Fait cardinal par le pape François-Fridolin Ambongo : défenseur des pauvres et des opprimés

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Archevêque de Kinshasa, le tout nouveau cardinal Fridolin Ambongo se veut être avant tout le « défenseur des opprimés ». Il n’attend pas se détourner de la ligne qu’il s’est tracée depuis lors. Son apostolat se résume à défendre le peuple congolais en lui permettant de mieux vivre sur la terre de ses ancêtres. Fridolin Ambongo est d’avis que sa création au titre de cardinal est un message à toute l’église d’Afrique qui doit, pense-t-il, orienter son combat et son évangile vers le bonheur du peuple africain. Invité samedi sur les antennes de RFI, le cardinal Fridolin Ambongo ne s’est pas dédit. Son encagement en faveur du peuple, clame-t-il, reste intact. « Je crois que c’est une reconnaissance du travail de l’épiscopat congolais, mais en même temps aussi de mon engagement personnel, en tant que pasteur, pour cette cause. Au-delà du Congo, je pense que c’est un message pour l’Afrique. C’est pour dire : « C’est dans cette direction que l’Église d’Afrique doit aller ».

Le Potentiel

Comment interpréter le choix du pape François de vous élever au rang de cardinal ? Est-ce un message pour le peuple congolais, est-ce, aussi, un message pour toute l’Afrique ?

C’est difficile d’interpréter la volonté d’un pape mais je crois que mon choix est un message. Premièrement, c’est une reconnaissance de l’orientation pastorale, qui est celle de l’épiscopat congolais à côté de son peuple, un peuple qui souffre. Je crois que c’est une reconnaissance du travail de l’épiscopat congolais, mais en même temps, aussi, de mon engagement personnel, en tant que pasteur, pour cette cause. Au-delà du Congo, je pense que c’est un message pour l’Afrique. C’est pour dire : « C’est dans cette direction que l’Église d’Afrique doit aller ».

Une Église auprès du peuple, qui s’engage aussi en politique ?

Une Église qui a pris parti pour son peuple, notamment un peuple qui souffre, et qui porte la voix de son peuple dans son combat pour plus de dignité.

Comment interpréter la présence du président Félix Tshisekedi à votre élévation au rang de cardinal à ce consistoire ?

Je félicite le président Félix, qui a pris la décision de lui-même, à Kinshasa, qu’il sera là. Et je crois qu’il tiendra sa parole. Je ne peux que saluer. Et pour moi c’est un bon signe, qui indique que demain nous devons collaborer, et le président de la République – c’est-à-dire l’État congolais – et l’Eglise catholique à travers son cardinal, à travers l’épiscopat congolais, pour le bien général du peuple congolais.

Est-ce que cela veut dire que, en devenant cardinal, vous allez avoir plus de poids, plus d’autorité, que votre parole va encore porter plus loin et plus fort ?

Je le souhaite de tout cœur.

Cela fait huit mois que le président est arrivé. Quel va être le rôle de la Conférence épiscopale du Congo (Cenco) aujourd’hui ?

Je crois que la Cenco va continuer avec sa ligne pastorale qui remonte déjà à très loin – parti pris pour le peuple – et tant que le peuple congolais souffrira comme il souffre aujourd’hui, la Cenco ne l’abandonnera pas.

Quelle est votre position ? Est-ce que vous considérez qu’il faut aller de l’avant, faire table rase des événements douloureux ?

Nous pensons que le rôle de l’Eglise, c’est d’aider le peuple à regarder vers l’avenir. Parce que, malgré les difficultés du moment, nous vivons de l’espérance. Mais notre espérance n’est pas une espérance béate. Nous devons tirer les enseignements des erreurs du passé pour pouvoir corriger aujourd’hui et préparer l’avenir. C’est pourquoi on ne peut pas faire table rase du passé. On tire les enseignements des erreurs du passé pour mieux orienter l’avenir.

Un appel de laïcs a été donné pour manifester contre la corruption le 19 octobre. Comment prenez-vous cet appel ?

Nous soutenons l’action de CLC [Comité laïc de coordination], parce qu’on ne peut pas construire un pays avec une corruption généralisée et ériger un système de gouvernement. Nous ne pouvons que soutenir l’action du CLC.

Sur la moralisation de la vie politique, pensez-vous qu’il faut une pédagogie ou être coercitif ?

Les deux à la fois. Il faut une pédagogie parce qu’il faut expliquer certaines choses, mais cette pédagogie doit s’accompagner d’une coercition. C’est-à-dire que, celui qui se rend responsable d’une corruption avérée, il doit payer. Il doit être sanctionné. Et ce qui a détruit notre pays, c’est l’impunité.

On peut changer de culture, sortir de la culture de la corruption ?

Je suis convaincu que l’on peut en sortir, mais pour cela il faut une autorité qui s’engage à sanctionner les auteurs de la corruption, que ce soit la corruption passive ou active.

Le synode sur l’Amazonie va parler de la destruction des forêts. Des forêts ont été détruites l’été dernier en RDC. Trouvez-vous que l’on ne parle pas assez de la RDC pour la destruction de la forêt ?

Je crois que le problème qui se pose à l’Amazonie, c’est le même problème qui se pose dans la forêt équatoriale. Et c’est pourquoi, ce synode sur l’Amazonie parle de l’Amazonie, mais indirectement parle, aussi, de la forêt équatoriale. Le problème des feux de forêts comme ceux que l’on a eus dernièrement, nous sommes confrontés à cela chaque année. Je crois que ce synode va ouvrir aussi les yeux de la communauté internationale sur la thématique « Forêt équatoriale ».

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