L’ouvrage « Les soldats de Bula Matari » transcende les paradoxes de la socialisation du pouvoir colonial

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Le nouvel ambassadeur du royaume de Belgique en République  démocratique du Congo, Johan Indekeu, a procédé, mardi 19 novembre, à la bibliothèque du Centre Wallonie-Bruxelles, au baptême du livre  « Les soldats de Bula Matari (1855-1960). Histoire sociale de la Force Publique du Congo-Belge », publié par le professeur Pamphile Mabiala Mantuba-Ngoma aux Editions Culturelles Africaines en 2019.

Joyce Kalala

Cet ouvrage de 387 pages est une véritable mine d’informations diverses autant sur les structures et l’organisation, que sur le fonctionnement de la Force Publique. Il  permet, entre autres, aux lecteurs de mieux comprendre, sans pour autant les justifier ni les dédouaner, les contradictions et les paradoxes du projet de socialisation mis en œuvre par le pouvoir colonial à travers l’institution cardinale qu’a été la Force Publique.

C’est dans un style narratif, que le rapporteur de la Chambre haute du Parlement, Kaumba Lufunda a, pour sa part, présenté l’économie générale de cette œuvre d’esprit qui s’inscrit dans la perspective d’une éducation à la citoyenneté, et permet à tous les protagonistes de l’histoire de transcender les tragédies qui les opposèrent.

A en croire le philosophe Kaumba, cet auteur se questionne tout en y apportant des réponses sur des faits tels qu’après plus de 130 ans d’existence, la Force Publique d’hier et les Forces armées de la République démocratique du Congo d’aujourd’hui sont parvenues à réguler efficacement les problèmes de recrutement et de formation.

 Pour le professeur Kaumba, ce  livre fait prendre conscience d’une dimension fondamentale de l’histoire, à savoir que « les peuples ont toujours une incommensurable capacité de résilience face à l’oppression, et davantage de ressources inépuisables d’humanisme pour reconstituer une vie commune apaisée avec les anciens oppresseurs. C’est cela l’ubuntu ».

Et d’ajouter : « Les matériaux rassemblés par les historiens doivent devenir un ferment, de l’humus pour alimenter notre vie quotidienne au sein de la nation et au sein de la communauté internationale. L’histoire des historiens et leurs manuels doivent générer des récits de vie, et façonner des épopées, qui retracent nos exploits, et disent comment nous en sommes venus à nous tirer d’affaire. L’histoire de nos forces armées demeure malgré tout une histoire glorieuse, avec ses hauts et ses bas, ses batailles perdues et ses guerres gagnées …».

Avant d’inviter les lecteurs à s’approprier cet ouvrage, le rapporteur du Sénat n’a pas manqué de saluer l’héroïsme de son auteur, le professeur Mabiala qui, il y a trente ans, fut l’un des rares Congolais à abattre un pan du mur de Berlin.

Outre l’introduction et la conclusion, ce livre aborde, notamment le recrutement et la formation des soldats de Bula Matari, en passant par leurs conditions de vie et de travail et enfin leurs rapports sociaux.