Des nouveaux accrochages entre manifestants et policiers font 1 mort à Beni

Partager
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les accrochages qui ont opposé les services de sécurité aux manifestants, la matinée de ce lundi 02 décembre 2019, ont de nouveau tourné au vinaigre en ville de Beni, dans la province du Nord-Kivu. Au moins 1 morts (un jeune garçon conducteur de moto), est jusque-là enregistré, en plus des blessés parmi les civils.

D’autres sources parlent également d’une femme qui serait déjà morte d’une balle perdue. La situation de la journée s’annonce encore très palpitante pour autant que la tension semble remonter d’un cran.

En effet, tout est parti d’une organisation d’un certain nombre de jeunes qui ont exigé à tout passant de marcher sans souliers pour, disent-ils, pleurer ceux qui sont tombés au cours de la barbarie humaine dont les ADF sont auteurs. Ceux-ci sont même allés plus loin dans ce qu’ils ont appelé compassion envers les victimes des massacres dans la région. Parce que certains ont même contraints quelques filles à se débarrasser de leurs mèches ou de ne pas mettre de pantalon. Alertés, les services de sécurité se sont mis à pied d’œuvre pour rétablir de l’ordre où il venait d’être mis en mal.

Ces jeunes réunis par endroits à travers les principales artères de la ville de Beni ont bloqué le passage pour imposer un certain mode de conduite en ce lundi, décrété « journée ville morte et journée de deuil » par certains groupes sociaux. La situation a dégénéré en de nouvelles manifestations sporadiques, des manifestations qui ont d’elles-mêmes pris naissance dans la ville dès les premières heures de la matinée. Surtout, dans un contexte où de simples rumeurs suffisent actuellement pour paralyser les activités.

Puis, des accrochages entre la police et protestataires se sont ensuivis du côté sud de Matonge, à ENRA, vers le pont Munyabelu, à Boikene où la tension était bien vive, avant de s’étendre sur une bonne partie de la ville. La police a été contrainte d’user de balles réelles et des bombes lacrymogènes pendant une trentaine de minutes pour dissuader un groupe de manifestants qui exprimait déjà sa volonté de prendre le chemin de Boikene, dans le but d’attaquer de nouveau la base de la Monusco. C’est vers ENRA que la victime a été atteinte par balles avant de succomber à ses blessures.

« J’ai l’impression que l’ennemi s’est vraiment installé et a conquis la ville. Les dirigeants devraient rapidement instaurer l’autorité de l’État. Des jeunes gens ne peuvent pas faire la loi face à l’Etat qui a les instruments nécessaires (police et services de sécurité) qui doivent garantir l’ordre public. Des individus ne peuvent pas être forts que l’État. Le maire doit jouer son rôle. J’en appelle à la jeunesse de se désolidariser des gens qui ont un plan machiavélique contre la ville et le territoire de Beni« , se plaint un habitant de Beni à qui il a été imposé d’ôter les souliers.

Depuis, les activités restent au point mort, les esprits de manifestants de nouveau très agités, chacun redoutant le regain d’une nouvelle violence aux conséquences imprévisibles. D’ailleurs, les contestataires ont mis du feu au domicile du policier, auteur de la mort du jeune motard.

Charles M. Bin Kisatiro, correspondant à Beni

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *