Conseil des gouverneurs de la BAD : Sele Yalaghuli, porte-voix de la RDC à Abidjan

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C’est en sa qualité de gouverneur de la RDC que le ministre des Finances, Sele Yalaghuli, a fait le déplacement d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, en marge de la 5ème réunion du Conseil des gouverneurs de la Banque africaine de développement. Il s’agit pour l’argentier national de porter haut la voix de la RDC auprès de la Banque africaine développement. Pour les prochaines années, la BAD nourrit de grands projets en Afrique. Et la RDC, pays en phase de reconstruction, attend profiter à fond de la manne financière que la Bad espère déployer sur le continent.

C’est aujourd’hui jeudi tous les 80 gouverneurs de la Bad, dont 54 africains et 26 non africains, vont définir au Sofitel d’Abidjan la nouvelle stratégie de la banque panafricaine. Au cours de cette réunion, les actionnaires de la Bad prendront des décisions importantes et une annonce majeure est attendue.

Les échos en provenance d’Abidjan renseignent que la BAD se propose d’augmenter son capital de 125%. Après les travaux préliminaires tenus en Égypte, le Conseil des gouverneurs, l’organe suprême de la banque composé par les ministres des Finances, du Plan ou des gouverneurs de banques centrales des pays membres, va se fixer sur le projet d’une 7ème augmentation générale du capital (AGC VII) à soumettre au Conseil de la BAD. Cette AGC VII se traduit par une augmentation du capital autorisé de la Banque de 69,46 à 153,19 milliards Unités de compte (UC). C’est le résultat d’un remarquable programme de réformes institutionnelles pour une Banque plus forte, entend-on dire au QG de la BAD. Il sera ensuite question pour les sociétaires de souscrire des actions dans le nouveau capital.

En effet, une AGC est habituellement déclenchée par la nécessité d’assurer l’adéquation des ressources en capital aux besoins, conformément aux exigences opérationnelles, et de faire durablement face aux chocs exogènes. Tous les pays membres de la Banque ont  droit, sans que cela soit une obligation, à une part de l’augmentation du capital, proportionnelle au nombre des actions qu’ils détiennent actuellement. Grâce à l’effet combiné du capital à libérer et du capital  appelable, une AGC devrait fournir les ressources nécessaires pour appuyer aussi bien l’adéquation du capital de la Banque aux besoins que ses ratios d’endettement et de prêt.

La BAD, un partenaire de premier rang pour la RDC

La RDC attend beaucoup de la BAD. Dans les échanges qu’il a eus mercredi avec le président de la BAD, le Nigérian Akinwumi Adesina, le ministre congolais a présenté la nouvelle vision de la RDC telle que définie par le chef de l’Etat Félix Tshisekedi. Au-delà du projet ambitieux et réformateur de la gratuité de l’enseignement de base, la RDC pense acquérir de la Bad un soutien substantiel pour financer son vaste plan de diversification de l’économie qui inclut des investissements conséquents dans les domaines des infrastructures, de la santé et de l’entreprenariat des jeunes. La Bad est bien disposée à l’accompagner dans ce sens, selon les assurances de son président.

« La gratuité de l’enseignement de base et la couverture santé universelle sont tellement fondamentales qu’elles imposent la mobilisation d’importantes ressources financières. Avec l’agriculture, l’énergie, la sécurité et les infrastructures, elles sont aujourd’hui parmi les priorités nationales désignées comme telles par le président de la République », a fait remarquer Sele Yalaghuli, au cours de cet entretien avec le président de la BAD, auquel a également pris part le professeur Freddy Matungulu, représentant de l’Afrique centrale au Conseil d’administration de la BAD pour le compte de la RDC.

Entre la BAD et la RDC, il y a une nouvelle forme de coopération qui se met en place. Son président s’est d’ailleurs dit flatté par les bonnes perspectives de l’économie congolais qui fait preuve des signes évidents de résilience. « Je félicite la RDC pour la croissance économique enregistrée malgré certaines difficultés. Nous devons voir comment aider votre pays et son président dans la diversification de l’économie. Votre pays est potentiellement riche. Il faut l’aider à rentabiliser ce potentiel dans les projets structurants, notamment dans les domaines l’agrobusiness, de l’énergie, de l’agriculture, des infrastructures, de l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes… », a indiqué Akinwuni Adesina

Les premières indications sur les modalités et la hauteur de l’enveloppe devront être connues au terme de la réunion, prévue du 4 au 6 novembre à Kinshasa, entre le gouvernement et une délégation de la BAD que devra conduire le vice-président de la BAD pour l’Afrique centrale.

A noter que le Conseil des gouverneurs de la Banque représente les 80 membres, dont 54 pays du continent africain et 26 pays des Amériques, de l’Europe, du Moyen-Orient et de l’Asie.

La Banque africaine de développement a été créée en 1964 par 33 pays africains, dont beaucoup venaient tout juste d’obtenir leur indépendance. Leur objectif était de disposer d’une institution africaine de financement du développement pour gérer les problèmes africains et sous le contrôle de l’Afrique, rôle effectivement joué par la Banque depuis sa création. La Banque compte actuellement 80 pays membres, dont 54 États du continent africain, et 26 États des Amériques, Europe, Moyen-Orient et Asie.

Outre son rôle unique et central dans la transformation économique de l’Afrique, la Banque dispose de plusieurs avantages comparatifs et d’une expérience et de compétences considérables dans les domaines suivants : investissement dans des infrastructures de qualité, renforcement du secteur privé africain, promotion de l’intégration régionale, renforcement de la gouvernance économique ; et mobilisation des fonds de développement pour l’Afrique.

LP

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