15 février 2020 : Tshisekedi va parler

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Il lui faudra «vaincre la peur»

Des millions de combattants et sympathisants de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) s’acheminent lentement mais sûrement vers la commémoration du 38ème anniversaire de la création de leur parti. La date sacrée est le 15 février 2020. D’historique parti de l’opposition radicale, sous Mobutu, Kabila père et Kabila fils, «la fille aînée de l’opposition» est, depuis le 24 janvier 2019, devenue le parti présidentiel. Donc, le parti au pouvoir. Conjointement avec ses nouveaux alliés, l’UDPS est logiquement comptable de la gestion du pays. Le 38ème anniversaire coïncide avec les 13 premiers mois d’expérience de l’UDPS dans l’exercice du pouvoir d’État. Les instances du parti préparent ce rendez-vous. Que pourrait dire le premier d’entre les combattants ? L’opinion publique, d’ici et d’ailleurs, piaffe d’impatience et de curiosité.

Le Potentiel

Créée dans la clandestinité voici 38 ans, l’UDPS des Treize parlementaires a survécu à tous les régimes de terreur instaurés au pays, qu’il s’agisse de la République du Zaïre ou de la République démocratique du Congo.

La très forte personnalité de ses leaders ; leur extraordinaire courage à braver une féroce dictature et ses représailles ; la pertinence ainsi que la nouveauté de leur discours encensant la démocratie et l’État de droit ; ces atouts avaient fini par galvaniser autant les foules que les élites intellectuelles, tout le monde misant sur ce parti s’affichant aux antipodes du «Parti-État» pour changer la donne et, enfin, permettre au Peuple de jouir de ses droits constitutionnels, dont le droit à la libre expression.

Beaucoup de faiblesses

1982-2019. Le chemin a été long et tortueux. La lutte n’a été que périlleuse. Subissant, en effet, les foudres des partis au pouvoir – MPR, AFDL, CPP, PPRD – le leadership originel de l’UDPS n’a pas résisté à des dissensions internes, instrumentalisées vraisemblablement par les adversaires au pouvoir.

Incarcérations, relégations, assassinats, disparitions forcées, traques de la police politique et autres actes d’humiliation ont ponctué la vie du parti. Mais ils ont surtout, ironie du sort, cristallisé le moral des combattants autour de leur leader charismatique et de leur idéal commun. Et ce, en dépit des hésitations des puissances occidentales à soutenir le combat engagé par l’audacieuse UDPS au plus fort de la Guerre froide.

Qui oublie que les régimes dictatoriaux qui prospéraient sur le continent africain dans les décennies ‘60-‘90 avaient été généralement inspirés par l’Occident pour ses intérêts idéologiques, hégémoniques et économiques ?

Toutes ces péripéties de l’évolution de l’UDPS appartiennent désormais à l’Histoire. La même Histoire qui note d’une pierre blanche que, le 24 janvier 2019, le 5ème président de la République démocratique du Congo, chef de l’État, s’appelle Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. «L’UDPS vaincra», n’ont jamais cessé de scander les militants à la suite de leurs leaders. Et l’UDPS a vaincu un 24 janvier 2019.

Déjà un an au pouvoir, l’UDPS de Tshisekedi Tshilombo marque beaucoup de faiblesses. Faiblesses de gouvernance sur le plan économique et financier. Faiblesses dans l’administration du territoire. Faiblesses dans le volet social. «Le Peuple d’abord» reste encore un mirage.

Pour les avocats de l’Alternance 2019, les explications ne manquent pas pour justifier les ratés de l’An 1. C’est notamment et principalement l’héritage toxique du régime Kabila qui plombe tout effort de redressement immédiat, malgré la volonté manifeste du chef de l’État de gérer autrement la République, en faveur de tous les citoyens.

Des choses à redire

Le peuple, lui, prend le raccourci pour exprimer son dépit. Les justifications «techniques» ne sont pas sa tasse de thé. Alors, que devra dire et faire le président Tshisekedi pour répondre, le 15 février, aux attentes multiples et urgentes du peuple ?

Comment s’y prendra-t-il, en dépit du boulet solidement attaché à son pied – c’est-à-dire la coalition FCC-CACH – pour redonner de l’espoir à des dizaines de millions de Congolais qui ont cru et croient en lui ? Quelle stratégie à court et moyen terme utilisera-t-il pour honorer la mémoire de ces nombreux Congolaises et Congolais qui ont perdu la vie pour que vienne la démocratie et que s’amorce l’État de droit ?

Le 15 février approche. Certes, Tshisekedi évoquera en long et en large la gestion conjointe du pays à travers la coalition FCC-CACH, aboutissement d’un deal dont la nature n’a jamais été révélée au public. Sur le sujet, «il y a des choses à redire», selon les combattants du parti et leurs sympathisants.

Au cri de «Divorce ! Divorce avec le FCC!» poussé par la base de l’UDPS, le président répondra-t-il par l’affirmative ? En tout état de cause, une surprise, désagréable ou pas, sera au rendez-vous.

Quoi qu’il en soit de sa retenue, le chef de l’État est vivement invité à inverser la tendance : transformer le pessimisme ambiant en optimisme réaliste afin de remobiliser les troupes. Feu Tshitshi, le père de la démocratie congolaise, fut un homme d’un courage extraordinaire. Il a légué à la postérité sa passion de «Vaincre la peur». Fatshi, le fils biologique, devrait s’en inspirer et, à son tour, «vaincre sa peur». Les œuvres immortelles ne s’obtiennent qu’à ce prix.

2 pensées sur “15 février 2020 : Tshisekedi va parler

  • 5 février 2020 à 4 h 51 min
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    Le club des réflexions  » GÉNÉRATION RESPONSABLE ET RÉPUBLICAINE « incarné par Mr Nkombe ya NDONGO propose une consultation populaire sur un thème  » POUR ou CONTRE LA COALITION » . Dans cette formulation de consultation permettra au président de brandir la carte de la dissolution de l’ assemblée de deux CHAMBRES et d’anticiper les élections législatives anticipées . Pour arriver à cela il faut impérativement changer la composition des membres de la CENI. La coalition comme stratégie politique n’a jamais des résultats escomptés pour les développements du pays. Pour bien gouverner ou gérer les choses publiques de l’ État le chef de l’état doit avoir une majorité absolue dans toute les deux CHAMBRES. Dans cette optique la GRR propose un  » régime présidentiel  » Le président FATSHI doit se débarrasser de ce régime où la  » constitution a été taillée sur mesure pour Monsieur KABILA de rester au pouvoir. La révision constitutionnelle sera nécessaire pour démarrer la quatrième république dont FATSHI sera le premier président. J’ai déjà écrit un ouvrage intitulé  » Urgence de changement de la POLITIQUE en RDC  » ÉDITIONS 9 éditions en France . À SUIVRE.

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  • 4 février 2020 à 9 h 24 min
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    Vous n’avez pas indiqué le lieux où le président parlera au peuple et l’heure.
    Si vous pouvez le faire c’est important.

    Répondre

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