Le PPRD en congrès à Lubumbashi : objectif 2023

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Des stratégies pour récupérer le pouvoir 

Depuis son rapprochement en 2006 avec le PALU d’Antoine Gizenga et l’Udemo de Mobutu Nzanga, suivi en 2011 de la formation de la Majorité présidentielle, pour chuter en 2018 par la nébuleuse FCC, le PPRD, le parti de Joseph Kabila, s’est vu dans l’obligation de partager le pouvoir avec  ses alliés. En 2023, le PPRD se fixe l’objectif de conquérir seul le pouvoir pour en jouir pleinement. C’est à Lubumbashi, chef-lieu du Haut-Katanga, où il se retrouve en congrès que le PPRD attend peaufiner ses stratégies. Tout commence par l’investiture de Joseph Kabila président du parti, avant de l’aligner en 2023 dans la course présidentielle.

Le Potentiel

Depuis les premières élections libres et démocratiques de 2006, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) n’a jamais géré seul. En 2006, il a été obligé de partager le pouvoir avec ses deux alliés du Palu d’Antoine Gizenga et de l’Udemo de Nzanga Mobutu. En 2011, le parti de Joseph Kabila s’est encore soumis au même exercice en réunissant autour de lui les partis de la Majorité présidentielle. En 2018, la même exigence s’est encore imposée. C’est sous la bannière du FCC qu’il a battu campagne, parvenant tout de même, malgré l’échec de son candidat à la présidentielle, de conforter sa majorité dans les deux Chambres du Parlement.

Une marche en solitaire

Partager le pouvoir impose des contraintes. Pour les prochaines élections de 2023, le PPRD veut faire les choses autrement. Se considérant comme le premier parti de la RDC, au regard de son pourcentage d’implantation dans le territoire national, le PPRD pense qu’il est en mesure de reconquérir seul le pouvoir en 2023.

En interne, on y travaille. Des stratégies ont été déjà montées pour fédérer tous les partis du FCC au sein d’un grand ensemble qui battra pavillon PPRD. C’est à Lubumbashi, lors de son prochain congrès, que le PPRD rendra finalement publiques ses grandes décisions. On sait d’ores et déjà que Joseph Kabila, son initiateur, va changer de statut. Plus question d’évoluer dans l’ombre, comme il en a été le cas depuis 2006. Au terme du congrès de Lubumbashi, Joseph Kabila sera officiellement consacré président du PPRD. 

En réalité, le PPRD affiche ses couleurs. Ses regards sont tournés vers 2023. A ces scrutins, le PPRD ira seul. Plus question, ont planché ses stratèges, de se fondre dans une stratégie qui imposera une fois de plus le partage du pouvoir. En effet, le PPRD pense avoir pris tout le temps, pour asseoir son assise en RDC. Il en est maintenant convaincu. Plus rien, se dit-on dans ses milieux, ne peut dès lors l’empêcher de reconquérir le pouvoir qu’il a perdu à la présidentielle de décembre 2018.

Qu’adviendra-t-il du FCC ? Dans les rangs du PPRD, le FCC est perçu comme une organisation de fait créée pour un but précis et dont la survie ne se limitait qu’aux élections de décembre 2018. En 2023, le PPRD mise sur une nouvelle donne. Le parti est assez mur, se dit-on dans son bureau politique, pour évoluer en solitaire, sans toujours s’appuyer sur de probables alliés.

La reconquête

Au sein de l’ancien parti au pouvoir, la machine de la reconquête du pouvoir sera bientôt lancée à Lubumbashi. Encore et toujours, le PPRD mise sur son grand joker, Joseph Kabila, dans son nouveau costume de président du parti.

Des sources indiquent que le secrétaire permanent PPRD, Emmanuel Ramazani Shadary, pourrait en liminaire animer une matinée de réarmement politique, avant le congrès.  Ce sera la première sortie du dauphin de Joseph Kabila, après sa déroute à la présidentielle du 30 décembre 2018. Au PPRD, les choses se précisent : la reconquête du pouvoir à l’horizon 2023.

One thought on “Le PPRD en congrès à Lubumbashi : objectif 2023

  1. Le congrès du PPRD à Lubumbashi veut consacrer l’investiture du sénateur à vie Kabila comme président de ce parti politique avant de le présenter comme le candidat de ce parti à l’élection présidentielle de 2023. Ça sent le coup fourré à mille lieues de Kinshasa, à moins de modifier notre Constitution qui dit ceci en son article 6 sur le statut d’un ancien président:
     »’ En sa qualité de sénateur à vie, tout ancien président de la République élu est soumis à toutes les incompatibilités prévues par l’article 108 de la Constitution »’.
    Ces incompatibilités sont entre autres être député, membre du gouvernement, membre d’une institution d’appui à la démocratie ou exercer tout autre mandat électif. ».
    Une modification de la Constitution? Nous allons veiller à ce que cette traîtrise ne se réalise jamais ni maintenant ni pour les générations à venir. Nous devons apprendre à créer des traditions saines de démocratie en respectant les institutions, sutout que nous ne voyons pas ce que Kabila et son équipe peuvent apporter à notre pays qu’ils ont ruiné en dix-huit ans de corruption, d’enrichissement illicite et d’impunité.

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