La Banque mondiale juge les perspectives économiques de la RDC « modérément favorables » en 2019

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La Banque mondiale (BM) a publié, le mercredi 9 octobre, la 20ème édition de son rapport semestriel sur la conjoncture économique africaine, Africa’s Pulse. À cet effet, la représentation de la Banque mondiale en République démocratique du Congo a organisé une vidéo conférence, pour présenter les résultats de ce rapport pour l’Afrique subsaharienne. Ainsi, 12 pays africains, y compris la RDC, étaient connectés à Washington depuis où les experts de la Banque mondiale, conduits par Albert Zeufack, économiste en chef de la BM pour l’Afrique, répondaient aux questions des journalistes et des acteurs de la Société civile.

Amédée Mwarabu

Pour le cas spécifique de la République démocratique du Congo, la Banque mondiale indique que sa croissance économique est encore « résiliente malgré un contexte difficile ». « La croissance économique a été robuste en 2018 portée par la reprise de la production minière ; la résilience devrait modérément ralentir en 2019 à la suite de la baisse des produits de base; les perspectives économiques sont modérément favorables », note la Banque mondiale dans ce rapport.

La Banque centrale du Congo table sur un taux de croissance de 5,1% en 2019 en  RDC tandis que la Banque mondiale reste moins optimiste et penche plutôt pour 4,3% pour les raisons annoncées ci-haut.

Comme la plupart des pays exportateurs des matières premières, la RDC, selon la BM, ne devrait pas être épargnée par des risques externes dus notamment  à « l‘intensification des tensions commerciales internationales, la chute des cours des produits miniers, et le ralentissement de la croissance de la Chine ».

Dans ce rapport, la BM alerte sur le ralentissement de la croissance économique en Afrique subsaharienne qui peine à atteindre 3% depuis 4 ans.  « La croissance en Afrique subsaharienne ne parvient pas à décoller en 2019, freinée par les incertitudes persistantes de l’économie mondiale et des réformes intérieures qui marquent le pas. Globalement, la croissance devrait ressortir à 2,6 % en 2019, contre 2,5 % l’année précédente, une performance inférieure de 0,2 point de pourcentage aux prévisions d’avril. Le rapport consacre deux volets spéciaux à l’accélération de la réduction de la pauvreté et à la promotion de l’autonomisation des femmes, analyse la BM dans son rapport.

Commentant ce rapport, Albert Zeufack a déclaré : « les économies africaines subissent elles aussi les contrecoups de la conjoncture internationale, ce qui se traduit par une croissance modérée dans l’ensemble de la région. Dans le même temps, la faiblesse de la croissance dans les pays d’Afrique est clairement corrélée à la faiblesse de gouvernance et, les responsables publics et les citoyens doivent placer la transparence et l’efficacité des institutions au cœur de leurs priorités. »

« L’inclusion des femmes est un élément clé pour stimuler la croissance. Les décideurs africains sont confrontés à un choix crucial : poursuivre les politiques actuelles ou prendre des mesures volontaristes pour favoriser une économie plus inclusive », souligne Hafez Ghanem, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique. Après plusieurs années de croissance décevante, la réduction de l’inégalité des chances dont sont victimes les femmes s’impose comme une solution évidente pour progresser.

Par ailleurs, la Banque Mondiale craint que l’Afrique soit le seul continent qui connaisse “presqu’exclusivement” l’extrême pauvreté à l’horizon 2030. Selon les données de 2015, la BM soutient que 4 africains sur 10, soit 416 millions d’individus, survivaient avec moins de 1,90 dollars par jour.

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