Projet de budget 2020 : rendez-vous à Washington

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Adopté en Conseil des ministres depuis le 27 septembre dernier, le projet de budget de l’Etat 2020 tarde à être transmis au Parlement. La raison est bien simple. Le gouvernement cherche à se mettre d’accord avec le FMI sur non seulement le cadrage macroéconomique mais aussi les grandes masses budgétaires. Les premières discussions de Kinshasa entre les experts du gouvernement et ceux du FMI ont permis d’aplanir certaines divergences. En marge des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, qui s’ouvrent le lundi 14 octobre à Washington (Etats-Unis), Kinshasa attend de lever une option définitive avec ses partenaires, avant toute transmission du projet de budget au Parlement. A la Primature, on reste confiant.

Le Potentiel

C’est depuis le 27 septembre dernier que le gouvernement a adopté en Conseil des ministres le projet de budget de l’Etat pour l’exercice 2020. Selon le compte rendu lu par le porte-parole du gouvernement, « sur base des indicateurs macroéconomiques retenus, l’objectif du gouvernement pour des recettes de l’équivalant de 7,0 milliards USD pour l’exercice 2020 est retenu (…) Le projet de budget 2020 est arrêté en équilibre, en recettes et en dépenses à hauteur de 11.853,4 milliards de francs congolais. Comparé au budget de l’exercice 2019, chiffré à 10.352,3 milliards de Fc, il se dégage un taux d’accroissement de 14,5% ».

Dans ce cadre, le gouvernement indiquait avoir pris en compte des « mesures idoines » à mettre en œuvre dans toutes les administrations financières pour « la mobilisation accrue des recettes leur assignées ».

Des préalables à lever

Depuis l’adoption de ce projet de budget, le Parlement n’est toujours pas en possession du projet de budget 2020. Des sources gouvernementales rapportent que la copie initiale préparée par le gouvernement a fait l’objet de grandes délibérations entre la partie gouvernementale et les experts aussi bien du Fonds monétaire international que de la Banque mondiale. Ces derniers viennent de boucler une mission de travail dans la capitale congolaise.

Sur la table des discussions, les deux parties ont bien évidemment passé au scanner le projet de budget 2020. Bien avant ces échanges, dans l’opinion publique, ce projet de budget, équivalant à sept (7) milliards USD, a fait l’objet de vives critiques. Nombre d’analystes ont estimé que ce projet ne cadrait pas avec la vision du chef de l’Etat en raison de la masse globale, jugée modique.

En séjour à l’étranger au moment de l’adoption de ce projet de budget en Conseil des ministres, des sources internes de la présidence de la République ont rapporté que le chef de l’Etat avait instruit le gouvernement d’explorer d’autres pistes pour accroître sensiblement le total des fonds prévus dans le projet de budget 2020.

C’est alors que les experts du FMI et de la Banque mondiale sont entrés dans la danse. Des échanges se sont donc multipliés entre les deux parties pour élargir le champ budgétaire.

Si Kinshasa espère bénéficier des appuis budgétaires conséquents des partenaires extérieurs, essentiellement du FMI et de la Banque mondiale, pour combler le gap budgétaire, il n’est pas évident que cette manne soit disponible en 2020.

En effet, le gouvernement devra avant tout s’appuyer sur sa machine interne de mobilisation des recettes, en s’appuyant essentiellement sur les trois traditionnelles régies financières, à savoir la DGI, la DGDA et la DGRAD.

Pour l’année 2020, le FMI a prévu une brèche. Il est prêt, se dit-on dans les couloirs du gouvernement, à conclure un programme test de neuf mois, s’étalant de janvier jusqu’en septembre 2020, assorti exceptionnellement des appuis budgétaires de plus de 250 millions USD. Ce programme transitoire est censé ouvrir la voie à la conclusion dès octobre 2020 d’un programme formel de trois ans au titre de la Facilité élargie de crédit.

Quant à la Banque mondiale, il y a une promesse ferme d’appuis budgétaires de l’ordre d’un (1) milliard USD qui a été faite. Etalé sur deux ans, soit entre 2020 et 2021, ce don de la Banque mondiale est cependant conditionné par la mise en œuvre d’un certain nombre de réformes. Au ministère des Finances, on rassure que les discussions sont sur la bonne voie.

Un pari difficile                  

Pour « instant, Kinshasa joue à la prudence. Le gouvernement ne voudrait pas intégrer dans les prévisions budgétaires 2020 des appuis budgétaires qui restent encore incertains – en attendant les prochaines discussions de Washington. Dans tous les cas, pour l’exercice budgétaire 2020, Kinshasa s’est engagé à boucler l’année avec un déficit nul.

En cas d’un quelconque solde budgétaire négatif, le gouvernement a levé l’option de ne le couvrir par des émissions des bons de trésor, sans recours aux avances de la Banque centrale du Congo. Au gouvernement, on se mobilise pour gagner le pari. En attendant, il faut assainir les finances publiques.

Tenir ces promesses va donc exiger un effort accru en termes de mobilisation des recettes et une nette efficience dans les dépenses. Kinshasa le sait. Il sait aussi qu’il aura besoin de l’accompagnement de ses partenaires traditionnels, dont la FMI et la Banque mondiale.

Aussi, avant de transmettre le projet de budget 2020 au Parlement, le gouvernement a préféré requérir les avis de ses partenaires de Washington. C’est la mission assignée à la délégation gouvernementale qui quitte Kinshasa à la fin de cette semaine pour les Etats-Unis, aux sièges du FMI et de la Banque mondiale. Avec à sa tête le ministre des Finances, Sele Yalaghuli, le gouvernement entame la dernière ligne droite pour boucler avec succès les discussions entamées quelques jours plus tôt à Kinshasa autour du projet de budget 2020.

A tout prendre, le sort du projet de budget de l’Etat 2020 se décide dans la capitale fédérale américaine. Quoiqu’il en soit, le gouvernement se veut rassurant. Le dépôt du projet de budget 2020 au Parlement se fera dans le délai, apprend-on des sources proche de la Primature.

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