Paris : graves échauffourées en marge du concert de Fally Ipupa

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Le chanteur Congolais, Fally Ipupa, a livré son concert à la salle « Accor Hôtels Arena » de Paris, vendredi 28 février dernier, devant ses nombreux fans. Et malgré la décision du préfet de police de Paris d’annuler la manifestation des anti-concerts en Europe, par mesure de sécurité, les « combattants » et « résistants » ont bravé cette interdiction en montrant qu’ils étaient déterminés comme jamais à empêcher la tenue de cette production. Ce qui a engendré de graves échauffourées avec les forces de l’ordre.

Le concert de Fally Ipupa, « le King »,  à « Accor Hôtels Arena », la salle de spectacle du 12ème arrondissement de Paris, a bel et bien eu lieu. Au grand regret des « combattants » et « résistants » Congolais qui avaient appelé à manifester contre cet événement qualifié d’exceptionnel.

Selon une source bien informée, l’artiste a fait vibrer son public avec ses titres à succès, exécutés avec brio par son groupe musical. Une réussite clame ses fans sur les réseaux sociaux (Facebook, Tweeter, Instagram…). Leurs propos peuvent se résumer ainsi : « Les combattants et résistants qui espéraient que le concert serait annulé n’ont pas atteint leur objectif.  Fally a gagné son pari. Bercy est tombé. »

« On se croirait en guerre »

Comme le redoutaient les autorités françaises, les quartiers de la gare de Lyon et de Bercy ont fait face, deux heures avant le début du concert de Fally Ipupa, à des débordements spectaculaires. Une scène surréaliste et d’une violence inouïe. « On se croirait en guerre », a dit un passant ébahi.

Les alentours de l’ « Accor Hôtels Arena » ont été le théâtre d’incendies et d’affrontements entre les Congolais, « combattants » et « résistants », et les forces de l’ordre déployées dans le secteur de Bercy : plusieurs compagnies de gendarmerie et CRS ( Compagnies républicaines de sécurité) assuraient la sécurité. Plus surprenant, des canons à eau ont été utilisés  pour dégager les manifestants. Du jamais vu pour un concert à Paris ! 

Vers 18h, une épaisse fumée noire s’échappe au-dessus de la gare de Lyon  où se concentraient une centaine de « combattants » et « résistants » ayant bravé l’interdiction de manifester. Ils scandaient des slogans tels que : « Concert annulé », et brandissaient des pancartes sur lesquelles ou pouvait lire notamment : « 10 millions de morts, ça suffit », « RDC, un génocide passé sous silence médiatique ».

Des feux de poubelles, scooters, voitures, bus, repérés à côté de la gare, ont été notamment à l’origine de la grande fumée noire. D’aucuns criaient au carnage. Il fallait vite se sauver.

La partie souterraine de la gare –donc le métro- a, elle, été évacuée par mesure de précaution, dans une forte odeur de brûlé. L’incendie a été circonscrit environ une heure après, grâce à l’action des sapeurs-pompiers qui se sont investis dans leur mission avec courage et détermination.

Les forces de l’ordre ont annoncé avoir procédé à 23 interpellations et 54 verbalisations.  

Le silence médiatique brisé

Les médias internationaux (BFM TV, M6, France 24, RTL, TV5 monde, CNN…) ont diffusé ces images et, pour la première fois, ils ont parlé des « combattants » et « résistants », surtout du mobile de leur combat : « Se débarrasser du système politique en place en RDC qui est la cause du malheur du peuple congolais, avec à sa tête Joseph Kabila, qui, selon eux, n’est jamais parti. Toute personne censée être proche de cette oligarchie est à combattre ». C’est le cas notamment des artistes Congolais, en l’occurrence le chanteur Fally Ipupa, qu’ils accusent d’être au service de ce petit groupe de personnes qui domine en RDC.

 « Ce concert est politisé. L’objectif  du régime en place, c’est de déstabiliser notre combat. Ils ont utilisé Fally Ipupa. Mais, ils se trompent. Notre combat continue jusqu’à la libération totale de notre pays », a déclaré Boketshu Wa Yambo, membre du mouvement « Peuple Mokonzi ». Et d’ajouter : « cette journée est une victoire pour les combattants et les résistants. A preuve, les médias internationaux en parlent. Ça fait du bien. Le silence médiatique est brisé. Je dis bravo les Congolais ».

« Après dix ans de combat, Fally est venu nous défier, mais notre message est passé. C’est l’essentiel », se console Patrick Ndambu, un « combattant » rencontré à côté de la gare de Lyon.

Est-ce la fin de la Fatwa anti-concerts en Europe ? Attendons de voir comment les choses se développeront.

Ce qui est sûr, les autorités françaises interdiront les concerts des artistes musiciens Congolais (de la RDC) sur leur térritoire pendant un long moment, car les dégâts causés par les échauffourées en marge de ce concert sont très importants.

Et si les extrémistes de droite, Marine Le Pen, présidente du « Rassemblement national » (RN), et Nicolas Dupont-Aignan, président du mouvement « Debout La France » (DLF), s’en mêlent, il y a des fortes raisons de croire que la situation ne sera pas particulièrement rose pour les vedettes de la musique congolaise. D’après certaines indiscrétions, le Premier ministre, Edouard Philippe, sera interrogé à l’Assemblée nationale cette semaine sur ces incidents.

Robert Kongo, correspondant en France