Beni : Entre peur et consternation après l’assassinat de 10 civils par les ADF à Kokola

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C’est sous la désolation, la tristesse et la psychose indescriptibles que la population du territoire de Beni s’est de nouveau réveillée le matin de ce mercredi 6 novembre. Les ADF, cette rébellion meurtrière d’origine ougandaise active dans cette partie, a de nouveau fait irruption près d’Oicha. C’est  à Kokola, en groupement Bambuba-Kisiki (Nord-Kivu) que l’ennemi a tranquillement opéré la nuit du mardi à ce mercredi 6 novembre. Et, le bilan est sans appel : 10 morts, en plus de 2 autres personnes enlevées et de nombreux biens emportés.

La société civile du groupement Bambuba-Kisiki, par la bouche de son président, indique que c’est presqu’en début de soirée du mardi 5 novembre que l’ennemi a commencé à opérer jusque tard en l’absence des forces d’intervention. Parmi les victimes, nombreuses sont des femmes.

« C’est depuis les heures vespérales d’hier jusqu’à plus tard la nuit que la localité de Kokola a subi une nouvelle incursion de rebelles ougandais d’ADF, où ils ont encore tué 10 civils et emporté 2 autres, dont un enfant. Parmi ces morts, il y a 7 femmes et 3 hommes et parmi les hommes, il y a un pygmée », informe-t-il

La société civile dit n’avoir pas des mots pour exprimer sa consternation après ces nouvelles tueries qui ont visé de pauvres citoyens à Kokola et qui viennent alourdir le compteur des Congolais qui ont péri depuis le début de ces massacres. Pour Bravo Muhindo, ce sang qui vient de couler est de trop, surtout à un moment où l’espoir se construisait peu à peu avec la volonté du chef de l’État congolais de ramener la paix dans la zone mais aussi avec le récent  changement à la tête du commandement militaire dans les opérations Sokola 1.

Dans son message, la société demande aux Forces armées de la RDC de développer de nouvelles stratégies adaptées à la guérilla afin de déjouer la ruse des assaillants.

« Nous, en tant que forces vives, nous condamnons ce comportement de barbarisme de ces rebelles et nous appelons les FARDC de voir comment elles peuvent développer des stratégies de protection des civils qui vivent dans des agglomérations entourant leur zone d’opérations. Pour le moment, la situation est confuse. La plupart n’ont plus de la confiance. La peur règne et nombreux sont en train de quitter », indique-t-il.

Les forces vives du territoire de Beni qui déplorent ce énième cas de massacres perpétrés par ces islamistes pensent que ceux-ci tentent de défier les stratégies militaires alors que des opérations de nettoyage dites de grande envergure ont à peine été lancées dans la région.

Bien plus, elles redoutent que ces rebelles se servent des civils comme boucliers pour leurs représailles alors que les FARDC se trouvent dans les profondeurs pour la traque. D’autre part, la société civile estime que les ADF peuvent être en train d’essayer de détourner l’attention des soldats congolais afin que tous les efforts soient déconcentrés de vrais bastions ennemis et que l’attention soit plus attirée vers des zones urbaines ou habitée.

Une autre hypothèse plausible avancée par la société civile porte sur des complicités internes au sein de la ceinture sécuritaire et qui filtreraient toutes les démarches mises en place par les autorités militaires.

« C’est comme d’habitude. De fois, quand on lance des opérations, contre ces rebelles, eux viennent toujours en représailles contre nous la population. C’est leur façon de vouloir montrer à l’armée qu’ils sont là, et qu’ils ont encore une force. Peut-être qu’ils veulent aussi détourner l’armée de sa mission. Mais, nous pensons que l’armée ne va pas céder à ces simples manipulations des rebelles. On espère qu’elle va toujours être déterminée à nous aider à mettre fin à l’aventure de  ces gens. Mais malheureusement, on accuse aussi des brebis galeuses au sein de nos FARDC et qui coopéreraient avec nos ennemis », regrette Bravo Vukulu.

Il sied de rappeler que cette attaque intervient après une autre embuscade tendue à un véhicule par les mêmes rebelles mardi 5 novembre à Rizerie, sur le tronçon Butembo-Kasindi. Ici encore, les assaillants ont incendié le camion et quelques personnes s’en sont sortis avec des blessures avant d’être dépêchées à l’hôpital de la ville de Beni.

Charles M. Bin Kisatiro, correspondant à Beni

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