L’AMÉLIORATION DU CLIMAT DES AFFAIRES EN RDC AU MENU D’UN ATELIER À GOMA

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Pendant deux jours, soit du 26 au 27 novembre 2019, les membres de l’administration centrale de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) venus de Kinshasa et ceux des conseils provinciaux des provinces du Nord-Kivu, Sud-Kivu et de l’Ituri, ont échangé autour des priorités et défis à relever dans le monde des affaires dans ces provinces de la RDC. Ce, avec l’appui de  l’organisation Trade Mark East Africa (TMEA), partenaire de la FEC, appelée à intégrer dans ses priorités les recommandations issues de cet atelier en vue de la facilitation et de l’intégration fiscale des hommes d’affaires congolais au système fiscal des pays de l’Afrique de l’Est.

Il s’agit d’un atelier d’échange et de consultance qui s’est tenu,du 26 au 27 novembre 2019, à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu. Selon les participants, ces assises sont une réponse à la demande d’assistance et de collaboration, formulée par la Fédération des entreprises du Congo auprès de TMEA pour sa stratégie d’intervention dans le domaine de commerce.

La République démocratique du Congo (RDC) bien que ne faisant pas partie de la Communauté des États de l’Afrique de l’Est (CEA), sa position semi-enclavée dans sa partie Est l’entraîne dans une dépendance aux ports de Mambassa et Dar Es Salam (Tanzanie), en ce qui concerne ses échanges commerciaux internationaux. C’est ce qui pousse Trade Mark East Africa (TMEA) à intervenir en faveur de la RDC, dans le cadre de l’élargissement de son domaine d’intervention surtout que le pays partage 2.000 Km de ses frontières lacustres et terrestres avec cinq pays de l’Afrique de l’Est (Rwanda, Burundi, Ouganda, Tanzanie et Soudan du sud).

TMEA assiste techniquement la FEC dans le renforcement des capacités de l’entrepreneuriat féminin, du partenariat public-privé, de l’appui institutionnel et la capacitation de ses membres.

La fiscalité multidimensionnelle un frein pour le secteur formel

Emmanuel Ndakala, vice-président de la FEC au Sud-Kivu, note que la multiplicité des taxes aux frontières d’entrée en RDC cause un blocage dans le secteur formel du pays. « Il faudrait qu’il y ait un guichet unique de fiscalité en RDC pour sécuriser l’homme d’affaire congolais. Parce que, d’une manière ou d’une autre, nous sommes en compétition au niveau régional avec des pays voisins. Cette situation favorise le secteur informel au détriment du secteur formel, alors que c’est le secteur formel qui stabilise économiquement un pays », a avancé Emmanuel Ndakala.

À lui d’ajouter que les commerçants congolais font face à des difficultés lorsqu’il faut ramener des marchandises au pays, vu que chaque Ministère a son arrêté en ce qui concerne les frais des douanes. « Il faut que ça soit uniforme. Par exemple, si le conteneur de 40 pieds doit payer 9.000 USD pour l’importation, cela doit être applicable de la même façon dans toutes les frontières terrestres et lacustres du pays », a-t-il plaidé.

Pour sa part, le 2ème vice-président de la FEC au Nord-Kivu, Amisi Sola compte beaucoup sur la collaboration parfaite avec TMEA pour relever tous ces défis, vu son expertise en la matière. « L’implication de cette organisation dans le monde des affaires du Congo permettra aux uns et aux autres, de renforcer les capacités pour l’intérêt d’une stabilité économique au pays. Les autorités sont appelées à nous appuyer dans ce sens et ça sera rentable pour les entreprises congolaises qui contribuent efficacement à la réalisation des recettes du pays », a-t-il souligné.

Recommandations

Les participants aux travaux de cet atelier recommandent à TMEA, entre autres, un appui logistique de prise en charge des marchandises dans les différentes frontières pour améliorer la compétitivité des entreprises du secteur privé surtout celles qui œuvrent dans le domaine de transport pour un intérêt commun.

Ils sollicitent également, la suppression de toutes les perceptions manuelles hors guichet unique et l’application du décret limitant les services à opérer dans les frontières, en dotant aux seuls services reconnus, tel que l’Office Congolais de contrôle (OCC), des laboratoires modernes aux standards internationaux dans les provinces du Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri et Kinshasa.

« Il faudra aussi qu’il y ait la vulgarisation des normes internationaux auprès des opérateurs économiques de la sous-région et accélérer l’adoption et la promulgation de la loi portant création de l’Agence nationale de normalisation. Mais aussi, faciliter l’octroi des visas aux opérateurs économiques », a souhaité de con côté, Yvette Mwanza, facilitatrice de l’atelier.

Par ailleurs, Aimé Nzoyihera, Directeur-Pays RDC de Trade Mark East Africa, a rassuré aux conférenciers que son organisation va tenir compte de toutes ces recommandations qui seront évaluées et validées, lors du prochain atelier prévu le 12 décembre 2019.

TradeMark East Africa (TMEA) est une organisation sans but lucratif, financée par un nombre d’agences de développement pour promouvoir le développement économique dans les États de l’Afrique de l’Est, à travers la facilitation des échanges commerciaux. L’organisation combine une approche régionale avec des interventions au niveau national et collabore étroitement avec les institutions de l’Afrique de l’Est telles que le secrétariat de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE), les autorités des corridors nord et central, les gouvernements nationaux, les organisations du secteur privé et de la société civile.

Le siège de TMEA est situé à Nairobi et compte des succursales au Burundi, au Rwanda, au Soudan du Sud, en Tanzanie, en Ouganda, en RDC et en Ethiopie.

Melis BOASI, Correspondant à Goma