RDC : LA SOCIÉTÉ CIVILE S’ENGAGE EN QUÊTE DES FAITS POUR UN ÉVENTUEL TRIBUNAL SPÉCIAL SUR LES CRIMES COMMIS AU NORD-KIVU

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Dans un communiqué publié, mercredi le 11 décembre 2019, la société civile du Nord-Kivu a de nouveau exprimé son inquiétude face au pourrissement de la situation sécuritaire déjà très délétère. De l’extrême Nord à l’extrême Sud, des civils sont abattus ou enlevés, des femmes violées, essentiellement dans les territoires de Beni et de Rutshuru.

Inquiètes de la situation, les forces vives estiment que les massacres qui se passent particulièrement à Beni depuis plus de 5 ans et dont l’ampleur a repris de l’ascenseur depuis la nuit du 5 novembre dernier, doivent être perçus comme des crimes de guerre visant à « exterminer les communautés locales pour l’occupation de cette terre congolaise ainsi que l’exploitation de ses ressources naturelles ».

Celles-ci croient qu’il est urgent que les forces sociales du Nord-Kivu se coalisent en vue d’immortaliser les faits perpétrés sur les populations par les groupes armés.

« Nous lançons un appel à toutes les organisations de la société civile de consolider l’histoire et les faits en prévision d’un éventuel tribunal spécial sur les crimes commis au Nord-Kivu », notent-elles dans leur communiqué de presse.

D’ailleurs, à ce sujet, la société civile préconise entre autres : « Consolider un fichier d’une liste exhaustive de toutes les victimes (mortes et survivantes) de ces crimes ; Enregistrer toutes les maisons, écoles et structures sanitaires ainsi que tous les véhicules des civils ou militaires qui ont été incendiés et autres biens détruits dans la région ; Répertorier de manière systématique des lieux où ces victimes ont été enterrées ou soignées ; Rassembler dès à présent tous les actes de décès d’inhumation ou de disparition de toutes victimes de ces massacres ; Identifier de manière chronologique toutes les autorités civiles, policières et militaires qui ont reçu le pouvoir de gérer une entité ou groupe d’hommes dans l’intervalle de 2000 à nos jours; Sensibiliser tous les habitants à la culture d’inscription des mariages et des  enfants à l’État civil, des rédactions de testament et celle d’avoir des titres fonciers ; Soutenir les FARDC au combat et se méfier des intox et des fausses infirmations dans le milieu ».

Les forces vives espèrent que la statistique des faits pourra permettre de monter la filière, au cas où la justice déciderait de se pencher sur la question sécuritaire au Nord-Kivu.

La détermination et la discipline des troupes

Au cours d’une parade mixte FARDC-PNC à Beni-Paida, base du commandement du secteur opérationnel Sokola 1, animée conjointement avec le Commissaire Divisionnaire Adjoint en charge de l’administration de la police, le général Patience Yav Mushid, également en séjour dans la région, le chef d’État-major général des FARDC a demandé à ses troupes engagées dans la traque des ADF à plus de détermination, d’abnégation et au sacrifice extrême en vue de ramener la paix dans la région.

Mbala Musese indique que c’est à ce seul prix que la paix peut être rétablie. Bien plus, l’autorité militaire a insisté sur la discipline et l’ordre des soldats congolais. Mais aussi, la cohabitation pacifique entre eux, la police et la population. L’officier de l’armée semble convaincu que grâce au concours des efforts mis en œuvre, l’ennemi sera enfin mis en déroute.

« Pour l’armée, nous avons une grande mission de protection du territoire national et ses frontières. Que l’ennemi ne pénètre pas, c’est pourquoi nous nous battons contre ADF. Ils avaient déjà fait invasion, notre mission est de les combattre durement afin de les chasser de notre pays. L’espace qu’ils occupent n’est pas grand, vous-mêmes vous connaissez l’étendue de la RDC. Mais, je suis certain qu’avec votre détermination, ils ne testeront plus ici. Une autre mission est celle de protéger l’indépendance ou la souveraineté afin que notre gouvernement accomplisse son programme de développement », dit-il

Il sied de rappeler que le général Mbala Musese est au Nord-Kivu depuis le 26 novembre dernier, où il est arrivé pour renforcer les stratégies militaires de traque contre les ADF, après des massacres à grande échelle des civils dans la région de Beni. Il y a été rejoint par l’inspecteur général, John Numbi ainsi que Patience Yav  Mushid, de la police.

Charles M. Bin Kisatiro, correspondant à Beni