Des enseignants des écoles conventionnées catholiques de Kinshasa décrètent unilatéralement l’arrêt de travail

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Les syndicats du secteur de l’enseignement primaire et secondaire jugent les revendications des enseignants des écoles conventionnées catholiques de fondées mais ceux-ci pêchent dans la procédure. 

Florent N’LUNDA N’SILU

Des enseignants de certaines écoles conventionnées catholiques des écoles, dites « grandes », de la ville de Kinshasa ont décrété l’arrêt de travail depuis la semaine dernière. Cela pour protester contre les salaires qu’ils jugent modiques que leur alloue le gouvernement-employeur depuis la suppression des frais de motivation des enseignants par les parents.

Fait troublant, ce mouvement est intervenu après la conférence de presse de l’archevêque métropolitain de Kinshasa, le cardinal Fridolin Ambongo, tenu après son retour à Kinshasa, venant de Rome où il a été créé cardinal par le Pape Benoît.

Tout en saluant la mise en œuvre effective de la gratuité de l’enseignement de base décidée par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, le cardinal Ambongo s’est montré critique face aux salaires qu’on alloue actuellement aux enseignants. Il estime que ces salaires sont dérisoires et qu’ils devraient être à la hauteur de ce qu’ils touchaient pendant tout le temps qu’ils percevaient les frais de motivation de la part des parents d’élèves.

Réunis le week-end dernier, les enseignants des écoles conventionnées catholiques viennent de donner un moratoire de quinze jours au gouvernement pour qu’il réponde positivement à leurs revendications.

Si  l’Exécutif national ne s’exécute pas à  l’échéance de ce délai, les enseignants ont promis de radicaliser leur mouvement.

Réagissant au mouvement de l’arrêt de travail décidé par des enseignants de certaines écoles conventionnées catholiques dans la capitale, l’Intersyndicale des enseignants de l’EPST (Enseignement primaire, secondaire et technique) a dit fondées leurs revendications. « Là où ça pèche, c’est dans la procédure. Laquelle n’a pas été respectée », s’est justifiée l’Intersyndicale dont la priorité est, selon elle, le paiement des enseignants, communément appelés « NP » (Non payés).

L’Intersyndicale se dit également préoccupée par les inégalités des salaires entre des enseignants du même niveau, des chefs-lieux des provinces et ceux des territoires et des villages. « Nous nous battons pour qu’il soit mis fin à ces inégalités », promet-elle. Ajoutant qu’elle se bat aussi pour le paiement du deuxième palier du salaire des enseignants et celui du salaire des enseignants, communément appelés « NU » (Nouvelles unités).

Comme l’Intersyndicale, le Syndicat des enseignants du Congo (SYECO) a fustigé l’arrêt de travail décrété par les enseignants des écoles conventionnées catholiques de Kinshasa.

Pour rappel, les frais de motivation des enseignants par les parents avaient été instaurés en 1992 à la suite du désengagement du gouvernement du système éducatif congolais. Cela pour des raisons politiques.

Soucieux de voir leurs enfants continuer à étudier, les parents avaient décidé de prendre en charge les salaires des enseignants, fait unique au monde. Mettant en pratique sa promesse de campagne, le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a décidé la mise en œuvre effective de la gratuité de l’enseignement de base. En commençant, dès la rentrée scolaire 2019-2020, par les élèves du primaire. Elle sera appliquée, pour ceux des classes des 7ème et 8ème années, dans le budget de l’État pour l’exercice 2020.