Major Ndjike Kaiko:  » La délocalisation du Camp militaire Katindo de Goma ne dépend que des autorités civiles « 

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Dans une interview exclusive accordée à Lepotentielonline.net, ce mercredi 5 février 2020, le Major Ndjike Kaiko, Porte-parole et Directeur de service de Communication et d’information des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à la 34ème Région militaire basée à Goma, apporte un éclairage sur la question liée à la délocalisation voulue par la population Gomatracienne et certains élus de Goma du Camp Militaire Katindo qui se trouve au Quartier Mabanga-Sud, en plein cœur du chef-lieu du Nord-Kivu. Ce camp est considéré aujourd’hui comme une base arrière et le siège des voleurs armés qui opèrent nuitamment dans la ville.

Interview

Selon plusieurs enquêtes de la population de Goma ainsi que des élus provinciaux et nationaux de Goma, il s’avère que les militaires logés au Camp Katindo sont à la base de l’insécurité dans la ville , qu’en dites-vous ?

Je ne peux pas confirmer moins encore infirmer ces accusations. Le Camp militaire Katindo a un service qui organise tout. Il faut d’abord savoir que ce n’est pas tout le monde qui habite ce camp, c’est uniquement réservé aux militaires et une fois qu’un militaire loge dans un camp, il n’est pas libre de faire tout ce qui lui passe à la tête. Il y a un commandant du camp qui organise tout avec des services de patrouille, d’identification des gens qui entrent et qui sortent du camp. Dire aujourd’hui que c’est le camp Katindo qui héberge les criminels de Goma, je ne suis pas totalement d’accord avec cela parce que les criminels sont partout. Goma c’est une grande agglomération où c’est très difficile d’avoir un taux de criminalité zéro.
Les criminels sont partout non seulement au Camp. D’ailleurs récemment Carly Nzanzu le Gouverneur de province avait présenté à la presse des criminels et aucun d’entre eux n’a fait une déclaration selon laquelle, ils seraient logés au camp militaire Katindo. En bref, les criminels peuvent être retrouvés partout.

Pourtant dans ces enquêtes de la population, on témoigne que certains criminels filés la nuit prennent pour la plupart la direction du camp Katindo après leur forfait. N’est-ce pas un signe qui confirme cette thèse ?

En prenant la direction du camp Katindo cela ne signifie pas forcément qu’ils habitent le camp. Il faut vérifier avec des preuves avant de confirmer cette thèse. En droit, on dit : c’est celui qui allègue le fait, à qui incombe la charge de la preuve. Il peut se faire qu’il y a quelques criminels au camp et je vous rassure que si nous mettons la main à ces criminels FARDC, ils seront déférés devant les juridictions compétentes et répondront de leurs actes, car on n’entretient pas l’impunité au sein des Fardc.

En attendant sa délocalisation exigée par les Gomatraciens, sa clôture serait une bonne chose selon les habitants de Goma. Votre réaction ?

Cela ne dépend pas des nous militaires. Les militaires ne se logent pas. C’est l’autorité politique au niveau stratégique qui décide de l’installation d’un camp militaire, de sa clôture ou de sa délocalisation. Ça ne dépend même pas de la 34ème Région militaire. Les militaires ne sont que des exécutants en cette matière. L’armée est apolitique et elle est soumise à l’autorité civile. Si aujourd’hui, on nous dit d’aller même dans le Parc national de Virunga, nous allons nous y rendre sans faille car c’est l’autorité civile qui décide.

Après la récente reddition du Groupe armé local UPDC du Général autoproclamé Bilikoliko en territoire de Masisi, il se dit que parmi ces rebelles figurent des FDLR rwandais qui vont aussi intégrer les FARDC. est-ce vrai?

Ceux qui disent cela ne maîtrisent pas la zone du territoire de Masisi où se trouvait ce Groupe mai-mai. C’est une zone qui était contrôlée durant plusieurs années que par les Maï-Maïs qui ne peuvent pas être en alliance avec les FDLR Rwandais. Ça serait une alliance contre nature au regard des objectifs poursuivis par les uns et les autres. Nous étions à Masisi le dimanche 2 février pour récupérer le Général autoproclamé Bilikoliko et son groupe armé dit « Union des Patriotes pour la Défense du Congo (UPDC) » qui est un groupe composé majoritairement des ressortissants de la tribu Tembo qui opéraient à cheval entre Masisi et Walikale. Si les FDLR comme groupe étranger qui opère à l’Est du pays se rendaient aujourd’hui auprès des FARDC ça serait une bonne chose. Cela ne veut pas dire qu’ils vont intégrer l’armée congolaise. Ils seront juste renvoyés dans leur pays d’origine.

Le Gouverneur du Nord-Kivu avait annoncé devant la presse de Goma qu’aucun groupe armé n’intégrera en masse les FARDC, est-ce que ce principe sera aussi appliqué pour UPDC?

L’autorité provinciale l’a déjà dit et personne ne peut contredire. Aujourd’hui, on peut pas intégrer les FARDC par son vouloir. Il y a des préalables à remplir pour intégrer les FARDC car nous avons des objectifs à atteindre dans l’horizon 2025 où nous aimerions avoir une Armée totalement professionnelle. N’importe qui ne peut pas adhérer aux FARDC n’importe comment. Même pas les groupes armés. Il y a un critérium à remplir. Ce n’est pas parce-qu’on a été rebelle et qu’après avoir déposé les armes qu’on peut si facilement intégrer les forces armées de la Rdc.
Ces rebelles qui se sont rendus , il y a parmi eux qui vont suivre le processus de DDRRR. Les uns vont reprendre la vie civile et d’autres pourront intégrer l’armée congolaise si et seulement si ils remplissent les préalables.

Il y a encore deux grands groupes rebelles locaux notamment NDC à Walikale et MPCLS à Masisi qui n’ont pas encore déposé les armes, à quel niveau se situe aujourd’hui les tractations pour qu’ils se rendent aussi aux FARDC ?

La seule démarche aujourd’hui ce sont les opérations de grande envergure conduites par le Chef d’état-major général Mbala MUNSENSE qui consistent à faire une grande pression sur ces groupes armés sans distinction aucune pour qu’ils déposent les armes. Aucun groupe armé ne restera actif dans la partie Est de la Rdc. Ils seront tous éradiqués et ce n’est plus que question de temps.

Entre temps on accuse les FARDC de collaborer avec le groupe armé NDC de Walikale pour neutraliser d’autres groupes armés dans cette zone. Qu’en dites-vous ?

Ça serait une alliance contre nature. Ce sont des fausses allégations.
Je répète qu’aucun groupe armé local ou étranger restera actif dans la partie Est de la RDC. Ils seront tous éradiqués.

À Beni, la population continue à être massacrée par les rebelles ougandais ADF pendant que vous parlez des opérations de grande envergure, qu’est-ce qui se passe réellement ?

Nous ne voulions plus que cela arrive mais c’est arrivé. Nous rassurons néanmoins la population du territoire de Beni que les FARDC sont déterminées à éradiquer jusqu’au bout les ADF et rien ne va freiner cet élan. Que la population ne se décourage pas. Regardons juste ensemble dans la même direction. Nous appelons à la collaboration entre civils et militaires. Les FARDC vont éradiquer les ADF.

Propos recueillis par Melis BOASI, Correspondant à Goma

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