet, le président de la République a pris le courage politique de décider, enfin, de la gratuité de l’enseignement de base dans les écoles publiques sur l’ensemble du territoire national à partir de l’année scolaire 2019-2020. Ce programme a été salué par tous les Congolais d’autant plus qu’il ne vient pas seulement concrétiser ce droit constitutionnel mais aussi alléger la souffrance des parents qui ont pris en charge le système éducatif national pendant 27 ans.

Pour faire respecter cette mesure, plusieurs écoles publiques qui avaient déjà perçu les frais de motivation ont même remboursé aux parents pendant que d’autres résistent encore. Cela en attendant de voir le gouvernement concrétiser ce projet par le déblocage des frais conséquents pour compenser le manque à gagner causé par cette mesure.

En effet, dès la deuxième semaine qui a suivi la rentrée scolaire, certaines écoles ont décroché, n’accordant aucun répit au gouvernement et exigeant immédiatement le paiement d’un salaire conséquent. C’est le début de la confusion. La déclaration du ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et technique exigeant des parents de payer les frais de scolarité pour leurs enfants des classes de 7è et 8ème années est venue davantage semer la confusion.

Aujourd’hui, des écoles publiques fonctionnent au gré des humeurs du corps enseignant. Certaines ont suspendu les cours depuis le début de cette semaine alors que d’autres avaient déjà observé un arrêt de travail depuis trois semaines déjà.  A côté, il y a un nombre bien plus grand d’écoles publiques qui continuent de fonctionner en attendant le déblocage des frais de fonctionnement que le Premier ministre a promis dès septembre 2019.

Entre-temps, les activités scolaires ont été paralysées le jeudi 3 octobre matin dans la ville de Goma. Les enseignants réclament toujours la concrétisation des promesses faites par le gouvernement portant gratuité de l’enseignement de base. Dans les grandes écoles de la place, comme à l’institut Mwanga, les portes et fenêtres sont fermées. A côté de cette école, c’est le même décor à l’institut Mandeleo, et à l’institut de Goma, rapporte radio Okapi.

Il revient donc au chef de l’Etat de tirer les choses au clair. Autant le président doit apporter les précisions sur la portée de cette mesure de gratuité de l’enseignement de base qui part effectivement de la 1ère année du primaire à la 8ème année (2è année du secondaire). Autant dire que Félix-Antoine Tshisekedi doit instruire le gouvernement pour débloquer rapidement des fonds nécessaires au fonctionnement de ces écoles et les salaires des enseignants. C’est de cette façon qu’il pourra mettre fin à la grogne qui s’observe actuellement au sein de certaines écoles publiques. De cette façon, il donnera aux enfants congolais l’opportunité d’étudier normalement.