Nord-Kivu : L’armée met en place une stratégie de « coordination des urgences en cas de suspicion »

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Les forces armées ont révélé avoir perdu en 3 jours seulement, 8 de leurs éléments au cours des manifestations contre l’insécurité à Beni, qui ont vécu ces dernières semaines dans les principales villes du Nord-Kivu. Avant de prouver leur innocence, les victimes ont été lynchées par des jeunes en colère qui les ont soupçonnés d’être parmi les « mangeurs d’hommes » dans la région.

Lundi 2 décembre à Beni, le général Léon Kasonga a regretté l’hostilité avec laquelle les manifestants ont agi au cours de leur protestation, à l’égard des services de sécurité et d’autres citoyens, restreignant ainsi les libertés les plus fondamentalement reconnues. Certes, le porte-parole des FARDC faisait allusion à la justice populaire qui a coûté, il y a peu, la vie à certains soldats congolais.

Dans ses propos, il a rappelé que le pays fait face à un ennemi commun, l’ADF, exhortant ainsi les habitants à ne pas se tromper de vue, de sorte à mener le jeu de l’envahisseur. Pour lui, les actes posés par les manifestants contre l’armée obstruent les militaires d’enchaîner leur ascendance sur les ADF aujourd’hui affaiblis et en débandade.

« Que la population ne se trompe pas d’ennemis. L’ennemi, ce n’est ni la police, ni les FARDC, ni la Monusco, mais c’est l’ADF qui tue par ses agents dormants, opère dans la ville, pousse les gens à poser les actes d’incivisme qui gênent l’armée dans la conduite des opérations victorieuses. La population ne doit pas tomber dans le piège de l’ennemi afin qu’on fasse son lit dans la ville », dit-il.

Après l’assassinat sur fond de simples rumeurs et suspicions de 8 militaires FARDC dans ce contexte, l’armée décide d’instaurer un système d’alerte, pour éviter, d’une part, que le sang des innocents coule sans cause, et pour amener les forces loyalistes à intervenir à temps utile en cas d’attaques ADF, d’autre part.

« C’est ce qui est à la base de la mort de 8 militaires depuis 3 jours, qui ont été tués par la population ici, estimant que ce n’était pas de militaires, que c’était plutôt de l’ennemi. Il faut que ça s’arrête vite, parce que sinon ça serait qu’il y a une justice populaire. Désormais, quand il y a un cas de suspicion, quelqu’un qui est suspecté auteur de l’insécurité, il faut appeler au numéro vert du centre de coordination des opérations, le +2438208405. Dans les 10 ou 15 minutes, l’appui sera là pour intervenir dans l’immédiat », promet l’officier militaire.

Toutefois, le général Kasonga cite l’appui de la population parmi les facteurs du succès des FARDC sur la ligne de front. Il souhaite que ce soutien soit maintenu et renforcé jusqu’à la victoire finale contre les groupes armés dans la zone.

« Le premier critère de notre succès, c’est la collaboration de la population, parce qu’elle a décidé d’être derrière son armée. Aucune armée au monde ne peut gagner si elle n’a pas le soutien de sa population dont la société civile, les médias, etc. Grâce à cette collaboration et à la pression militaire, les Mai-Mai sont en train de se rendre. Hier, nous avons reçu 861 miliciens venus de Kalunguta », dit-il.

Charles M. Bin Kisatiro, correspondant à Beni

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