Beni : Il est vital d’évaluer des exactions commises en violation des droits de l’Homme et du DIH, selon le CICR

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Dans une interview exclusive accordée à Le Potentiel sur la situation humanitaire qui prévaut dans la région de Beni (Nord-Kivu), Rosine Kam Belinga, Déléguée Communication du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) au Nord et Sud-Kivu, pense qu’« il est vital pour le CICR d’accéder aux populations affectées et faire une évaluation des exactions commises en violation du droit international des droits de l’Homme et du droit international humanitaire (DIH) ». Le CICR se dit profondément préoccupé par ce qui se passe à Beni du fait de l’inaccessibilité des humanitaires aux victimes de ces exactions.

Ci-après, l’intégralité de l’interview

Quelle lecture faites-vous de la situation humanitaire qui prévaut actuellement à Beni?

Ce qui se passe à Beni est extrêmement préoccupant. Le CICR et la Croix-Rouge n’ont pas la possibilité de circuler en ville. Les blessés sont évacués vers les hôpitaux et les structures médicales soutenues par le CICR.

Quel est l’apport du CICR sur le terrain dans la réponse à cette situation ?

Le CICR soutient les structures médicales de la région pour la prise en charge des blessés, à travers la fourniture de médicaments et autres matériels médicaux essentiels. A ce jour, plus de 30 blessés ont été soignés. Les blessés sont évacués vers les hôpitaux et structures médicales soutenus par le CICR, notamment l’hôpital de référence de Béni. Depuis plusieurs mois, les équipes du CICR travaillent avec le personnel de cet hôpital pour renforcer leurs capacités en soins chirurgicaux afin de soigner les blessés, victimes de violences dans la région. Depuis le 19 novembre, ces structures médicales ont pu prendre en charge cinq blessés des attaques dans la ville de Béni, 27 blessés à Béni et Butembo suite aux manifestations ayant éclaté ces derniers jours. Le CICR fournit également des antibiotiques et des kits médicaux d’urgence afin que toutes les victimes et blessés puissent être soignés. Par ailleurs, deux tentes, 20 lits et 20 matelas sont actuellement en route pour Beni pour augmenter la capacité d’assistance de l’Hôpital général de référence de Beni. Un kit pour la prise en charge des 50 blessés par arme fait également partie de ce convoi. 

Comment évaluez-vous la situation des déplacés ainsi que l’accès aux personnes affectées pour une éventuelle assistance, dans un contexte sécuritaire douteux ?

Le CICR est prêt à évaluer la situation humanitaire des déplacés et autres personnes affectées par ces attaques et la violence à Beni, dès que la situation sécuritaire le permet.

Que recommandez-vous aux autorités mais aussi, à ceux qui sèment la terreur dans cette zone ?

Les civiles ne sont pas des cibles. Ils doivent être épargnés des violences. Nous demandons à tous les acteurs de faire preuve de retenue, et de respecter les civils, les organisations humanitaires, les structures et le personnel médical. Il est capital que la mission médicale puisse se déplacer sans entraves dans la ville afin de pouvoir faciliter une meilleure prise en charge des blessés

Quelle évaluation faites-vous du respect du Droit international Humanitaire à Beni?

Il est vital pour le CICR d’accéder aux populations affectées et, dans la mesure du possible, faire une évaluation des exactions commises en violation du droit international des droits de l’Homme et du droit international humanitaire.

Propos recueillis par Stanislas Ntambwe