Déstabilisation de l’Est congolais-Ambongo et Muzito : des convergences face au Rwanda

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Entre le Cardinal Fridolin Ambongo et le coordonnateur de Lamuka, Adolphe Muzito, tout converge dans la recherche d’une solution durable à la crise sécuritaire de l’Est de la RDC.

La partie Est de la République démocratique du Congo reste toujours fragile. Dans les provinces du Nord et Sud-Kivu, des zones d’insécurité foisonnent çà et là. Tout comme dans l’Ituri et dans la partie nord du Grand Katanga. Si Adolphe Muzito, actuel coordonnateur de LAMUKA, principale plateforme de l’opposition, pose la nécessité de reconstruire l’armée nationale congolaise pour en faire un véritable instrument de dissuasion dans la région des Grands Lacs, le Cardinal Fridolin Ambongo, qui vient de boucler une tournée pastorale dans la région meurtrie de Beni, partage – à quelques points de vue près – le même discours que le leader de Nouvel Elan.

À l’instar de Muzito, l’archevêque de Kinshasa est également d’avis que pour ramener la paix dans l’Est – une paix durable – il faut mettre à profit l’armée nationale, la réorganiser, la former et l’équiper suffisamment pour freiner les velléités de tous ceux qui manifestent une envie sur les ressources naturelles de cette partie de la RDC.

En effet, les deux hommes estiment que le renforcement de l’armée, cet instrument de défense et d’affirmation de la souveraineté, est une urgence. Ce renforcement ne vise qu’un seul objectif : dissuader les voisins de la RDC qui ont des visées annexionnistes d’une portion importante de la RDC.

« Dans le contexte actuel, il est difficile d’aller en guerre contre le Rwanda et l’Ouganda. Il faut d’abord structurer l’armée, la doter des moyens appropriés nécessaires. Si cette chose n’est pas faite, ça serait une mauvaise chose », analyse l’archevêque de Kinshasa.

Quelques jours avant lui, l’ancien Premier ministre avait tenu le même discours, allant jusqu’à proposer l’annexion du Rwanda. Dans ses explications, cette annexion pouvait se faire dans le cadre de la CEPGL, la Communauté économique des pays de grands lacs. Ce qui permettrait au Rwanda et à l’Ouganda de prendre par la grande porte ce qu’ils prennent par la violence. Mais avant d’en arriver là, il appartient à la RDC de démontrer qu’elle est capable de protéger ses frontières et ses richesses.

Les convergences des vues du cardinal Ambongo et du coordonnateur Muzito sont partagées par l’immense majorité des Congolais. Les deux hommes, l’un religieux et l’autre politique, ne sont pas des va-t’en guerre. Ce sont des postures qu’ils ont proposé au peuple congolais. Le Congolais n’aime pas la guerre, parce qu’il a besoin de son développement.

Mais, s’il est contraint de faire la guerre, il n’aura pas d’autre choix que de passer par cette case. Mais s’il y a possibilité d’éviter la guerre, il appartient aux voisins de faire le premier pas, en abandonnant leur plan de balkanisation de la RDC.

Cardinal Ambongo et Adolphe Muzito, la liste va s’allonger. L’église du Christ au Congo (ECC) a profité de la commémoration, le samedi 4 janvier 2020, du 61ème anniversaire de la fête des martyrs de l’indépendance, pour interpeller l’opinion nationale et internationale quant aux tueries qui continuent de se commettre dans la partie Est de la RDC.

L’APPEL DE L’ECC…

Dans un message rendu public à cet effet, le président national de l’ECC, le Révérend docteur André Bokundoa-bo-Likabe a fustigé le fait que, 61 ans après cet acte héroïque du 4 janvier, le sol congolais continue d’absorber abondamment le sang d’autres martyrs qui tombent à ciel ouvert, au moment où l’humanité a mis en place des mécanismes juridictionnels internationaux de protection des droits fondamentaux de l’homme.

Face à cette réalité, le Revend docteur André Bokundoa-bo-Likabe pense que la RDC court « le plus grand risque de balkanisation de son histoire ».

« J’exhorte le président de la République, en sa qualité de garant de la Nation, à un dépassement personnel aux fins de convoquer en toute urgence des consultations nationales en vue d’impliquer toutes les forces de la société à la démarche des solutions durables et consensuelles aux problèmes susmentionnés », lance le n°1 de l’ECC.

…RELAYÉ PAR L’ARMÉE NATIONALE

Au sein des Forces armées de la RDC, on ne se voile plus la face. Dans un communiqué de presse daté du 4 janvier 2020, le porte-parole des Forces armées de la RDC a confirmé l’existence d’un plan de balkanisation du pays.

« L’État-major général des FARDC tient à rappeler à l’opinion tant nationale qu’internationale que dans le cadre de la guerre non conventionnelle menée dans le grand Nord, les FARDC font face à des insurgés dont le but final est la balkanisation de la partie Est du territoire national », a fait savoir le porte-parole de l’armée, le général major Léon-Richard Kasonga.

Il est tout aussi clair que ceux qui soutiennent l’option de ne jamais entrevoir la possibilité d’une guerre avec le Rwanda n’ont pas tort dans la mesure où ils ne s’opposeront jamais à l’idée de renforcer les capacités de l’armée congolaise pour assurer une défense dissuasive du pays, de son peuple et de ses richesses.

LP

Une pensée sur “Déstabilisation de l’Est congolais-Ambongo et Muzito : des convergences face au Rwanda

  • 10 janvier 2020 à 22 h 09 min
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    La balkanisation du Congo est un vieux projet que feu Patrice Éméry Lumumba avait déjà dénoncé en 1960. Était-il le seul homme politique de son temps à le savoir? Ceux qui avaient concouru à son assassinat le savaient aussi. Mais ils avaient refusé de l’aider à contrer ce projet auquel les occidentaux tiennent mordicus. Muzito et Ambongo ont trempé d’une manière ou d’une autre leurs mains dans la mise en oeuvre de ce projet. Genève, novembre 2018, en est l’illustration récente.

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