Beni: Les enseignants suspendent leur mouvement de grève, 5 jours après son déclenchement

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Le séchage des cours par les enseignants réunis au sein du Syndicat des enseignants du Congo, (SYECO), territoire de Beni, n’aura duré que quelques matins. Entamé depuis lundi 4 novembre dernier sous une menace qui ne trompe pas, le mouvement de grève a été suspendu à l’unanimité, vendredi 8 novembre 2019 par les professionnels de la craie, après des pourparlers qu’ils ont eus avec les autorités provinciales.

Lundi 11 novembre prochain, c’est la reprise des cours sur toute l’étendue du territoire de Beni.

Cette nouvelle position a été prise à l’issue d’une assemblée extraordinaire d’évaluation, que les grévistes ont tenue en commune rurale d’Oicha. Selon Mwami Pascal Belemo, secrétaire permanent du SYECO à Beni, les assurances du gouverneur par rapport à la prise en charge des enseignants « nouvelles unités (NU) », et « non payés (NP) », ont permis de lever les malentendus.

A les en croire, l’autorité provinciale a souhaité que les frais qui proviendront des parents soient directement affectés aux enseignants NU et NP afin de garantir leur survie. C’est donc consécutivement à cette garantie que les syndicalistes annoncent le retour des classes, espérant par ailleurs que ces décisions ne seront pas lettres mortes.

Toutefois, bien que satisfaits, ils disent observer le cours des événements afin de décider de l’attitude à prendre pour les jours à venir.

 » La fois passée, nous vous avions dit que nous allons avoir une assemblée et que c’est elle qui pourra se prononcer à partir des rencontres qu’on avait effectuées avec les autorités scolaires. Aujourd’hui, on a fait l’évaluation, les enseignants viennent de suspendre leur grève, parce que l’autorité province a démontré où est-ce que les NP vont retrouver leur prime et en démontrant que les frais qui seront payés par les parents, seront uniquement canalisés pour les NU et les NP. Et les enseignants ont été contents de ces propos. C’est pourquoi ils viennent de suspendre cette grève. D’après ce que nous venons de prendre comme mesure, nous reprenons le lundi. Une semaine perdue n’est pas une affaire qui peut inquiéter les gens, les enseignants sauront comment faire. Nous sommes soulagés des propos qu’on a tenus et nous aimerions qu’on puisse les matérialiser. Nous suspendons, tenant compte de ce que nous allons observer, et si cela n’arrive pas à être concretisé, l’assemblée pourrait encore décider « 

Les autorités scolaires mises en garde

Le mouvement de grève a été levé, oui, mais les enseignants préviennent que les autorités scolaires assumeraient toutes les conséquences au cas où les clauses arrêtées lors de leurs assises souffriraient dans leur exécution. A ces quelques jours de grève, ils affirment avoir subi des menaces dissuasives contre leur revendication. Ainsi, ceux-ci pointent-ils d’un doigt accusateur certains agents de l’EPST locale.

Les syndicalistes exhortent ainsi les responsables des écoles et ceux de l’EPST du territoire de Beni à se plier à la mesure du gouverneur pour éviter toute nouvelle perturbation des cours.

 » Les enseignants veulent que le message qui a été donné puisse être respecté par tous les chefs d’établissements et par les parents, parce qu’il y a certaines autorités qui sont en train d’intimider nos syndiqués. Nous demandons à ces autorités de cesser avec de telles aventures. Si elles continuent avec de telles affaires, nous risquerons aussi de nous en prendre à eux. Il y a l’antenne de SECOPE d’Eringeti qui a intimidé nos enseignants, le fait de ne pas se présenter à l’école. Je leur demande de ne plus reprendre cette habitude parce qu’elles risqueront alors d’être frappées parce que l’autorité provinciale a reconnu que c’était notre droit »

Il faut rappeler que la grève des enseignants à Beni remonte au lendemain de la fixation par le gouverneur des frais de scolarité pour l’année 2019-2020. Et, ce sont les articles 2 et 13 de cet arrêté qui avaient fait déborder le vase. Ces articles stipulent respectivement que  » les frais de motivation sont supprimés à tous les niveaux d’enseignement (maternel, primaire, secondaire) dans les établissements publics et  » il est interdit aux Chefs d’établissements de se couvrir derrière les Assemblées Générales des parents pour fixer illégalement d’autres frais ».

Charles M. Bin Kisatiro, correspondant à Beni

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