Albert Yuma crève l’abcès : Démanteler la Gécamines « a été une erreur politique grave »

Partager
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le président de la Fédération des entreprises du Congo, Albert Yuma Mulimbi, ne transige pas sur ses idées. Il sait les défendre, même si, quelque fois, ça lui attire des ennuis dans les milieux des finances internationales. Puissant président du Conseil d’administration de la Gécamines, Albert Yuma dicte depuis sa nomination à ce poste en 2011 la marche à suivre pour l’éveil du géant minier congolais.

Pressenti comme le tout Premier ministre de l’ère Félix Tshisekedi, Albert Yuma a été finalement recalé en dernière minute. A la place, le chef de l’Etat a préféré confier le poste de Premier ministre à un autre natif du Grand Katanga, en l’occurrence le professeur Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Depuis lors, Albert Yuma a repris les exigences fonctionnelles de président du patronat congolais et de président du Conseil d’administration de la Gécamines. Ainsi, il ne rate pas une occasion pour présenter sa recette miracle, c’est-à-dire la voie à suivre pour que la RDC et son peuple profitent enfin de ses immenses ressources minières.

Loin du débat politique – il n’a d’ailleurs aucune fonction politique – il a retrouvé sa liberté. A la tête du Conseil d’administration de la Gécamines, Albert Yuma a pris le temps d’éplucher les divers partenariats qui engagent cette entreprise. Il en a tiré une conclusion. Il est convaincu que le démantèlement de la Gécamines en donnant des concessions aux étrangers a été « une erreur politique grave ».

En marge des Journées Makutano 5, tenues les 6 et 7 septembre 2019 au Kempinski Fleuve Congo Hôtel de Kinshasa, Albert Yuma a été un des invités de l’émission «Le Débat africain» de RFI, en partenariat avec VoxAfrica. Répondant aux questions d’Alain Foka, l’animateur de l’émission, le président de la Fédération des entreprises du Congo est revenu sur ses convictions profondes pour l’émergence de la RDC.

« Nous allons récupérer l’exploitation de nos minerais. Nous allons renégocier les partenariats parce que depuis 15 ans qu’on les a cédés, l’Etat n’en tire des dividendes conséquents. Vous nous avez promis en 2010, vous FMI et Banque mondiale, que la Gécamines est en faillite et doit être fermée. Le président Kabila a dit non. Et on a prouvé aujourd’hui qu’elle ne pouvait pas être mise en faillite. Mais, pendant 15 ans d’exploitation, on a reçu ni dividendes de l’Etat ni impôts sur le bénéfice. On a donné nos ressources. Ils nous ont dit que nous allons gérer pour vous et nous allons vous donner des ressources. Ça n’est jamais arrivé. Aujourd’hui, la responsabilité de nos dirigeants c’est de dire oui ça suffit », s’est défendu le patron de la FEC et président de la Gécamines.

Alors que le monde court derrière le cobalt, dont la RDC contrôle 60% du marché mondial, Albert Yuma recommande à la RDC de chercher à imposer sa loi pour tirer de la manne de ce minerai plus que jamais stratégique. A l’instar des pays arabes qui sont parvenus à dicter leur loi sur le marché mondial du pétrole, Albert Yuma pense que la RDC devrait emprunter la même voie. Il est temps, pense Yuma, pour la RDC de tirer des dividendes réels de son cobalt et de ses 60% des forêts du Bassin du Congo. Une interpellation qui va droit vers le chef de l’Etat Félix Tshisekedi. Le président de la République ferait mieux d’écouter Albert Yuma pour une nouvelle politique minière en RDC.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *